Catégorie : Produits & terroirs

  • sénégal : les producteurs de pommes de terre de Kayar face à une crise de commercialisation de leurs produits

    sénégal : les producteurs de pommes de terre de Kayar face à une crise de commercialisation de leurs produits

    À Kayar, les producteurs de pomme de terre s’inquiètent de la mévente de leurs productions/ RFI

    Au Sénégal, la situation des producteurs de pommes de terre de Kayar, une localité située dans le nord-ouest du pays, est préoccupante. Malgré une récolte impressionnante de plus de 21 000 tonnes de pommes de terre lors de la dernière campagne, ces agriculteurs se heurtent à des difficultés majeures pour écouler leur production.


    Moussa Thioune, un producteur local, exprime son désespoir en constatant que ses efforts n’ont pas porté leurs fruits. Après avoir investi plus de six tonnes de semences pour obtenir plus de 50 tonnes de pommes de terre, il se retrouve avec des stocks invendus, deux mois après la récolte. « J’ai utilisé plus de six tonnes de semences et produit plus de 50 tonnes de pommes de terre. J’ai récolté il y a deux mois, mais jusqu’à présent, je n’ai pas réussi à vendre un seul tubercule », se lamente-t-il. Les pommes de terre, laissées à l’abandon dans son champ, sont recouvertes d’herbes sèches, une protection temporaire contre le soleil et les voleurs.

    Les raisons de cette impasse sont multiples. D’une part, la concurrence des multinationales, qui pratiquent une production intensive, a saturé le marché. D’autre part, les producteurs dénoncent une politique gouvernementale qu’ils jugent peu anticipatrice. Bien que l’État ait mis en place des mesures incitatives pour la campagne agricole 2024-2025, telles que des semences subventionnées et des engrais à prix réduits, ces initiatives semblent mal coordonnées. Mohamed Bachir Niang, membre de l’Association des producteurs maraîchers de Kayar, souligne que, malgré un certain engouement, la surproduction n’a pas été anticipée par les autorités. « Les années passées, on vendait au bout de 10 à 15 jours, un mois tout au plus. Mais cette année, cela fait plus de deux mois que ça dure », déclare-t-il.


    La situation pourrait devenir encore plus critique dans les mois à venir. Les producteurs, qui manquent de structures de conservation adéquates, ne peuvent pas stocker leurs récoltes indéfiniment. Ils placent désormais leurs derniers espoirs dans la fête de la Tabaski, une période de forte consommation qui pourrait leur permettre d’écouler leurs stocks avant qu’ils ne se détériorent complètement.


    En attendant, Moussa Thioune et ses collègues continuent de prier pour qu’un acheteur se manifeste. Le prix du kilo de pommes de terre est actuellement de 140 FCFA sur le marché, alors que le coût de production s’élève à 200 FCFA. Face à cette situation, les producteurs se retrouvent dans une impasse, espérant des solutions durables pour améliorer la commercialisation de leur production et subvenir aux besoins de leurs familles.

    Thom Biakpa

  • sécurité alimentaire : la côte d’ivoire vise l’autosuffisance rizicole d’ici 2026

    sécurité alimentaire : la côte d’ivoire vise l’autosuffisance rizicole d’ici 2026

    La Côte d’Ivoire vise l’autosuffisance en riz dès 2026 / Photo: Aderiz

    Lors du Salon de l’Agriculture à Paris, le ministre d’Etat ivoirien, ministre de l’Agriculture et de la production vivrière, Kobenan Kouassi Adjoumani, a souligné l’engagement de la Côte d’Ivoire à développer sa production rizicole pour atteindre l’autosuffisance d’ici la fin de 2026. Traditionnellement reconnue comme un leader dans la production de cacao et de manioc, la Côte d’Ivoire revient à l’une de ses cultures fondamentales : le riz.

