Catégorie : Style

  • les tissus camerounais: entre tradition et modernité

    les tissus camerounais: entre tradition et modernité

    Au Cameroun comme dans de nombreux pays africains, les tissus sont plus que de simples étoffes. Ils représentent de véritables marqueurs identitaires. Ils renferment en eux, l’histoire et la culture des peuples.

    La richesse culturelle du Cameroun se traduit par une pluralité de textiles traditionnels propre aux différents groupes ethniques du pays. Ils sont souvent associés à des événements sociaux ou spirituels. Parmi les plus emblématiques, on retrouve le Ndop, le Toghu et l’Obom.

    Le Ndop
    Originaire de l’Ouest du Cameroun, il est présenté comme une propriété du peuple Bamiléké bien qu’il soit également présent chez les Bamoun. Ce tissu fait principalement de coton est teint en bleu avec des motifs géométriques blancs. Chaque symbole du Ndop possède une signification précise. Certains sont liés à la royauté, aux ancêtres ou encore à la fertilité. Le Ndop s’adapte à la mode contemporaine tout en conservant sa dimension sacrée.

    Le Toghu
    Le Toghu est l’un des tissus les plus prestigieux du Cameroun. Originaire du nord-ouest, il est fabriqué à partir de velours lourd, brodé à la main avec des fils représentant des motifs en forme d’étoile, spirale ou fleur.
    Longtemps réservé aux grandes cérémonies et aux personnalités importantes, sa popularité s’est accrue lorsqu’il a été porté par l’équipe d’athlétisme du Cameroun aux jeux olympiques de 2012. De nombreux créateurs intègrent aujourd’hui le Ndop à leurs créations, témoignant ainsi qu’il est possible de concilier héritage culturel et modernité.

    L’Obom
    c’est un tissu traditionnel du peuple Ekang fait à base d’ écorces d’arbres battues. L’Obom est le plus souvent utilisé lors de cérémonies initiatiques ou funéraires. Bien que moins présent dans la vie quotidienne, il est parfois utilisé par les designers, surtout pour caractère écologique.

    Les tissus incarnent bien plus qu’un patrimoine vestimentaire, ils sont également le reflet de la richesse du Cameroun qui a su allier héritage culturel et modernité. Le Cameroun se présente ainsi comme un acteur clé de la mode en Afrique tout en préservant son identité culturelle.

  • woven threads 2026: l’écologie à l’honneur

    woven threads 2026: l’écologie à l’honneur

    Woven threads est une initiative de la nigériane Omoyemi Akerele, fondatrice de Lagos Fashion Week et de Style House Files (SHF). Cet événement de mode est la résultante d’un besoin criard de storytelling visant à repenser la manière dont l’Afrique affirme son identité à travers la mode. Lancé depuis sept ans, il est organisé annuellement dans la plus grande ville du Nigéria et se présente comme une plateforme culturelle et créative rassemblant les acteurs clé de l’industrie. Du 9 au 12 avril 2026, la septième édition du woven threads placée sous le thème CRAFTED (artisanat), s’est tenue au 274A Kofo Abayomi, Victoria Island à Lagos. Le choix de ce thème contribue à réaffirmer l’engagement de Style Files House à promouvoir une production responsable et durable dans la mode africaine Pendant ces quatre jours, plusieurs activités se sont succédé. Le programme a débuté par une journée digitale élargissant la portée de l’événement au-delà de Lagos. Des acteurs majeurs du secteur tels que Sivine James et Emmy Kasbit ont partagé leurs visions de la création durable et écologique. Les trois autres jours ont été marqués par des rencontres physiques dont un discours de bienvenue prononcé par Omoyemi Akerele sur l’importance de l’Afrique dans le développement de l’industrie de la mode, des conversations notamment avec Sunny Dolat conservateur à SHF, des défilés et le lancement du projet Irapada, un projet de cartographie des déchets textiles visant à créer un écosystème de mode écologique sur le continent, par Style House Files. Avec ces événements, Style House Files positionne Lagos à un tournant décisif de la mode en Afrique. Omoyemi Akerele se présente ainsi comme une figure clé de la mode nigériane et continentale.

  • Nairobi fashion week 2026: une initiative éco responsable

    Nairobi fashion week 2026: une initiative éco responsable

    Le Nairobi Fashion Week se présente comme un événement incontournable de la mode en Afrique. Créé en 2013, cet événement, qui au fil du temps s’est internationalisé, rassemble professionnels, amateurs et passionnés de mode dans l’optique de valoriser la mode africaine.

