Catégorie : Mode

  • le faso danfani, un tissu qui raconte l’histoire du burkina faso

    le faso danfani, un tissu qui raconte l’histoire du burkina faso

    Tissé à la main selon des techniques transmises de génération en génération, le Faso dan fani également orthographié Faso danfani occupe une place particulière dans le patrimoine du Burkina Faso et s’impose aujourd’hui comme un symbole d’identité culturelle.

    Le terme Faso Danfani signifie littéralement “pagne tissé de la patrie” en langue dioula. Bien avant l’époque contemporaine, les artisans burkinabè fabriquaient déjà ce tissu sur des métiers à tisser traditionnels. Les bandes obtenues étaient ensuite assemblées pour former des pagnes, des couvertures ou encore des vêtements.

    Le Faso Danfani acquiert une dimension politique dans les années 1980 sous le règne de Thomas Sankara. Convaincu que le développement passe aussi par la valorisation des productions locales, il encourage les Burkinabè à porter des vêtements confectionnés à partir de ce tissu national.

    Cette initiative dépasse le simple cadre vestimentaire. Elle vise à soutenir les artisans, créer des emplois, réduire la dépendance aux importations et renforcer la fierté nationale.

    La fabrication du Faso Danfani suit plusieurs étapes. Après la préparation des fils de coton, ceux-ci sont teints avant d’être installés sur un métier à tisser. Les tisserands réalisent de longues bandes étroites qui sont ensuite cousues les unes aux autres.

    Aujourd’hui encore, de nombreuses coopératives de femmes et ateliers d’artisans perpétuent cette tradition. Leur travail contribue à préserver un patrimoine culturel tout en assurant des revenus à leurs familles.

    Cette évolution participe au rayonnement international du tissu, désormais apprécié bien au-delà des frontières du Burkina Faso. Les créateurs y voient une matière noble capable de séduire une clientèle en quête d’authenticité et de mode responsable.

    Face à la concurrence des tissus industriels imitant son apparence, les artisans et les autorités burkinabè multiplient les initiatives pour protéger l’authenticité du Faso Dan Fani. La labellisation de plus d’ une centaine de motifs ainsi que l’agrément d’utilisation du label Faso dan fani figurent parmi les principaux leviers pour assurer la transmission de ce savoir-faire.

    Au-delà de son esthétique, le Faso Danfani rappelle que le textile peut être le reflet de l’histoire, de la culture et des aspirations d’une nation. Porter ce pagne, c’est également porter un héritage, celui d’un peuple qui a choisi de faire de son artisanat un symbole de dignité et de fierté.

  • la mode africaine peut-elle bâtir ses propres maisons de luxe ?

    la mode africaine peut-elle bâtir ses propres maisons de luxe ?

    Les créateurs africains gagnent en visibilité, habillent des célébrités et défilent désormais sur les grandes scènes internationales. Pourtant, peu de leurs marques disposent encore de la puissance financière, industrielle et commerciale des maisons européennes. Pour faire naître ses propres géants du luxe, l’Afrique devra transformer son extraordinaire richesse créative en entreprises capables de traverser les générations.

    Le luxe mondial emprunte depuis longtemps à l’Afrique. Ses maisons utilisent ses cotons, ses cuirs, ses motifs, ses fibres naturelles, ses techniques de tissage et le travail de ses artisans. Ses créateurs s’inspirent régulièrement des silhouettes, des bijoux et des symboles du continent. Pourtant, la plus grande partie de la valeur économique est encore créée ou captée ailleurs.

    L’Afrique fournit les matières, les récits et parfois la main-d’œuvre. Paris, Milan, Londres et New York conservent généralement les marques, les réseaux de distribution, les boutiques prestigieuses, les capitaux et la relation avec le client final.

    Ce déséquilibre commence néanmoins à être contesté. De Johannesburg à Lagos, d’Accra à Dakar, de Kigali à Casablanca, une nouvelle génération de créateurs ne veut plus seulement participer à la mode internationale. Elle entend produire ses propres références, imposer ses prix et raconter le continent sans passer par le regard d’une maison étrangère.

    Le talent existe. La demande progresse. Reste à savoir si ces marques peuvent devenir de véritables maisons de luxe.

    Un créateur reconnu n’est pas encore une maison

    Le mot « luxe » est souvent utilisé pour désigner toute création africaine coûteuse, faite à la main ou destinée aux cérémonies. Une maison de luxe ne se résume pourtant ni à un prix élevé ni à la notoriété de son fondateur.