    Dans les années 1970, la Côte d’Ivoire était autosuffisante en riz. Cependant, un changement de priorités économiques a conduit à une baisse de la production. Aujourd’hui, face à des défis globaux tels que la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid-19, le pays a décidé de se concentrer sur la production vivrière, avec le riz comme priorité.

    En 2023, la production de riz a atteint 1,55 million de tonnes, en augmentation par rapport aux 1,3 million de tonnes de l’année précédente. Avec des besoins estimés à 2,1 millions de tonnes pour atteindre l’autosuffisance, le ministre Adjoumani est optimiste quant à la possibilité de combler cet écart en deux ans plutôt qu’en 2030, grâce à l’introduction de semences améliorées et à des techniques d’irrigation innovantes.

    Pour soutenir cette croissance, le gouvernement a mis en place des infrastructures d’irrigation qui permettent de récupérer et de redistribuer l’eau de pluie, maximisant ainsi les ressources disponibles pour les cultures. Cette approche vise à rendre l’agriculture ivoirienne plus résiliente face aux aléas climatiques.

    En outre, le ministre a abordé la question du cacao, un secteur qui a également souffert des impacts climatiques. La Côte d’Ivoire, malgré les défis, continue de rechercher des méthodes de culture durables et de lutter contre les maladies qui affectent ses plantations.

    Concernant la problématique du cacao exporté illégalement, Adjoumani a précisé que le gouvernement a mis en place des mesures strictes pour lutter contre ce phénomène. Des décisions ont été prises pour renforcer la sécurité autour des zones frontalières, et des actions concrètes ont été entreprises pour traquer les trafiquants.

    Enfin, le ministre a annoncé un Salon de l’agriculture en Côte d’Ivoire prévu du 23 mai au 1er juin, invitant les investisseurs internationaux à explorer les opportunités d’investissement dans le secteur agricole ivoirien.

    Avec des objectifs ambitieux et des mesures concrètes en place, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur clé dans la production de riz et le développement de son agriculture, visant une autosuffisance qui pourrait transformer le paysage alimentaire du pays d’ici 2026.

    Thom Biakpa

  • la cuniculture en afrique : un potentiel à exploiter pour le développement rural

    la cuniculture en afrique : un potentiel à exploiter pour le développement rural

    L’élevage du lapin, une activité porteuse / photo: WikiAgri

    La cuniculture, ou l’élevage de lapins, est une pratique qui gagne en popularité en Afrique, tant pour ses avantages économiques que pour ses contributions à la sécurité alimentaire. Bien que cette activité soit encore peu développée dans de nombreuses régions, elle présente un potentiel considérable pour améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs et diversifier les sources de revenus.

    Un élevage à faible coût

    L’un des principaux atouts de la cuniculture est son faible coût d’entrée. Les lapins nécessitent moins d’espace que d’autres animaux d’élevage, ce qui les rend idéaux pour les petits exploitants agricoles, souvent limités par la taille de leurs terres. De plus, les lapins se reproduisent rapidement, avec une portée pouvant atteindre jusqu’à 12 lapereaux tous les trois mois. Cette rapidité de reproduction permet aux éleveurs de générer des revenus en peu de temps.

    Une source de protéines

    La consommation de viande de lapin est en hausse en Afrique, car elle constitue une source de protéines maigres, riche en nutriments et faible en graisses. Dans de nombreuses cultures, la viande de lapin est appréciée pour sa tendreté et son goût délicat. En intégrant la cuniculture dans leur régime alimentaire, les populations peuvent améliorer leur nutrition, en particulier dans les zones où l’accès à d’autres sources de protéines est limité.

    Impact sur l’environnement

    L’élevage de lapins est également considéré comme une pratique durable. Les lapins ont un impact environnemental relativement faible par rapport à d’autres animaux d’élevage. Ils produisent moins de gaz à effet de serre et nécessitent moins de ressources en eau et en aliments. De plus, leurs excréments peuvent être utilisés comme engrais naturel, contribuant ainsi à l’amélioration des sols et à la fertilité des cultures.

