Catégorie : Produits & terroirs

  • le mil, un aliment multifonction

    le mil, un aliment multifonction

    Longtemps considéré comme une culture secondaire, le mil connaît aujourd’hui un retour remarquable sur la scène alimentaire. Cette petite graine, cultivée depuis des millénaires et capable de résister aux conditions climatiques les plus extrêmes, s’impose désormais comme un modèle de résilience, de nutrition et d’innovation culinaire.

    Son premier atout réside dans sa richesse nutritionnelle. Naturellement pauvre en gluten, le mil constitue une alternative précieuse pour les personnes qui recherchent une alimentation plus digeste. Il se distingue également par sa richesse en fibres, en protéines végétales et en minéraux tels que le fer, le magnésium et le phosphore. À cela s’ajoute un indice glycémique relativement modéré, faisant du mil un aliment clé dans le cadre de la prévention et de la gestion du diabète de type 2 ainsi que dans le maintien d’une alimentation équilibrée.

    Mais le succès du mil ne repose pas uniquement sur ses qualités nutritionnelles. Sa véritable force réside dans sa polyvalence culinaire. Jadis principalement consommé sous forme de bouillies traditionnelles en Afrique ou de galettes dans certaines régions d’Asie, il s’invite aujourd’hui dans une cuisine contemporaine créative et diversifiée.

    Consommé entier, le mil constitue une alternative originale au riz. Transformé en farine, il révolutionne la boulangerie et la pâtisserie en permettant la préparation de pâtisseries et viennoiseries adaptées aux régimes sans gluten. Il sert également dans la fabrication de boissons végétales et de bières artisanales.

    Au-delà de son aspect nutritif, le mil apparaît comme une réponse concrète aux défis environnementaux actuels. Dans un contexte marqué par le changement climatique, cette céréale qui se distingue par sa capacité d’adaptation représente une solution durable pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale.

    Sa valorisation constitue ainsi un levier à la fois agricole, économique et social. En favorisant sa production et sa consommation, les sociétés soutiennent une agriculture plus résiliente tout en offrant aux populations une source d’alimentation accessible, nutritive et durable.

  • les défis liés à la production d’attiéké

    les défis liés à la production d’attiéké

    L’attiéké, cette semoule de manioc fermentée originaire de Côte d’Ivoire, est bien plus qu’un simple accompagnement : c’est un pilier de la sécurité alimentaire et un moteur économique majeur, en particulier pour les femmes. Face à une demande locale de plus en plus croissante et un marché international en pleine expansion, la filière fait pourtant face à d’importants défis de production.
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    ​La production de l’attiéké repose sur un savoir-faire traditionnel transmis de génération en génération, porté majoritairement par les femmes. Cependant, ces méthodes manuelles s’avèrent lentes et épuisantes.
    ​L’épluchage des tubercules, le broyage et l’extraction du jus à l’aide de presses artisanales exigent une force physique considérable. Ces étapes entraînent fréquemment des douleurs corporelles et limitent la productivité.

    ​Le premier défi de la filière commence dans les champs. La production d’attiéké est fonction de la disponibilité constante du manioc. Or, plusieurs facteurs perturbent cet approvisionnement :
    ​L’urbanisation : qui participe à la réduction des terres agricoles cultivables
    ​Aléas climatiques : Les dérèglements de la pluviométrie​
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    ​Le traitement du manioc génère de grandes quantités d’eau d’extraction acide et chargée en cyanure. Ce liquide est très souvent rejeté sans traitement dans l’environnement immédiat et favorise la prolifération de moustiques et dégrade les conditions sanitaires autour des sites de production.
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    ​L’introduction progressive de broyeurs motorisés et de presses hydrauliques portées par des initiatives de développement (telles que les Centres d’Innovations Vertes) permet de multiplier le rendement par dix, faisant grimper la capacité de broyage. L’enjeu majeur reste de financer et de généraliser ces technologies auprès des coopératives rurales.

  • zea mays : l’or jaune des champs africains

    zea mays : l’or jaune des champs africains

    Le maïs, scientifiquement appelé Zea mays, est une plante herbacée. Cette plante peut atteindre, selon les variétés, jusqu’à 3 ou 4 mètres de haut.