    Elle possède d’abord une identité immédiatement reconnaissable. Elle développe ensuite des savoir-faire précis, contrôle la qualité de ses produits et construit un univers cohérent autour de ses collections. Elle dispose également d’une organisation capable de produire, de vendre, de communiquer et de distribuer sans dépendre entièrement de la présence personnelle du créateur.

    Une véritable maison peut survivre à son fondateur. Elle conserve ses archives, protège ses créations, forme ses artisans et transmet ses codes. Elle développe progressivement plusieurs catégories : prêt-à-porter, maroquinerie, chaussures, bijoux, parfums, objets, décoration ou hospitalité.

    Chanel ne se limite plus aux vêtements imaginés par Gabrielle Chanel. Louis Vuitton n’est plus seulement un fabricant de malles. Hermès a transformé des savoir-faire artisanaux en un système mondial associant rareté, qualité, patrimoine et maîtrise de la distribution.

    La mode africaine possède de nombreux designers remarquables. Elle dispose encore de peu d’institutions comparables.

    Des pionniers montrent que le passage est possible

    Certaines marques africaines ont déjà franchi plusieurs étapes déterminantes.

    En Afrique du Sud, Thebe Magugu a remporté le prix LVMH en 2019, devenant le premier créateur africain à recevoir cette distinction. Sa marque construit ses collections autour de l’histoire, de la société et des identités sud-africaines, sans réduire le continent à des imprimés considérés comme « ethniques ». Cette reconnaissance a démontré qu’une esthétique élaborée à Johannesburg pouvait s’inscrire dans le calendrier mondial de la mode sans renoncer à sa profondeur locale.

    Toujours en Afrique du Sud, MaXhosa Africa a développé un langage visuel fondé sur les motifs et les pratiques culturelles xhosa, réinterprétés dans des pièces de maille contemporaines. La marque se présente ouvertement comme une maison africaine de luxe. Elle possède désormais huit boutiques en Afrique du Sud et a déjà exploité un point de vente à New York. Son développement montre qu’un label africain peut dépasser le cercle des défilés et construire un véritable réseau commercial.

    Le Camerounais Imane Ayissi incarne une autre trajectoire. Installé à Paris, il a bâti une maison indépendante qui associe des techniques de couture françaises à des textiles et savoir-faire africains. Sa présence régulière au calendrier officiel de la Haute Couture Week constitue un symbole puissant : un créateur africain peut être reconnu dans l’un des espaces les plus codifiés du luxe mondial. La Fédération de la haute couture et de la mode le présente d’ailleurs comme le fondateur d’une maison mêlant héritages africains, allure parisienne et artisanat d’exception.

    Au Nigeria, des marques comme Lisa Folawiyo, Kenneth Ize, Orange Culture ou IAMISIGO ont également contribué à renouveler la perception de la mode africaine. Au Ghana, Christie Brown a construit une identité contemporaine à partir de techniques et de références locales. Au Rwanda, Moshions revisite les tenues cérémonielles et les codes royaux. Ces marques ne proposent pas une esthétique africaine uniforme. Elles montrent au contraire qu’il existe plusieurs modernités africaines, liées à des histoires, des villes et des cultures différentes.

    L’enjeu n’est donc plus de prouver que l’Afrique possède des créateurs capables de produire du luxe. Il est de leur permettre de bâtir des entreprises à la hauteur de leur talent.

    Un potentiel immense, mais une valeur encore mal captée

    Le continent dispose de presque tous les ingrédients nécessaires. Trente-sept pays africains produisent du coton. Il possède également du cuir, de la soie, du raphia, de la laine, des fibres végétales, des métaux précieux et une grande diversité de savoir-faire artisanaux. L’Afrique exporte chaque année environ 15,5 milliards de dollars de textiles, de vêtements et de chaussures, tout en en important pour plus de 23 milliards de dollars. Cette différence illustre la difficulté persistante à transformer localement les matières et à capter la valeur finale.

    L’UNESCO estime pourtant que la demande pour la haute couture africaine pourrait progresser de 42 % sur une décennie. Le continent organise déjà une trentaine de Fashion Weeks chaque année. Son marché intérieur se développe, tandis que les diasporas recherchent davantage de marques capables d’exprimer leurs identités sans renoncer aux standards internationaux du luxe.