    Défis à surmonter

    Malgré ses nombreux avantages, la cuniculture en Afrique fait face à plusieurs défis. L’un des principaux obstacles est le manque de formation et d’éducation des éleveurs. Beaucoup d’entre eux ne disposent pas des connaissances nécessaires pour gérer efficacement un élevage de lapins, ce qui peut entraîner des pertes économiques. De plus, l’accès aux marchés pour vendre la viande de lapin reste limité dans certaines régions, ce qui freine le développement de cette activité.

    Initiatives et perspectives d’avenir

    Pour surmonter ces défis, plusieurs initiatives ont été mises en place à travers le continent. Des organisations non gouvernementales et des agences gouvernementales travaillent à la formation des éleveurs, en leur fournissant des connaissances sur les meilleures pratiques d’élevage, la gestion de la santé animale et les techniques de reproduction. De plus, des programmes de sensibilisation visent à promouvoir la consommation de viande de lapin, augmentant ainsi la demande sur le marché.


    La cuniculture en définitive en Afrique, représente une opportunité prometteuse pour le développement rural, la sécurité alimentaire et la durabilité environnementale. En investissant dans la formation et en facilitant l’accès aux marchés, il est possible de transformer cette activité en une source de revenus significative pour de nombreuses communautés rurales. Avec un soutien adéquat, la cuniculture pourrait devenir un pilier essentiel de l’agriculture africaine, contribuant à un avenir plus prospère et durable pour le continent.

    Thom Biakpa

  • agriculture et entrepreneuriat : l’élevage de volaille en afrique, un secteur en pleine expansion

    agriculture et entrepreneuriat : l’élevage de volaille en afrique, un secteur en pleine expansion

     L’élevage de la volaille est un secteur porteur en Afrique/ photo: Getty Images


    L’élevage de volaille est un secteur en pleine expansion en Afrique, offrant des opportunités économiques significatives pour les agriculteurs et les entrepreneurs. Ce modèle économique repose sur plusieurs éléments clés qui contribuent à sa viabilité et à son succès.

    Demande croissante de protéines animales

    Avec une population en forte croissance et une urbanisation rapide, la demande de protéines animales, notamment de viande de volaille, augmente considérablement. Les consommateurs africains privilégient souvent la volaille en raison de son prix abordable et de sa valeur nutritionnelle. Cela crée un marché dynamique pour les éleveurs.

    Coûts de production et accessibilité

    L’élevage de volaille nécessite des investissements initiaux, mais les coûts de production peuvent être relativement faibles par rapport à d’autres types d’élevage. Les éleveurs peuvent commencer avec un petit nombre de volailles et augmenter progressivement leur cheptel. De plus, l’accès à des aliments pour animaux et à des équipements de base est souvent plus facile dans de nombreuses régions.

    Technologies et innovations

    L’adoption de technologies modernes, telles que l’élevage en batterie, l’alimentation automatisée et les systèmes de gestion de la santé animale, permet d’optimiser la production. De plus, des initiatives de formation et des programmes de soutien technique aident les éleveurs à améliorer leurs pratiques et à augmenter leur rendement.

    Chaînes de valeur et commercialisation

    Le business model de l’élevage de volaille en Afrique s’appuie également sur des chaînes de valeur bien établies. Les éleveurs peuvent vendre leurs produits directement aux consommateurs, aux marchés locaux ou aux détaillants. La création de coopératives peut également renforcer le pouvoir de négociation des éleveurs et améliorer l’accès aux marchés.

    Défis à surmonter

    Malgré les opportunités, l’élevage de volaille en Afrique fait face à plusieurs défis, notamment les maladies aviaires, les fluctuations des prix des aliments pour animaux et l’accès limité au financement. Les éleveurs doivent être proactifs dans la gestion de ces risques pour assurer la durabilité de leur activité.