    Ses fruits sont de grands épis allongés. Il existe plusieurs variétés de maïs parmi lesquelles le maïs blanc rouge ou violet. Le plus populaire reste cependant le maïs jaune.

    Bien qu’il soit originaire d’Amérique centrale, le maïs s’est parfaitement intégré au climat du continent africain. On le retrouve dans les zones tropicales et de savane de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin ou le Nigeria.

    Il est également un aliment de base en Afrique orientale et australe, notamment au Kenya, en Tanzanie, au Malawi et en Afrique du Sud.

    Le maïs est consommé sous diverses formes. Les grains frais sont généralement dégustés grillés au feu de bois ou bouillis. Ils peuvent également être réduits en farine après séchage et être utilisés pour la préparation de bouillies nourrissantes pour le petit-déjeuner ou de pâtes accompagnées de sauces locales.

    Au-delà de sa polyvalence en cuisine, le maïs est une source d’énergie essentielle. Il regorge de glucides complexes, de vitamines B, de phosphore, de magnésium ainsi que de fibres qui participent au bon fonctionnement du transit intestinal.

    En plus de sa place centrale dans l’alimentation quotidienne, la plante entière est valorisée par les populations locales. Les tiges séchées et les feuilles interviennent dans la fabrication d’engrais pour les volailles.

  • attiéké : histoire d’un mets devenu incontournable

    attiéké : histoire d’un mets devenu incontournable

    ​L’attiéké, pièce maîtresse de la gastronomie ivoirienne incarne à la fois l’identité culturelle et culinaire de la Côte d’Ivoire.

    ​Ce mets, à la texture granuleuse, est obtenu à partir de la fermentation de la semoule de manioc qui est ensuite cuite à la vapeur. Il tire son nom du mot Ébrié adjèkè . Au fil du temps, par déformation linguistique, ce terme est devenu attiéké.

    Il peut être consommé avec du poisson, du poulet ou tout autre protéine de votre choix. L’attiéké connaît aujourd’hui de nombreuses déclinaisons, parmi lesquelles le célèbre garba.

    ​L’histoire de l’attiéké est enracinée dans le Sud de la Côte d’Ivoire, au sein des peuples lagunaires particulièrement du peuple Ébrié, qui a su dompter le manioc pour en extraire un aliment d’exception. Il est fabriqué en coopérative par des femmes qui abattent un travail colossal : éplucher, broyer, presser pour extraire l’amidon, fermenter, cuire à la vapeur.

    ​D’abord consommé par les peuples lagunaires du sud du pays, l’attiéké a rapidement conquis les différentes régions de la Côte d’Ivoire ainsi que plusieurs pays frontaliers.

    ​En 2024, ce plat emblématique a été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO protégeant ainsi son appellation et son origine.

    ​L’héritage des femmes ébriés a largement dépassé les frontières de la terre d’Éburnie car l’attiéké a conquis la sous-région ouest-africaine ainsi que l’Europe à travers la diaspora ivoirienne portant haut les couleurs de la culture gastronomique ivoirienne.

  • dialium guineense: trésor des forêts tropicales africaines

    dialium guineense: trésor des forêts tropicales africaines

    Le tamarinier noir ou tamarinier velours scientifiquement appelé dialium guineense est une plante à fleurs de la famille des Fabaceae. Cet arbre majestueux peut atteindre jusqu’à 30 mètres de haut. Ses fruits sont globuleux, légèrement aplatis et recouverts d’une coque noire veloutée qui lui vaut son appellation populaire.

    Comme l’indique son nom scientifique, il provient principalement de Guinée mais on le retrouve également dans les zones tropicales d’autres pays d’Afrique de l’ouest notamment le Sénégal, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, ainsi qu’en Afrique centrale. Le fruit est une pulpe de couleur jaune orangé entourant une ou deux graines. Son appellation locale varie selon les régions: en Côte d’Ivoire, il est appelé chat noir, au Bénin atouètouè, au Sénégal solom.