    La demande n’est donc pas inexistante. Elle reste fragmentée.

    Une cliente africaine fortunée peut acheter un sac européen dans une boutique parfaitement organisée, bénéficier d’un service après-vente et retrouver la même marque à Paris, Dubaï ou New York. Une maison africaine indépendante dispose rarement d’un tel réseau. Ses délais peuvent être irréguliers, ses tailles limitées, ses frais de livraison élevés et ses possibilités de retour complexes.

    Le produit peut être exceptionnel. L’expérience commerciale demeure parfois insuffisante. Or, dans le luxe, cette expérience fait partie du produit.

    Le premier obstacle reste le financement

    La création d’une maison demande un capital patient. Il faut financer les prototypes, les matières, les salaires, les ateliers, les collections, les défilés, les stocks et la communication avant même de réaliser les ventes.

    Beaucoup de marques africaines sont financées par les économies personnelles du créateur, les commandes de clientes ou de petites subventions. Elles produisent presque exclusivement à la demande. Ce modèle limite le risque financier, mais empêche souvent de livrer rapidement les détaillants, de constituer un stock ou d’ouvrir des boutiques.

    Les banques considèrent encore la mode comme une activité incertaine. Elles comprennent mieux la valeur d’un bâtiment ou d’une machine que celle d’un dessin, d’une réputation ou d’une communauté numérique. Les fonds d’investissement, de leur côté, recherchent généralement une croissance rapide et une sortie relativement proche. Cette logique correspond mal au luxe, qui se construit dans la durée.

    La Banque africaine de développement a créé Fashionomics Africa pour soutenir les entrepreneurs du textile, de l’habillement et des accessoires. Ses programmes proposent de la formation, de l’accompagnement et certains financements. Mais les concours et subventions de quelques milliers de dollars ne peuvent remplacer les millions nécessaires pour structurer une maison, ouvrir des boutiques et entrer sur plusieurs marchés.

    L’Afrique a besoin de véhicules d’investissement spécialisés dans les industries créatives. Ces investisseurs devront accepter une croissance progressive, respecter l’indépendance artistique des fondateurs et empêcher que les marques les plus prometteuses ne cèdent trop tôt leur contrôle ou leurs droits à des groupes étrangers.

    Produire en Afrique demeure un combat

    Le continent produit du coton, mais l’envoie souvent à l’étranger avant de racheter le tissu ou le vêtement fini. Dans plusieurs pays, il manque des filatures, des unités de teinture, des tanneries modernes, des fabricants de boutons, de fermetures, de semelles ou d’emballages haut de gamme.

    Un créateur peut dessiner une collection à Lagos, commander un tissu en Europe ou en Asie, faire produire certains accessoires ailleurs, assembler les vêtements localement puis les réexporter vers ses clients. Cette fragmentation augmente les coûts et les délais.

    Les marques rencontrent également des difficultés à produire en quantité constante. Il existe d’excellents artisans, mais tous les ateliers ne disposent pas d’équipements adaptés, de procédures de contrôle ou de capacités suffisantes pour répondre à une commande internationale. Lagos Fashion Week a elle-même identifié la production commerciale comme l’un des principaux défis des designers et développé des programmes de formation à la fabrication.

    Le paradoxe est saisissant. Des artisans kényans ou burkinabè peuvent intégrer les chaînes de fournisseurs de maisons européennes grâce à des programmes internationaux, alors que peu de marques africaines ont les moyens de mobiliser ces mêmes compétences pour leur propre expansion. L’International Trade Centre accompagne ainsi des groupes d’artisans africains afin qu’ils deviennent fournisseurs de marques internationales de luxe.

    Le savoir-faire existe donc. Ce qui manque souvent est l’entreprise capable de l’organiser, de le financer et de le commercialiser sous une marque africaine.

    L’Afrique ne doit pas copier Paris

    La tentation serait de reproduire le modèle européen : saisons nombreuses, boutiques monumentales, campagnes coûteuses et validation par les Fashion Weeks occidentales.

    Une maison africaine de luxe ne doit pourtant pas devenir une imitation de Dior ou de Gucci agrémentée de références africaines. Sa force résidera précisément dans sa capacité à construire un modèle différent.