    Perspectives d’avenir

    L’avenir de l’élevage de volaille en Afrique semble prometteur. Avec des politiques favorables, des investissements dans les infrastructures et une sensibilisation accrue à la sécurité alimentaire, ce secteur pourrait jouer un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et la malnutrition sur le continent.


    En résumé, le business model de l’élevage de volaille en Afrique repose sur une demande croissante, des coûts de production accessibles, l’adoption de technologies modernes et des chaînes de valeur efficaces. Bien que des défis subsistent, les perspectives d’avenir sont encourageantes, faisant de ce secteur une opportunité lucrative pour les entrepreneurs africains.


    Thom Biakpa

  • côte d’ivoire : culture de champignons, une activité en pleine expansion

    côte d’ivoire : culture de champignons, une activité en pleine expansion

    La culture de champignon, une activité qui monte en puissance en Côte d’Ivoire/ photo: Getty Images



    En Côte d’Ivoire, une vingtaine de petits producteurs se lancent avec succès dans la culture de champignons, notamment le champignon de palmier et les pleurotes. À Bonoua, dans le sud-est du pays, cette activité, qui nécessite un investissement modeste, commence à séduire les consommateurs.

    « Regardez ces champignons, nous allons les récolter demain », indique Ophélia Koffi, responsable de la champignonnière. Pour favoriser le développement optimal des champignons, l’environnement doit être à la fois humide et frais. Les agricultrices, regroupées en collectif, s’emploient à collecter et à préparer leurs déchets agricoles, en particulier les épluchures de manioc, qui serviront de substrat pour la culture des pleurotes. « Elles introduisent les semences et les placent sur des étagères pendant 45 jours. Lorsque le substrat devient blanc comme du lait, cela signifie qu’il est prêt. On commence alors à arroser, et après quatre ou cinq jours, les champignons commencent à émerger. »


    Une économie circulaire en action


    Les champignons récoltés, au moins 10 tonnes par an, sont vendus frais sur les marchés ou dans les supermarchés, ou encore déshydratés par Ophélia Koffi dans sa petite unité de transformation située à Yaou, non loin de Bonoua. Elle propose une gamme de tisanes ainsi qu’une préparation de champignons déshydratés inspirée du choukouya, une grillade traditionnelle ivoirienne, où la viande est remplacée par cette protéine végétale.


    Passionnée par la myciculture, Ophélia a débuté cette aventure il y a dix ans et entrevoit un avenir prometteur pour le secteur, d’autant plus que les déchets issus de la culture sont recyclables. « Après la récolte des champignons, les résidus deviennent un engrais naturel. Ils peuvent être utilisés pour cultiver des légumes comme la tomate, le gombo ou l’aubergine. Nous sommes donc dans une économie circulaire : rien ne se perd, tout se transforme dans la myciculture. » Grâce à cette culture hors-sol, où la température est maîtrisée, les champignons peuvent être produits tout au long de l’année. « En cas de pénurie de viande, ne vous inquiétez pas, vous pourrez toujours compter sur les champignons pour vos protéines ! »


    Un nouveau goût pour les Ivoiriens


    Il est vrai qu’il faudra un certain temps pour modifier les habitudes alimentaires des Ivoiriens. Cependant, les champignons d’Ophélia Koffi commencent à gagner en popularité. « J’adore vraiment le choukouya de champignons, c’est original ! », s’exclame Josiane Asso Lobar, qui a redécouvert les pleurotes grâce à cette recette. Elle reconnaît que, traditionnellement en Afrique, les champignons sont souvent utilisés dans les sauces, mais cette nouvelle approche permet de les déguster sous différentes formes.



    Avec Ophélia Koffi, ce sont 25 producteurs qui se partagent ce marché émergent. Ensemble, ils s’efforcent de se structurer en union afin de développer la filière champignons en Côte d’Ivoire. Cette initiative prometteuse pourrait bien transformer le paysage agricole du pays et offrir de nouvelles opportunités économiques aux producteurs locaux.