    Le Nairobi Fashion Week se présente comme une plateforme d’échanges permettant aux créateurs de se faire connaître et de promouvoir leurs articles.

    Il est organisé annuellement dans la capitale kényane. Cette édition 2026 a été placée sous le thème “Décarboniser”. Soucieux de la protection environnementale, les organisateurs et les stylistes ont mis un point d’honneur à présenter des collections qui, plutôt que de mettre seulement en avant l’esthétique, présentent la mode comme un outil de changement.

    Du 28 au 31 janvier 2026, le Sarit Expo Centre de Nairobi a donc accueilli exposants, visiteurs et potentiels investisseurs venus de divers horizons. Le Nigéria, notamment, y était représenté à travers les marques Sarai Imani et Wanni Fuga. La France et les USA ont également marqué leur présence avec des entreprises comme Naaniya Studio et Foreign Resource témoignant de la volonté de l’événement de s’internationaliser.

    Pendant ces quatre jours, plusieurs activités ont eu lieu. Le premier jour à accueilli un cocktail de lancement. Les autres jours ont respectivement accueilli des pop up events, des panels et des défilés.

    Au-delà de sa dimension commerciale, le Nairobi Fashion Week constitue un levier économique majeur. L’événement contribue à la création d’emplois et offre aux créateurs une visibilité plus conséquente.

    Plus qu’une simple rencontre, le Nairobi Fashion Week se présente comme un instrument stratégique dans l’industrie créative africaine. Cette édition positionne Nairobi comme un hub continental de la mode éco responsable.

  • focus sur trois entrepreneurs de la maroquinerie en côte d’ivoire

    focus sur trois entrepreneurs de la maroquinerie en côte d’ivoire

    Le secteur de la maroquinerie en Côte d’Ivoire, à l’instar de celui du textile, connaît aujourd’hui un essor remarquable. Portées par une nouvelle génération de créateurs, les productions locales, quoique profondément enracinées dans les techniques héritées des artisans traditionnels, font le pari d’un subtil équilibre entre tradition et modernité, dans un contexte où les tendances restent fortement influencées par les standards occidentaux.
    Des sacs à main aux chaussures , en passant par les ceintures et autres accessoires, l’industrie entière a connu une véritable mutation ces dernières années. Longtemps orientée vers une clientèle féminine, la maroquinerie ivoirienne s’ouvre désormais à un public plus large, avec des collections masculines et unisexes.
    En Côte d’Ivoire particulièrement, les maisons de création se multiplient, portées par un engouement croissant des jeunes pour l’artisanat local. Au-delà de la simple production, ces initiatives visent à démontrer que la qualité ne vient pas uniquement de l’extérieur : le luxe peut aussi bien être conçu et produit localement par des Africains.
    Parmi ces entrepreneurs qui participent à redéfinir les contours de la maroquinerie ivoirienne, certains parcours se distinguent particulièrement.
    * Alice Gnapa
    Diplômée en communication et développement des marques, Alice Gnapa lance sa marque en 2017. Son aventure entrepreneuriale débute avec la transformation du wax en accessoires, avant d’évoluer vers une offre plus large. Aujourd’hui, elle propose des créations diversifiées et dispose de boutiques physiques à Abidjan ainsi qu’aux Champs-Élysées à Paris. Son travail met en avant la noblesse des matières, notamment le cuir, qu’elle sublime à travers des pièces élégantes et contemporaines.
    * Ghislain Tossinou
    C’est d’une contrainte personnelle que naît son projet entrepreneurial. Ne pouvant s’offrir des chaussures de marque, il décide de concevoir les siennes. Rapidement, ses créations séduisent son entourage, l’encourageant à structurer une activité. Aujourd’hui, il développe une marque de chaussures et accessoires destinés aussi bien aux hommes qu’aux femmes, en s’inscrivant pleinement dans une logique de valorisation du savoir-faire local et d’accessibilité du style.
    * Axelle Sanogo
    Titulaire d’un Master en audit et gestion d’entreprise, Axelle Sanogo fonde en 2023 une marque de maroquinerie portant son nom. Sa démarche repose sur une approche rigoureuse : identifier un besoin précis et y répondre par un produit pertinent. Pour ce faire, elle privilégie l’utilisation de matières locales, notamment le cuir, tout en veillant à proposer des créations à la fois fonctionnelles et esthétiques.
    À travers ces trajectoires, la maroquinerie ivoirienne affirme progressivement son identité et son ambition. Ainsi, à mesure que les marques locales gagnent en visibilité, elles participent à redessiner les contours d’une industrie où le “made in Africa” ne se contente plus d’exister, mais aspire désormais à s’imposer comme une référence.