    Elle peut travailler avec des artisans dispersés sur plusieurs territoires, produire en petites séries, documenter l’origine de chaque matière et faire de la transmission des techniques un élément central de son identité. Elle peut proposer des vêtements adaptés aux climats africains, aux morphologies, aux cérémonies et aux pratiques sociales du continent.

    Elle peut aussi créer un luxe moins exclusivement vestimentaire. Les maisons africaines pourraient s’étendre à la décoration, au mobilier, aux parfums, aux bijoux, à l’hôtellerie ou à la gastronomie. Thebe Magugu a, par exemple, investi dans un espace mêlant boutique, création, art et hospitalité au Cap. Cette diversification rappelle qu’une maison vend moins un objet isolé qu’un univers culturel.

    La durabilité représente un autre avantage possible. Le luxe africain repose souvent sur la production limitée, le travail manuel, la réparation, le tissage et l’utilisation de matières locales. Ces pratiques répondent à une attente croissante de traçabilité et de sens. Elles ne doivent cependant pas être romancées : l’artisanat ne peut devenir un argument marketing que si les artisans sont correctement rémunérés, formés et associés à la valeur créée.

    Sortir du piège du folklore

    Pour séduire les marchés internationaux, certains créateurs africains subissent une injonction contradictoire. Ils doivent être assez « africains » pour paraître originaux, mais suffisamment proches des codes occidentaux pour être jugés luxueux.

    Cette attente pousse parfois les marques à multiplier les imprimés, les perles et les références immédiatement reconnaissables. Elle réduit la diversité du continent à quelques signes décoratifs.

    Les futures maisons africaines devront pouvoir produire une robe noire, un costume minimaliste ou un sac en cuir sans que leur africanité soit remise en cause. Une maison française n’est pas obligée d’imprimer la tour Eiffel sur chaque produit. Une marque japonaise peut exprimer sa culture par la coupe, le rapport au tissu ou la philosophie du vêtement, sans utiliser constamment des symboles traditionnels.

    L’identité africaine du luxe pourra résider dans les matières, les méthodes, les récits, les proportions, les couleurs ou l’organisation même de la production. Elle n’a pas besoin d’être littérale.

    Le succès de Thebe Magugu tient justement à cette capacité à raconter l’Afrique du Sud de manière complexe, à travers l’histoire, la politique, la famille et la modernité, plutôt qu’à reproduire une vision générique du continent.

    Des marques fortes exigent aussi des institutions fortes

    Les créateurs ne pourront pas tout construire seuls. Les États doivent cesser de considérer la mode comme une succession de défilés et de cérémonies.

    Une politique industrielle de la mode doit relier agriculture, textile, artisanat, formation, commerce, culture, tourisme et propriété intellectuelle. Elle doit soutenir les ateliers, faciliter l’importation des équipements, améliorer les infrastructures logistiques et accompagner les exportations.

    Les écoles doivent former des designers, mais aussi des modélistes, acheteurs, responsables de production, spécialistes du cuir, photographes, directeurs commerciaux et gestionnaires de marques. Les maisons européennes ne reposent pas sur un seul génie créatif. Elles emploient des milliers de professionnels qui restent largement invisibles.

    Il faut également construire des lieux de vente. Lagos, Johannesburg, Accra, Nairobi, Le Caire, Casablanca, Abidjan ou Dakar ont besoin de grands magasins, de concept stores et de plateformes capables de sélectionner les marques africaines, de les présenter dans un environnement premium et de rassurer les consommateurs. Les détaillants spécialisés jouent déjà un rôle croissant en Afrique du Sud, au Nigeria, au Maroc, en Égypte et au Kenya, mais l’écosystème reste très inégal selon les pays.

    La coopération continentale peut enfin réduire la fragmentation des marchés. En juillet 2025, l’International Trade Centre préparait le lancement d’une Alliance panafricaine de la mode conçue à partir des besoins exprimés par les designers eux-mêmes. Une telle structure peut favoriser les échanges de compétences, l’accès aux fournisseurs et la présence collective sur les marchés internationaux.

    Construire des maisons capables de durer

    Oui, la mode africaine peut bâtir ses propres maisons de luxe. Certaines sont déjà en train d’apparaître.

    Mais la créativité ne suffira pas. Une collection acclamée ne constitue pas encore une entreprise solide. Une célébrité photographiée dans une tenue ne garantit pas des ventes durables. Un défilé à Paris ne remplace ni une usine, ni un réseau de boutiques, ni un système de gestion.