    Thom Biakpa

  • côte d’ivoire : le sommet de l’élevage d’Abidjan s’annonce prometteur avec plus de 50 000 visiteurs attendus et le brésil comme invité d’honneur

    côte d’ivoire : le sommet de l’élevage d’Abidjan s’annonce prometteur avec plus de 50 000 visiteurs attendus et le brésil comme invité d’honneur

    L’autosuffisance en protéine animale est un défi que le gouvernement ivoirien se donne les moyens de relever / photo: Getty Images


    La troisième édition du Sommet de l’Élevage d’Abidjan, baptisée SELAB Livestock Show, se déroulera du 22 au 24 novembre 2024 au Parc des Expositions de Port-Bouët. La cérémonie de lancement a eu lieu récemment à la Riviera Golf, en présence du ministre des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) et de l’ambassadeur du Brésil en Côte d’Ivoire.


    Cet événement majeur vise à dynamiser le secteur de l’élevage en Côte d’Ivoire, avec pour objectif de renforcer la sécurité alimentaire en matière de protéines animales. Le ministre Sidi Touré a souligné que le SELAB Livestock Show est désormais un rendez-vous incontournable pour tous les acteurs de la filière. Cette année, le salon mettra particulièrement l’accent sur la promotion de la production animale. « Nous aurons le plaisir d’accueillir des experts nationaux et internationaux qui partageront leurs connaissances et leur savoir-faire avec les éleveurs ivoiriens et de la sous-région. Le thème de cette édition, « Rentabilisez votre élevage », est porteur d’espoir et d’ambition », a-t-il déclaré.

    Le Brésil, en tant que pays à l’honneur, apportera son expertise dans le domaine de l’élevage. Le ministre a décrit le Brésil comme un modèle d’excellence dans l’agroalimentaire mondial, dont les performances remarquables résultent d’une combinaison de recherche avancée, d’innovation et d’une utilisation efficace des technologies.


    L’ambassadeur du Brésil en Côte d’Ivoire, José Cardes De Avargo Jeitao, a rappelé que le Brésil est le premier exportateur mondial de viande bovine. Selon les chiffres provisoires de l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), le pays a abattu 33,9 millions de têtes de bétail en 2023, produisant 8,91 millions de tonnes, soit une augmentation de 11,2 % par rapport à 2022. Il a également noté que les exportations ont légèrement augmenté, atteignant 2,29 millions de tonnes, représentant seulement 25,7 % de la production nationale.


    José Cardes De Avargo a exprimé sa satisfaction quant à cette collaboration, affirmant que le gouvernement brésilien est prêt à soutenir la Côte d’Ivoire dans le développement de son secteur de l’élevage.

    Le SELAB Livestock Show attend plus de 50 000 visiteurs et réunira plus de 400 exposants ainsi que 40 interprofessions du secteur. Pendant ces trois jours, le public pourra participer à des conférences, des expositions, des panels de haut niveau, des formations, des concours animaliers et diverses attractions, promettant ainsi une expérience enrichissante et dynamique pour tous les participants.

    Cet événement représente une occasion unique pour les acteurs de l’élevage de se rencontrer, d’échanger des idées et de découvrir les dernières innovations du secteur, tout en renforçant les liens entre la Côte d’Ivoire et le Brésil.

    Thom Biakpa

  • agriculture et climat : l’onu tire la sonnette d’alarme sur le financement des petits agriculteurs

    agriculture et climat : l’onu tire la sonnette d’alarme sur le financement des petits agriculteurs

    Les petits agriculteurs ont besoin de soutien pour faire face aux effets du changement climatique. photo: Financial Afrik

    Alors que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a récemment publié son rapport annuel sur l’adaptation au changement climatique, une autre agence de l’ONU, le Fonds international de développement agricole (FIDA), exprime de vives inquiétudesconcernant le manque de financements alloués aux petits agriculteurs. Actuellement, ces derniers ne reçoivent qu’une infime part, soit 0,8%, des financements climatiques mondiaux. Ce constat alarmant intervient à seulement quatre jours de l’ouverture de la COP29 en Azerbaïdjan.