    La pulpe du tamarin noir se consomme généralement comme un bonbon que l’on laisse fondre en bouche. Il est particulièrement apprécié par les enfants et les adultes pour son goût mi-sucré, mi-acidulé. Il peut également intervenir dans la fabrication de boissons rafraîchissantes.

    Au-delà de sa saveur, le dialium est un véritable concentré de nutriments. Il regorge de vitamine C, de fer, de calcium, de potassium ainsi que de fibres qui favorisent une bonne digestion.

    En plus de sa richesse nutritionnelle, cet arbre est exploité dans la pharmacopée traditionnelle. Ses feuilles sont utilisées en décoction pour lutter contre la toux et la bronchite. Ses écorces quant à elles possèdent des propriétés anti inflammatoires.

  • le riz, pilier de l’alimentation mondiale

    le riz, pilier de l’alimentation mondiale

    Le riz s’impose aujourd’hui comme l’une des céréales les plus consommées sur la planète. Il constitue l’aliment de base de plus de la moitié de la population mondiale, jouant un rôle particulièrement important dans l’alimentation en Asie et en Afrique. Cultivé depuis des siècles en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, il s’est progressivement répandu dans le reste du monde.

    La production mondiale de riz reste massivement dominée par le continent asiatique. La Chine en est le premier producteur mondial, suivie de près par l’Inde qui occupe la deuxième position. D’autres nations comme l’Indonésie, le Bangladesh, le Vietnam et la Thaïlande sont également des acteurs majeurs de la production et de l’exportation du riz.

    Sur le plan botanique, le riz est une plante semi-aquatique qui se développe généralement dans des rivières inondées. Sa culture exige la réunion de conditions bien précises, à savoir un approvisionnement considérable en eau, des températures chaudes ainsi que des sols particulièrement fertiles.

    La riziculture se caractérise par une grande diversité de techniques et de variétés de grains. Parmi les plus répandues, on distingue notamment le riz blanc, le riz complet ou riz brun, ainsi que les riz aromatiques tels que le basmati et le jasmin. Sur le plan nutritionnel, cette céréale représente avant tout une source majeure de glucides, fournissant une de l’énergie. Elle apporte également des fibres, des vitamines B et des minéraux.

    Le riz est utilisé de diverses manières. Si son utilisation principale reste l’alimentation humaine, il entre également dans la composition de diverses boissons traditionnelles ou modernes, et sert dans la fabrication de nombreux produits industriels.

    En conclusion, le riz demeure une céréale absolument indispensable à l’humanité. Sa place centrale dans la sécurité alimentaire mondiale en fait un aliment hautement important.

  • les trésors fruités du sénégal

    les trésors fruités du sénégal

    Le Sénégal, pays de la téranga est connu et apprécié pour son patrimoine culturel historique, principalement le Monument de la Renaissance Africaine. Pourtant, les richesses sénégalaises ne se limitent pas aux sites touristiques. Les terres sénégalaises sont tout aussi riches. Elles regorgent de multiples variétés de fruits ancrés dans les habitudes alimentaires des populations.

    Aujourd’hui, faisons une petite immersion à travers les cultures et plantations sénégalaises pour découvrir quelques-uns de ces fruits.

    Le madd
    Le Saba Senegalensis est un fruit à coque dont l’appellation commune varie d’une aire géographique à une autre. Il est appelé madd au Sénégal et côcôta en Côte d’Ivoire. Sa coque épaisse contient des graines fibreuses et moelleuses de couleur jaune orangé au goût à la fois acidulé et sucré. Il peut être dégusté tel quel ou assaisonné avec du piment, du sucre et/ou du sel ou transformé en boisson rafraîchissante. Au-delà de son goût qui en fait l’un des fruits les plus appréciés au Sénégal, c’est également un excellent allié nutritionnel car riche en vitamine C et B6.

    Le ditakh
    Le ditakh scientifiquement appelé detarium senegalense est un fruit
    très apprécié pour sa pulpe acidulée. Il se présente comme un fruit charnu à la pulpe verte et à la texture farineuse entourant un gros noyau. Ce fruit peut être consommé de plusieurs manières: frais, sous forme de boisson, en poudre alimentaire ou même utilisé en médecine traditionnelle. Sa richesse en vitamines C, fibres et antioxydants justifient son usage médicinal.