    La prochaine étape consiste à transformer les créateurs en dirigeants entourés de professionnels compétents. Elle suppose de documenter les archives, protéger les marques, sécuriser les approvisionnements, former les artisans et préparer la succession.

    Une maison africaine ne devra pas seulement être portée par le nom d’une personnalité. Elle devra pouvoir continuer à créer lorsque son fondateur se retirera. C’est à ce moment qu’elle cessera d’être simplement un label pour devenir une institution.

    L’Afrique a déjà offert au monde des textiles, des techniques et des imaginaires extraordinaires. Elle doit désormais conserver la propriété des récits, des entreprises et des marges qui en découlent.

    Ses futures maisons de luxe ne naîtront pas en copiant les symboles européens de prestige. Elles s’imposeront lorsqu’elles réussiront à transformer les cultures du continent en univers contemporains, désirables et maîtrisés de bout en bout.

    Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si l’Afrique peut produire des vêtements assez beaux ou assez chers pour être qualifiés de luxueux. Il est de savoir si elle peut construire des marques assez solides pour devenir, dans cinquante ans, les références mondiales que les générations suivantes continueront de désirer.

  • yas fimo 228, quand le togo devient un carrefour de la mode

    yas fimo 228, quand le togo devient un carrefour de la mode

    Événement majeur de mode au Togo et dans la sous-région, fondé par le styliste Jacques Logoh, le Festival International de la Mode au Togo – plus connu sous le nom de YAS FIMO 228 – est dédié à la promotion des acteurs de l’industrie de la haute couture sur le continent.

    Cet événement d’envergure rassemble depuis plus d’une décennie à Lomé des designers, des mannequins et des investisseurs animés par la volonté commune de positionner le savoir-faire africain au sommet. Le festival se donne pour mission essentielle d’offrir aux talents émergents et confirmés une vitrine pour promouvoir l’excellence de leurs collections et du « Made in Africa ».

    ​Durant plusieurs jours, les jardins de l’hôtel Onomo accueillent la soirée de lancement de cette XIIIe édition, les défilés présentant des collections de plusieurs créateurs originaires du Togo et de plusieurs pays d’Afrique, ancrées dans les étoffes locales telles que le batik, des masterclass et la soirée de clôture marquée par un défilé mémorable en présence de plusieurs personnalités politiques, culturelles et artistiques.

    L’événement franchit les frontières togolaises et africaines avec des éditions internationales notamment à Paris, matérialisant une volonté manifeste d’internationalisation et d’ouverture vers de nouveaux marchés. Cette convergence de perspectives renforce l’attractivité du festival.

    L’initiative de Jacques Logoh porte au-delà du spectacle visuel et créatif, une ambition économique et identitaire : encourager la consommation locale et promouvoir les designers du continent.

    Au-delà de sa dimension purement esthétique et commerciale, le festival constitue un levier économique majeur pour la sous-région car il contribue activement à la création d’emplois, à la valorisation des métiers du textile et à l’autonomisation des jeunes créateurs du continent.

  • côte d’ivoire : quand le fait main s’impose comme une nouvelle tendance

    côte d’ivoire : quand le fait main s’impose comme une nouvelle tendance

    Longtemps relégué au second plan, le fait main connaît aujourd’hui un véritable essor en Côte d’Ivoire. Sacs en perles, tenues tricotées en laine, sacs en toile de jute ou encore créations en cauris séduisent une clientèle de plus en plus nombreuse.

    Sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, Facebook et TikTok, les créations artisanales ivoiriennes gagnent en visibilité. Les sacs en perles illustrent parfaitement cette tendance. Fabriqués à la main à partir de perles assemblées avec minutie, ces accessoires séduisent par leur caractère unique.

    Ce phénomène ne se limite pas aux sacs en perles. Depuis quelques années, les tenues en laine crochetées ou tricotées connaissent également un succès auprès des jeunes femmes. Robes de plage, tops, bikini et même robes de soirée crochetées s’invitent désormais aisément dans les garde-robes comme des pièces originales.

    Les sacs en toile de jute constituent un autre exemple de ce changement.À l’origine utilisés pour le transport du cacao, du café ou d’autres produits agricoles, ces sacs connaissent une seconde vie grâce à des artisans et designers qui les transforment en sacs à main ou accessoires du quotidien.