    Avec plus de 500 millions de petites exploitations agricoles à travers le monde, représentant une source de subsistance pour environ 3 milliards de personnes, le FIDA souligne l’urgente nécessité d’un soutien accru. En effet, face à l’augmentation des températures et à la fréquence croissante des sécheresses et des inondations, les petits agriculteurs se retrouvent en première ligne, subissant de plein fouet les conséquences dévastatrices des événements climatiques extrêmes sur leurs cultures.

    La situation est particulièrement préoccupante en Afrique, où les petites exploitations agricoles contribuent à environ 70% de la production alimentaire. Par exemple, en Afrique australe, une sécheresse sévère a entraîné un effondrement des récoltes de maïs cette année, tandis qu’au Ghana, la production de cacao a été réduite de moitié en raison d’un manque de précipitations.

    Il est impératif que les décideurs prennent conscience de cette crise et agissent rapidement pour rediriger les financements vers les petits agriculteurs, afin de garantir la sécurité alimentaire et de soutenir les communautés vulnérables face aux défis croissants du changement climatique.

    Thom Biakpa

  • production porcine en afrique : un gage de sécurité alimentaire et de développement économique du continent

    production porcine en afrique : un gage de sécurité alimentaire et de développement économique du continent

    Élevage porcin, une opportunité d’insertion pour les jeunes sur le continent / Photo : Afrik.com

    L’élevage du porc en Afrique représente une opportunité économique considérable, tant pour les agriculteurs que pour les entrepreneurs. Avec une demande croissante de viande porcine et une population en expansion, le secteur porcin est en pleine croissance et offre de nombreuses perspectives.

    Demande croissante de viande porcine

    La consommation de la viande porcine est en augmentation sur le continent, en particulier dans les pays où la culture du porc est déjà bien établie. Les consommateurs recherchent des sources de protéines abordables et nutritives, et le porc répond à cette demande. En outre, la viande de porc est souvent perçue comme un produit de luxe dans certaines cultures, ce qui peut stimuler encore plus la demande.

    Conditions climatiques favorables

    De nombreuses régions d’Afrique bénéficient de conditions climatiques favorables à l’élevage porcin. Les températures modérées et la disponibilité de terres agricoles permettent aux éleveurs de développer des exploitations durables. De plus, l’élevage en plein air est souvent possible, ce qui peut améliorer le bien-être animal et la qualité de la viande.

    Accès aux marchés locaux et internationaux

    Avec l’urbanisation croissante, les marchés locaux pour la viande de porc se développent rapidement. Les éleveurs peuvent tirer parti de cette tendance en établissant des relations avec des bouchers, des supermarchés et des restaurants. De plus, certains pays africains commencent à explorer les opportunités d’exportation, ce qui pourrait ouvrir de nouveaux marchés pour la viande porcine.

    Création d’emplois et développement rural

    L’élevage du porc peut également jouer un rôle crucial dans la création d’emplois, tant directs qu’indirects. Les exploitations porcines nécessitent des travailleurs pour s’occuper des animaux, gérer les opérations et commercialiser les produits. Cela peut contribuer à réduire le chômage dans les zones rurales et à améliorer les conditions de vie des communautés. En Côte d’Ivoire par exemple, selon le ministère en charge des ressources animales, le pays compte au moins 700.000 têtes de porcs et génère un chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de fcfa. De plus, la filière porcine en matière d’emplois directs et indirects, occupe en moyenne 50.000 personnes.