    La pomme cannelle du Sénégal
    La pomme cannelle du Sénégal provient d’un arbre appelé Annona senegalensis. C’est un fruit jaune à maturité, dont la peau est parsemée de protubérances.
    Sa pulpe comestible de couleur blanche possede un gout sucré. Il regorge de vertus nutritionnelles grâce à la vitamine C, aux glucides, au magnésium et au calcium qu’il contient.

  • les céréales dans la cuisine africaine

    les céréales dans la cuisine africaine

    L’Afrique possède un patrimoine culinaire exceptionnel, dont les céréales constituent l’un des piliers les plus anciens et les plus essentiels. À travers notre article Sakafo du jour, nous vous invitons à explorer ce patrimoine céréalier aux saveurs multiples, à la fois nourrissant, culturel et profondément ancré dans les traditions culinaires du continent.

    Du Sahel aux zones forestières, ces céréales aux saveurs variées permettent de réaliser une multitude de mets aussi appétissants les uns que les autres.

    Voici une liste de quelques unes de ces céréales :

    Le riz
    Riche en vitamines, en acides aminés et en minéraux, le riz est aujourd’hui l’un des aliments les plus consommés en Afrique de l’Ouest. Il occupe une place centrale dans de nombreuses cuisines nationales et s’impose comme la base de plats emblématiques tels que le tchep, les bouillies traditionnelles ou comme accompagnement pour un grand nombre de recettes.

    Le mil
    Céréale ancienne et résiliente, le mil est particulièrement apprécié pour ses propriétés nutritionnelles, notamment sa richesse en antioxydants et son absence de gluten. Il entre dans la préparation de nombreuses spécialités locales, telles que les beignets appelés gnonmi, la bouillie de mil ou encore le dêguê, un dessert à base de lait et de farine de mil granulée.

    Le maïs
    Très répandu en Afrique de l’Ouest, le maïs est une céréale polyvalente consommée sous diverses formes : bouilli, braisé au feu de bois, ou transformé en pâte, comme le tô. Il constitue une source importante d’énergie pour de nombreuses populations.

    Le fonio
    Longtemps considéré comme une céréale traditionnelle, le fonio connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, notamment pour ses qualités nutritionnelles. Riche en fibres et en minéraux, et naturellement pauvre en gluten, il se prête à de multiples préparations : bouillies, couscous ou accompagnements de sauces.

    Le sorgho
    Le sorgho, également riche en fibres, occupe une place importante dans l’alimentation humaine et animale. Il peut être cuisiné comme le riz ou transformé en boissons traditionnelles, souvent consommées lors de cérémonies et d’événements communautaires..

  • agriculture : l’algérie émerge comme l’un des principaux producteurs de pommes en afrique

    agriculture : l’algérie émerge comme l’un des principaux producteurs de pommes en afrique

    La culture de la pomme connait une forte croissance en Algérie/ Algerie360

    L’agriculture algérienne continue de surprendre par son dynamisme et sa capacité d’adaptation, notamment dans des filières inattendues. La pomme, traditionnellement associée aux zones tempérées, s’impose désormais comme un pilier de la production agricole du pays. En 2023, l’Algérie s’est hissée au troisième rang des plus grands producteurs de pommes sur le continent africain.

    Selon les données rapportées par le site spécialisé Tridge et relayées par Algerie360, la production de pommes en Algérie a atteint 575 000 tonnes cette année. Ce chiffre place le pays juste derrière l’Afrique du Sud et l’Égypte, et lui confère la 23ème position au niveau mondial parmi les nations productrices de ce fruit.

    Cette ascension dans le classement n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt le résultat d’un développement progressif et réfléchi. Les régions montagneuses et au climat frais du pays sont devenues des terres fertiles pour la culture de la pomme, attirant de plus en plus d’agriculteurs qui élargissent leurs superficies de culture tout en adoptant des techniques modernes pour optimiser leur rendement.