    L’essor du numérique joue également un rôle important. Les plateformes de vente en ligne permettent aujourd’hui aux créateurs ivoiriens de toucher une clientèle bien au-delà de leurs lieux de résidence.

    Cette montée en puissance du fait main contribue à la valorisation du « Made in Africa ».

  • ces créateurs sud-africains qui s’imposent sur la scène mondiale

    ces créateurs sud-africains qui s’imposent sur la scène mondiale

    L’industrie de la mode en Afrique du Sud connaît depuis plusieurs années un renouveau. Les designers inspirés par la pluralité culturelle du pays créent des pièces alliant à la fois tradition et modernité.

    Portée par l’ambition de valoriser le “Made in South Africa”, une nouvelle génération de créateurs a émergé sur la scène mode Sud-africaine. Ils ont su relever le pari de s’imposer sur la scène nationale et même internationale en habillant les plus grandes célébrités et en remportant les prix les plus prestigieux de l’industrie.

    Parmi ces entrepreneurs, certains se distinguent particulièrement par leur savoir-faire et leur parcours inspirant. Nous vous emmenons aujourd’hui à la découverte de quelques-uns d’entre eux.

    GERT-JOHAN COETZEE
    Gert-Johan Coetzee est un styliste spécialisé dans la confection de robes de soirées et de vêtements prêt-à-porter. Sa passion pour la mode s’est manifestée dès son plus jeune âge car au primaire déjà, il décorait ses crayons avec du papier de soie révélant sa créativité. Depuis l’entame de sa carrière, il a collaboré avec des personnalités influentes telles que Kourtney Kardashian. Il a également reçu le prix du jeune créateur le plus prometteur d’Afrique du Sud en 2006 à seulement 19 ans. Il est aussi connu pour être un ambassadeur des causes sociales telles que l’inclusion des personnes atteintes d’albinisme. A cet effet, il a invité la procureure Thando Hopa, atteinte d’albinisme, à devenir l’égérie de sa nouvelle collection en 2012.

    THEBE MAGUGU
    Diplômé de l’une des meilleures écoles de mode d’Afrique, Thebe Magugu fait partie des meilleurs créateurs de mode d’Afrique du Sud. Il croit au pouvoir expressif de la mode. Chacune de ses collections raconte une histoire inspirée des réalités sociales et culturelles de son pays. Il excelle dans la créations de tenues prêtes à porter destinées aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Son génie artistique a été récompensé du prix LVMH du jeune créateur de mode en 2019, faisant de lui le premier africain à recevoir cette distinction.

    LUKHANYO MDINGI
    Lauréat du prix Karl Lagerfeld lors de la huitième édition du prix LVMH en 2021, Lukhanyo Mdingi est un créateur de mode qui place l’humain au cœur de son travail qui allie le savoir-faire artisanal et l’esthétique moderne. Convaincu de la force du collectif et ancré dans les réalités culturelles, il s’efforce d’inclure plus d’artisans locaux dans son équipe afin de bénéficier de leur savoir-faire et parallèlement contribuer à améliorer leurs conditions de vie.

    A travers ces différents parcours, l’Afrique du Sud s’impose comme un hub incontournable de la mode en Afrique. Entre affirmation culturelle, créativité et engagement social, ces créateurs tracent les sillons d’une mode responsable et futuriste inspirée des traditions nationales.

  • met gala 2026: l’afrique se démarque

    met gala 2026: l’afrique se démarque

    Le Met Gala, l’un des plus prestigieux rendez-vous annuels de l’industrie de la mode, s’est tenu le lundi 04 mai dernier au Metropolitan Museum of Art à New York.

    Cette édition était placée sous le thème “Costume Art”. Le gala dont le dress code était “Fashion is art” a réuni de nombreuses icônes de l’industrie. Les personnalités africaines ou issues de la diaspora africaine ont particulièrement retenu l’attention. Notre rubrique du jour, vous présente quelques unes d’entre elles:

    Tyla
    Pour son troisième Met Gala, la chanteuse sud-africaine a arboré une tenue signée Valentino. Sa robe était composée d’une jupe en satin rehaussée d’une ceinture argentée. Le haut, un décolleté en V complétait ce look qui évoquait subtilement un paon.