    Vanessa Kaphet

  • la mode africaine : entre tradition et modernité

    la mode africaine : entre tradition et modernité

    La mode africaine est depuis quelques années en pleine évolution. Les créateurs locaux tentent de se réapproprier ce marché qui a longtemps été dominé par les maisons étrangères. Plusieurs marques “made in Africa” ont ainsi vu le jour pendant cette période de réappropriation économique et industrielle.

    Ce secteur d’activité, qui prend ses racines dans les traditions, est riche et diversifié avec des textiles aux motifs variés comme le pagne, le wax, le kente ou le bogolan.Ces étoffes sont, en effet, des marqueurs d’appartenance ethnique et sont pour la plupart portées à des moments spécifiques comme la dot, les funérailles ou les rites d’initiation.

    Le bogolan par exemple est un tissu d’origine malienne qui signifie “issu de la boue”. Il est principalement fait de coton et d’argile. Chacun de ses motifs a une signification particulière. Porté à l’origine par les guerriers, les chasseurs et les guérisseurs, ce tissu a été popularisé par des personnes comme Chris Seydou, couturier malien.

    Toutefois, malgré son ancrage dans les traditions, la mode africaine s’actualise, notamment en tenant compte de l’influence des tendances occidentales sur les goûts des populations, qui est une réalité indéniable. Conscients de ce fait, les stylistes du continent s’attèlent à concilier tradition et modernité, en créant des pièces dans un style contemporain avec des tissus provenant de l’artisanat local.

    En s’adaptant de cette manière, ils valorisent le patrimoine africain et se constituent un marché de plus en plus vaste. En outre, grâce à la promotion de leurs créations sur les réseaux sociaux, ils bénéficient d’une visibilité accrue et contribuent à hisser la mode africaine à l’échelle mondiale.

    La mode africaine s’impose ainsi sur la scène internationale comme un levier d’innovation sans perdre son authenticité.

    Vanessa Kaphet

  • africa sourcing and fashion week : le textile africain à l’offensive mondiale

    africa sourcing and fashion week : le textile africain à l’offensive mondiale

    L’Africa Sourcing and Fashion Week (ASFW) s’impose aujourd’hui comme le plus grand salon dédié au textile, à la mode et au cuir sur le continent africain. Depuis sa création en 2014, cet événement fédère professionnels, créateurs, investisseurs et passionnés venus d’Afrique du Nord, de l’Est et de l’Ouest autour d’une ambition commune : structurer et dynamiser les industries africaines de la mode.

    Pensé comme une plateforme de mise en relation et de valorisation, l’ASFW permet aux acteurs du secteur de promouvoir leurs produits, d’élargir leurs réseaux d’affaires et de capter de nouvelles opportunités d’investissement. Au fil des éditions, le salon a su s’imposer comme un véritable hub stratégique pour l’écosystème textile africain.

    Traditionnellement organisé à Addis-Abeba, en Éthiopie, l’événement connaît depuis quelques années une évolution de son format. Afin de répondre à des contraintes logistiques mais aussi d’élargir son impact, il peut désormais se tenir plusieurs fois dans l’année et dans différentes capitales africaines. L’édition 2026 illustre parfaitement cette dynamique avec deux pays hôtes : le Sénégal et le Kenya.

    Du 26 au 28 mars 2026, le Centre des expositions de Diamniadio, à Dakar, a accueilli exposants, visiteurs et investisseurs venus de plusieurs pays. Le Ghana, notamment, y était représenté à travers des marques telles que Edtex Limited, Northshore Ghana Limited ou encore Manwells Collection. Madagascar a également marqué sa présence avec des entreprises comme Tanacrex, témoignant de la diversité et de la vitalité du secteur sur le continent.

    Le Kenya prendra le relais du 30 avril au 2 mai 2026 au Sarit Expo Center de Nairobi. Cette édition réunira près de 30 pays, environ 200 exposants et devrait attirer plus de 5 000 visiteurs. Pendant trois jours, conférences, défilés et expositions-ventes rythmeront l’événement, avec un objectif clair : promouvoir le « Made in Africa » et encourager la transformation locale des matières premières afin d’attirer davantage d’investissements.

    Au-delà de sa dimension commerciale, l’ASFW constitue un levier économique majeur. En favorisant la structuration des chaînes de valeur locales, l’événement contribue à la création d’emplois et au renforcement des capacités industrielles. Il offre également aux créateurs africains une visibilité accrue sur la scène internationale.