    Innovation et technologies modernes

    L’introduction de technologies modernes dans l’élevage porcin, telles que l’alimentation améliorée, la génétique avancée et les systèmes de gestion numérique, peut augmenter la productivité et la rentabilité des exploitations. Les agriculteurs qui adoptent ces innovations peuvent bénéficier d’une meilleure santé animale et d’une production plus efficace.

    Soutien gouvernemental et initiatives

    De nombreux gouvernements africains reconnaissent l’importance de l’élevage porcin pour le développement économique et mettent en place des politiques de soutien. Cela inclut des subventions, des formations pour les éleveurs et des programmes de sensibilisation pour promouvoir les pratiques d’élevage durables.


    L’élevage du porc en Afrique offre des opportunités prometteuses pour les agriculteurs et les entrepreneurs. Avec une demande croissante, des conditions favorables et un soutien accru, ce secteur peut contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire et au développement économique du continent. En investissant dans des pratiques durables et en adoptant des innovations, l’élevage porcin peut devenir un pilier essentiel de l’agriculture africaine.

    Thom Biakpa

  • ghana : le gouvernement interdit l’exportation du riz, du maïs et du soja

    ghana : le gouvernement interdit l’exportation du riz, du maïs et du soja

    Le mais, le soja et le riz sont interdits d’exportation au Ghana jusqu’à nouvel ordre / photo: 123rf

    Dans un communiqué publié lundi dernier, le gouvernement ghanéen a suspendu les exportations de produits agricoles stratégiques tels que le riz, le maïs et le soja, afin de garantir la disponibilité de ces cultures sur le marché intérieur dans un contexte où la sécheresse affecte la récolte dans les principales zones de production situées dans le nord du pays.

    L’annonce a été faite par le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Bryan Acheampong, qui a affirmé que les exportations de ces produits sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

    Comme dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, les céréales constituent l’aliment de base pour la population. Le pays, confronté à des conditions climatiques extrêmes, anticipe une diminution des récoltes et de son approvisionnement local.

    D’après les données du ministère ghanéen de l’Agriculture, huit régions qui assurent annuellement 62 % de l’approvisionnement national en céréales sont touchées par ce phénomène climatique. Parmi les autres cultures affectées figurent l’arachide, le sorgho, le millet et l’igname.

    « 435.872 agriculteurs cultivant une superficie estimée à 871.745 hectares ont été directement touchés par la sécheresse. Les pertes d’investissement qui y sont liées sont évaluées à 3,5 milliards de cedis (224 millions dollars), ce qui représente une perte de revenus potentielle de 10,4 milliards de cedis (666 millions dollars) », indique la même source.

    Face à cette situation, le ministre de l’Agriculture a également annoncé la mise en œuvre d’un programme d’aide d’urgence pour soutenir les agriculteurs et remédier à la pénurie de céréales qui se profile.

    Pour financer ce programme, le gouvernement prévoit notamment de lever 500 millions dollars auprès de ses partenaires financiers, dont la Banque mondiale.

    Au Ghana, la production de céréales s’est élevée à 5,8 millions de tonnes en 2023, d’après les données de la FAO, le maïs représente généralement la moitié de cette production.

    Après donc le Bénin, le Ghana en décidant de suspendre l’exportation de riz, de maïs et de soja veut également régler un problème précis.

    Thom Biakpa

  • le manioc : une culture aux multiples produits dérivés

    le manioc : une culture aux multiples produits dérivés

    La culture du manioc est un business rentable / Photo: Kodji agency

    En Afrique subsaharienne, le manioc est l’un des aliments les plus consommés en raison de sa variété de transformation et de sa culture aisée sur les sols aussi bien fertiles que peu fertiles. Il se consomme des feuilles à la racine, ce qui donne au manioc un fort potentiel pouvantcontribuer à combler les déficits alimentaires dans la région. Sur le plan économique, les producteurs de manioc ont une large possibilité de se faire des revenus supplémentaires en raison des multiples produits dérivés issus de ce tubercule.