    Anok Yai
    Le mannequin américain d’origine soudanaise est apparu sur le tapis rouge de l’événement vêtue d’une robe Balenciaga inspirée de “La Vierge noire”. Elle a captivé l’attention du public, non par sa tenue mais par son maquillage marqué de fausses larmes.

    Yseult
    L’artiste française d’origine camerounaise, à l’occasion de son premier met gala a mis une robe noire à col bénitier plongeant associée à un corset doré. La pièce maîtresse, un chapeau avec des antennes à l’avant réhaussait ce look évoquant un insecte.

    Wisdom Kaye
    Pour cette soirée, le mannequin et influenceur de mode américano-nigérian portait un costume fait de tissus recyclés pensé par les fondateurs de Public School. Sa tenue était composée d’une courte veste en velours, d’un pantalon aux jambes arquées, d’un corset et de gants à l’allure métallique.

    Au-delà de l’esthétique visuelle des tenues aussi époustouflantes les unes que les autres, la présence de ces personnalités démontre l’influence grandissante de l’Afrique et de sa diaspora, temoigant d’un rayonnement à l’échelle mondiale.

  • la mode sénégalaise: inspirée par la tradition

    la mode sénégalaise: inspirée par la tradition

    Dakar est incontestablement l’une des capitales de la mode africaine de ces dernières années. Les vêtements ne sont plus uniquement des parures mais de véritables expressions artistiques qui constituent un pont entre les racines culturelles et l’ère moderne. La capitale sénégalaise se transforme en un lieu où le textile devient un langage universel.

    Le boubou reste la pièce maîtresse de la mode sénégalaise. Symbole d’élégance et de prestige, il traverse les générations sans perdre son attractivité. Toutefois, on assiste aujourd’hui à une revisite des coupes brisant les codes vestimentaires traditionnels. Les designers jouent sur la structure du vêtement, réduisant les tailles ou raccourcissant les longueurs pour donner au boubou un look moderne.

    Le Bazin riche, tissu phare des grandes occasions est désormais allié à des matières comme le lin ou la soie, signe d’une évolution significative.

    Cette révolution est portée par des créateurs qui ont su professionnaliser et moderniser le secteur. En fusionnant l’artisanat, comme le tissage Manjak, avec des influences contemporaines, ils hissent le « Made in Sénégal » sur les podiums internationaux.

    Au-delà des coupes et des matières, les couleurs et motifs tirent également leur inspiration de l’histoire.

    Le choix des étoffes inspiré de la culture sénégalaise transforme ainsi les vêtements en un marqueur identitaire.

    Porter une création sénégalaise apparaît alors comme la revendication d’une élégance enracinée dans la culture locale. C’est exprimer sa fierté et son appartenance à une culture qui, tout en honorant ses ancêtres, regarde résolument vers l’avenir.

  • les tissus camerounais: entre tradition et modernité

    les tissus camerounais: entre tradition et modernité

    Au Cameroun comme dans de nombreux pays africains, les tissus sont plus que de simples étoffes. Ils représentent de véritables marqueurs identitaires. Ils renferment en eux, l’histoire et la culture des peuples.

    La richesse culturelle du Cameroun se traduit par une pluralité de textiles traditionnels propre aux différents groupes ethniques du pays. Ils sont souvent associés à des événements sociaux ou spirituels. Parmi les plus emblématiques, on retrouve le Ndop, le Toghu et l’Obom.

    Le Ndop
    Originaire de l’Ouest du Cameroun, il est présenté comme une propriété du peuple Bamiléké bien qu’il soit également présent chez les Bamoun. Ce tissu fait principalement de coton est teint en bleu avec des motifs géométriques blancs. Chaque symbole du Ndop possède une signification précise. Certains sont liés à la royauté, aux ancêtres ou encore à la fertilité. Le Ndop s’adapte à la mode contemporaine tout en conservant sa dimension sacrée.

    Le Toghu
    Le Toghu est l’un des tissus les plus prestigieux du Cameroun. Originaire du nord-ouest, il est fabriqué à partir de velours lourd, brodé à la main avec des fils représentant des motifs en forme d’étoile, spirale ou fleur.
    Longtemps réservé aux grandes cérémonies et aux personnalités importantes, sa popularité s’est accrue lorsqu’il a été porté par l’équipe d’athlétisme du Cameroun aux jeux olympiques de 2012. De nombreux créateurs intègrent aujourd’hui le Ndop à leurs créations, témoignant ainsi qu’il est possible de concilier héritage culturel et modernité.