    Plus qu’un simple salon, l’Africa Sourcing and Fashion Week s’impose désormais comme un catalyseur de transformation pour l’industrie textile africaine. À l’heure où le continent cherche à capter une part plus importante de la valeur ajoutée mondiale, cet événement apparaît comme un instrument stratégique au service de son ambition industrielle et créative.

  • le phénomène des wedding planners, un métier en plein essor en afrique

    le phénomène des wedding planners, un métier en plein essor en afrique

    Un mariage luxueux à Abuja / Film Boss Weddings

    Depuis quelques années, le métier de wedding planner (organisateur de mariage) connaît un véritable essor en Afrique, porté par la montée des mariages modernes et l’influence des réseaux sociaux, ce domaine séduit de plus en plus de jeunes entrepreneurs, passionnés par l’univers de l’événementiel. Le mariage, longtemps organisé par la famille, devient aujourd’hui un véritable projet professionnel encadré par des experts capables de transformer un rêve en réalité.

    Qu’est-ce qu’un wedding planner ?

    Le wedding planner est un professionnel chargé d’organiser et de coordonner tous les aspects d’un mariage, du début à la fin. Son rôle est d’accompagner les futurs mariés dans la planification, la gestion du budget, le choix des prestataires (décorateur, traiteur, photographe, etc.) et le bon déroulement de la célébration le jour J. Il agit comme un chef d’orchestre qui veille à ce que chaque détail soit parfaitement exécuté, selon les souhaits du couple.

    Un métier qui séduit une nouvelle génération

    En Afrique, le métier de wedding planner attire une nouvelle vague de jeunes professionnels, conscients du potentiel économique et créatif qu’il représente. C’est en Afrique anglophone, notamment au Nigeria, que ce phénomène a été véritablement vulgarisé. Le pays, connu pour ses mariages somptueux et spectaculaires, a inspiré toute une génération à travers le continent. Les wedding planners nigérians ont su transformer le mariage en une véritable production artistique, où chaque détail compte : de la décoration à la scénographie, tout est pensé pour créer un événement inoubliable.

    Les réseaux sociaux ont également joué un rôle déterminant dans cette évolution. Instagram, Pinterest ou encore TikTok sont devenus de puissantes vitrines pour les créateurs d’événements, leur permettant de partager leurs réalisations et d’attirer une clientèle toujours plus exigeante. Ces plateformes ont contribué à démocratiser le métier, à inspirer les jeunes entrepreneurs africains et à faire naître une nouvelle vision du mariage : plus esthétique, plus organisée et surtout plus professionnelle.

    Aujourd’hui, dans des pays comme le Ghana, le Nigéria, l’Angola, le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun, cette influence se ressent fortement. Les agences de wedding planning se multiplient, offrant des services raffinés et personnalisés, à l’image des standards internationaux tout en préservant la richesse culturelle africaine.

    Une profession d’avenir

    Le développement de ce secteur reflète l’évolution des mentalités et la professionnalisation du marché du mariage en Afrique. Aujourd’hui, les couples recherchent des cérémonies uniques, élégantes et bien organisées. Le wedding planner devient ainsi un acteur incontournable de cet univers, alliant passion, expertise et sens du détail.

    Entre tradition et modernité, le métier de wedding planner s’impose comme une véritable vocation et une opportunité de carrière prometteuse sur le continent africain.

  • quand l’écologie s’installe dans la mode africaine : la mode durable

    quand l’écologie s’installe dans la mode africaine : la mode durable

    kimono en pagne tissé / Marque de prêt à porter “Sokolata”

    Depuis quelques années, une véritable révolution verte souffle sur la mode africaine. Face aux défis environnementaux et à la surconsommation textile mondiale, de jeunes créateurs africains choisissent désormais une voie plus responsable : celle de la mode durable.

    La mode durable, aussi appelée mode éthique ou slow fashion, est une approche de la mode qui vise à réduire l’impact négatif de l’industrie textile sur l’environnement et la société. Elle encourage l’utilisation de matières naturelles ou recyclées, la production locale et de qualité, ainsi que le respect des artisans et des conditions de travail. C’est une manière de consommer la mode de façon plus consciente, en privilégiant la durabilité des vêtements, le respect de la planète et la valorisation du savoir-faire.