    Arbuste largement cultivé comme plante dans plusieurs régions tropicales et subtropicales, la production du manioc implique le travail du sol, le choix et la préparation des semences et leur mise en terre. Les techniques de culture comportent, plusieurs étapes à savoir,l’isolement, les écartements, l’utilisation de micro boutures, l’épuration, la fertilisation, etc. Ces pratiques permettent la multiplication des plantes saines, indemnes des maladies.

    Le travail du sol consiste à le labourer et à faire des billons de 30 à 40 cm de hauteur et de 40 cm de largeur, distants d’un mètre. Pour la préparation du sol en culture traditionnelle, il fautdéfricher, brûler, labourer, butter ou billonner.

    La production du manioc ne demande aucun diplôme. Par contre, il est nécessaire de se renseigner auprès d’autres agriculteurs pour apprendre les différentes méthodes de cultures du manioc et l’entretien de la plantation. Certains sites agricoles en ligne renseignent à suffisance sur cette culture.

    Quant à la transformation du manioc en produits dérivés, elle nécessite un apprentissage supplémentaire et spécifique au produit que l’on souhaite commercialiser. En effet, multiples produits peuvent s’obtenir à partir la transformation du manioc, la farine, le semoule, l’amidon, l’alcool etc.

    Quel budget pour se lancer dans le business de la culture du manioc ?

    Le budget pour se lancer dans la culture du manioc varie entre 300 000 et 450 000 FCFA, répartis dans l’achat du matériel végétal et de l’équipement. L’achat du site n’est pas inclus, mais on peut commencer avec un hectare de manioc.

    Si on souhaite se lancer dans la transformation du manioc, l’investissement pour le tapioca (gari) par exemple, est de 130 000 FCFA, répartis dans le transport du manioc, l’épluchage, le matériel de lavage, de râpage et de pressage, le matériel d’extraction de l’amidon et de la cuisson.

    Les semences (boutures) sont les tiges de manioc. On peut se les procurer auprès des instituts de recherche agricole, ou à défaut, produire soi-même les boutures. La production des semences doit être sur un terrain plat ou avec une faible pente. Il faut procéder à un défrichement complet de la parcelle dès les premières pluies. Ensuite, ameublir la surface du sol, l’enrichir en matières organiques et réduire le développement des mauvaises herbes.

    La clientèle du manioc est variée. Les racines de manioc récoltées sont vendues dans les marchés locaux pour une clientèle généralement constituée des ménages. Les racines peuvent être transformées en semoule, en amidon, ou en farine. L’amidon des racines est utilisé dans les produits alimentaires, la fabrication de contreplaqué, du papier et des textiles. Il sert également de matière première pour la fabrication d’édulcorants, de fructose, d’alcool et de carburant à l’éthanol. Les feuilles quant à elles sont des légumes nutritifs pour les ménages, et les peaux peuvent être transformés en aliments pour le bétail, les buffles, les cochons, et les poulets.

    Une culture rentable 

    Un bon pied de manioc peut produire 10 à 15 boutures. Si on achète la bouture, il faut choisir les nouvelles variétés améliorées. Les tubercules peuvent être récoltés au bout de 9 à 18 mois après plantation. Un hectare de manioc peut donner entre 30 et 50 tonnes de récolte, pour un revenu qui varie de 500 000 FCFA à 1 500 000 FCFA.

    On peut gagner des revenus supplémentaires grâce à la transformation en différents produits alimentaires ou industriels. Les principaux produits issus des tubercules sont au niveau domestique, l’attiéké, le foutou, le gari, le toh, le ragoût, le tapioca (semoule), le placali, les bâtons de manioc, liqueur, etc.

    Au niveau industriel, la transformation peut donner l’amidon, la farine, le pain, le granulé, l’apprêt de textile, la colle, etc.

    Thom Biakpa