    Cependant, l’enjeu dépasse le simple volume de production. L’Algérie est confrontée à une demande intérieure croissante, et le pays aspire à ouvrir la voie à des opportunités d’exportation. À l’heure actuelle, la majorité des pommes produites reste destinée à la consommation locale, mais les améliorations en matière de qualité et de conservation pourraient permettre à l’Algérie de conquérir des marchés internationaux dans un avenir proche.

    Le soutien des autorités agricoles est également un facteur clé de cette réussite. Des initiatives telles que des campagnes de vulgarisation technique, la mise à disposition de plants certifiés et la promotion de l’irrigation localisée contribuent à améliorer les rendements et à garantir la régularité des récoltes.

    Dans un contexte régional où la pression climatique et les défis de la sécurité alimentaire sont de plus en plus prégnants, la montée en puissance de la filière pomme en Algérie est un signe encourageant. Elle illustre le potentiel du pays à renforcer son autosuffisance agricole, à diversifier sa production et à générer de la valeur ajoutée dans les zones rurales. Avec des superficies cultivées en expansion et un savoir-faire en constante amélioration, l’Algérie est bien positionnée pour devenir un acteur incontournable dans le secteur de la production de pommes en Afrique.

    Thom Biakpa

  • côte d’ivoire : les activités de pêche suspendues du 1er juillet au 31 août pour préserver les ressources halieutiques

    côte d’ivoire : les activités de pêche suspendues du 1er juillet au 31 août pour préserver les ressources halieutiques

    Le gouvernement a reconduit cette année, le repos biologique pour permettre aux poissons de mieux se reproduire/ Wikimédia

    Le lundi 30 juin, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a officiellement lancé le repos biologique 2025, marquant ainsi la reconduction de la fermeture saisonnière des pêches en Côte d’Ivoire. Cette initiative vise à renforcer la régénération des stocks halieutiques, à préserver les écosystèmes aquatiques et à garantir la durabilité du secteur de la pêche, essentiel à l’économie ivoirienne.

    Depuis son introduction en 2023, le repos biologique consiste à suspendre temporairement toutes les activités de pêche dans les eaux sous juridiction ivoirienne. Cette mesure permet aux espèces maritimes de se reproduire sans subir la pression de la pêche. Initialement appliquée en milieu marin, l’initiative a été élargie en 2024 pour inclure les lagunes Aby et Grand-Lahou, ainsi que les lacs de Buyo et de Kossou.

    Pour l’année 2025, la fermeture des pêches sera effective du 1er au 31 juillet pour la pêche artisanale maritime, et du 1er juillet au 31 août pour les pêches semi-industrielle et industrielle. Dans les eaux continentales, un « repos citoyen » sera mis en place de manière volontaire, soutenu par un dispositif d’accompagnement scientifique et institutionnel.

    Le ministre a souligné les retombées positives de cette mesure, notant son adoption croissante par les communautés locales. « Les pêcheurs, tant dans les eaux lagunaires que maritimes, soutiennent majoritairement la reconduction de cette initiative. Leur demande de généralisation du repos biologique à d’autres plans d’eau témoigne de la perception de cette mesure comme un levier d’amélioration de leurs revenus », a-t-il déclaré.

    Sidi Tiémoko Touré a également indiqué qu’aucune hausse significative des prix du poisson n’a été constatée durant les précédentes périodes de fermeture, grâce à l’accompagnement du ministère du Commerce. En outre, il a relevé une amélioration notable des rendements : en août 2024, la production de la pêche artisanale maritime a augmenté de 45 % par rapport à 2022 et de 20 % par rapport à 2023. Les durées de marées ont également été réduites, ce qui indique une meilleure disponibilité des ressources halieutiques.

    À long terme, les autorités visent une production de 150 000 tonnes d’ici 2028, contre 78 671 tonnes en 2022, représentant une augmentation attendue de 91 %. Le ministre a exhorté les communautés locales à continuer de soutenir cette politique de préservation, affirmant : « Pour gagner plus demain, nous devons modifier la façon dont nous gérons les pêches aujourd’hui. »

    Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de gestion durable des pêches et répond aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire, notamment dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. En favorisant la durabilité des ressources halieutiques, le gouvernement ivoirien s’engage à protéger l’environnement tout en soutenant les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs.

    Thom Biakpa