    L’Obom
    c’est un tissu traditionnel du peuple Ekang fait à base d’ écorces d’arbres battues. L’Obom est le plus souvent utilisé lors de cérémonies initiatiques ou funéraires. Bien que moins présent dans la vie quotidienne, il est parfois utilisé par les designers, surtout pour caractère écologique.

    Les tissus incarnent bien plus qu’un patrimoine vestimentaire, ils sont également le reflet de la richesse du Cameroun qui a su allier héritage culturel et modernité. Le Cameroun se présente ainsi comme un acteur clé de la mode en Afrique tout en préservant son identité culturelle.

  • woven threads 2026: l’écologie à l’honneur

    woven threads 2026: l’écologie à l’honneur

    Woven threads est une initiative de la nigériane Omoyemi Akerele, fondatrice de Lagos Fashion Week et de Style House Files (SHF). Cet événement de mode est la résultante d’un besoin criard de storytelling visant à repenser la manière dont l’Afrique affirme son identité à travers la mode. Lancé depuis sept ans, il est organisé annuellement dans la plus grande ville du Nigéria et se présente comme une plateforme culturelle et créative rassemblant les acteurs clé de l’industrie. Du 9 au 12 avril 2026, la septième édition du woven threads placée sous le thème CRAFTED (artisanat), s’est tenue au 274A Kofo Abayomi, Victoria Island à Lagos. Le choix de ce thème contribue à réaffirmer l’engagement de Style Files House à promouvoir une production responsable et durable dans la mode africaine Pendant ces quatre jours, plusieurs activités se sont succédé. Le programme a débuté par une journée digitale élargissant la portée de l’événement au-delà de Lagos. Des acteurs majeurs du secteur tels que Sivine James et Emmy Kasbit ont partagé leurs visions de la création durable et écologique. Les trois autres jours ont été marqués par des rencontres physiques dont un discours de bienvenue prononcé par Omoyemi Akerele sur l’importance de l’Afrique dans le développement de l’industrie de la mode, des conversations notamment avec Sunny Dolat conservateur à SHF, des défilés et le lancement du projet Irapada, un projet de cartographie des déchets textiles visant à créer un écosystème de mode écologique sur le continent, par Style House Files. Avec ces événements, Style House Files positionne Lagos à un tournant décisif de la mode en Afrique. Omoyemi Akerele se présente ainsi comme une figure clé de la mode nigériane et continentale.

  • Nairobi fashion week 2026: une initiative éco responsable

    Nairobi fashion week 2026: une initiative éco responsable

    Le Nairobi Fashion Week se présente comme un événement incontournable de la mode en Afrique. Créé en 2013, cet événement, qui au fil du temps s’est internationalisé, rassemble professionnels, amateurs et passionnés de mode dans l’optique de valoriser la mode africaine.

    Le Nairobi Fashion Week se présente comme une plateforme d’échanges permettant aux créateurs de se faire connaître et de promouvoir leurs articles.

    Il est organisé annuellement dans la capitale kényane. Cette édition 2026 a été placée sous le thème “Décarboniser”. Soucieux de la protection environnementale, les organisateurs et les stylistes ont mis un point d’honneur à présenter des collections qui, plutôt que de mettre seulement en avant l’esthétique, présentent la mode comme un outil de changement.

    Du 28 au 31 janvier 2026, le Sarit Expo Centre de Nairobi a donc accueilli exposants, visiteurs et potentiels investisseurs venus de divers horizons. Le Nigéria, notamment, y était représenté à travers les marques Sarai Imani et Wanni Fuga. La France et les USA ont également marqué leur présence avec des entreprises comme Naaniya Studio et Foreign Resource témoignant de la volonté de l’événement de s’internationaliser.

    Pendant ces quatre jours, plusieurs activités ont eu lieu. Le premier jour à accueilli un cocktail de lancement. Les autres jours ont respectivement accueilli des pop up events, des panels et des défilés.

    Au-delà de sa dimension commerciale, le Nairobi Fashion Week constitue un levier économique majeur. L’événement contribue à la création d’emplois et offre aux créateurs une visibilité plus conséquente.

    Plus qu’une simple rencontre, le Nairobi Fashion Week se présente comme un instrument stratégique dans l’industrie créative africaine. Cette édition positionne Nairobi comme un hub continental de la mode éco responsable.