    Une prise de conscience nécessaire

    L’Afrique, longtemps perçue comme un simple réceptacle de la fast fashion venue d’Occident, se réveille. Bien que les marchés regorgent encore de vêtements de seconde main, une nouvelle génération de stylistes souhaite rompre avec cette dépendance. Leur objectif : valoriser les savoir-faire locaux, réutiliser les matières existantes et réinventer la mode africaine sans nuire à la planète.

    Des créateurs engagés

    Au Nigeria, au Ghana, en Côte d’Ivoire ou encore au Sénégal, de nombreux designers privilégient aujourd’hui le coton biologique, les fibres naturelles ou le recyclage de tissus. Certains transforment même des chutes de pagnes en accessoires tendance.
    Cette démarche éthique ne se limite pas à l’environnement : elle promeut aussi une économie circulaire, où chaque pièce est pensée pour durer, être réparée ou transformée.

    Un style unique, ancré dans la culture

    La mode durable en Afrique, ce n’est pas seulement une tendance écologique : c’est aussi une affirmation culturelle. En mêlant modernité et héritage traditionnel, les créateurs africains prouvent qu’il est possible d’être stylé en incorporant des pagnes ou tissus traditionnels et en respectant la nature. Les vêtements deviennent des symboles d’identité, de fierté et de responsabilité.

    Vers un futur plus vert

    Si le chemin reste long, les mentalités changent. Les consommateurs africains sont de plus en plus sensibles à la provenance et à la qualité des vêtements qu’ils achètent. L’avenir de la mode sur le continent semble donc se dessiner autour d’un mot d’ordre : durabilité.

    Sephora W.

  • anka, la plateforme n°1 du e-commerce africain, rachetée par global shop group

    anka, la plateforme n°1 du e-commerce africain, rachetée par global shop group

    Acquisition de Anka par Global shop group / LinkedIn Moulaye Tabouré

     

    L’équipe Anka / Forbes Afriques

     

    C’est une page d’histoire qui se tourne pour l’écosystème numérique africain. Dix ans après sa création, la plateforme ivoirienne ANKA, anciennement Afrikrea, pionnière de l’e-commerce Made in Africa, a été acquise par le groupe américain Global Shop Group. Une nouvelle étape symbolique pour cette entreprise qui, depuis le 30 janvier 2015, fait rayonner le savoir-faire africain (mode et accessoires, maison et décoration, beauté et bien-être, culture et artisanat) à l’international.

    Fondée par Moulaye Tabouré, Abdoul Kadry Diallo, Luc B. Perussault et Guillaume Darnaudet, ANKA (qui signifie “Notre” en bambara) est née d’une vision simple mais ambitieuse : permettre aux créateurs, marques et artisans africains de vendre leurs produits dans le monde entier, tout en simplifiant la gestion des paiements et des expéditions. En une décennie, la plateforme a enregistré plus de 60 millions de dollars de transactions dans 175 pays et contribué à la création de plus de 10 000 emplois dans 46 pays africains. Pour de nombreux entrepreneurs comme Nanawax, Khangadelic ou Tinamasese, ANKA a représenté une véritable passerelle vers les marchés internationaux, favorisant l’émergence d’un commerce africain équitable, digital et durable.

    L’impact de la plateforme est concret. Plus de la moitié des vendeurs y ont réalisé leur première vente internationale, ouvrant la voie à une nouvelle génération de créateurs africains connectés au monde. Certaines marques ont même vu leurs créations portées par des icônes mondiales telles que Beyoncé, Alicia Keys ou Lupita Nyong’o. Des entreprises comme Keerah Fashion Cave, qui emploie plus de 200 personnes, ont exporté pour plus d’un demi-million de dollars de robes de bal vers les États-Unis en un seul trimestre, un succès rendu possible grâce à l’infrastructure et à l’accompagnement d’ANKA.

    Avec ce rachat, Global Shop Group ambitionne de renforcer la présence mondiale d’ANKA tout en préservant son ADN africain. La direction opérationnelle sera désormais confiée à Matilda Ceesay, diplômée du MIT et spécialiste de la mode, chargée de propulser la marque dans une nouvelle phase de croissance. De son côté, l’ancien CEO Moulaye Tabouré a annoncé vouloir prendre du recul après cette décennie intense, tout en restant actif dans la promotion de l’entrepreneuriat africain.

    Le parcours d’ANKA incarne l’histoire d’une Afrique créative, connectée et exportatrice de valeur. Au-delà des chiffres, la plateforme symbolise une philosophie : celle de rendre le commerce mondial accessible aux talents africains. En rejoignant Global Shop Group, ANKA s’ouvre à de nouvelles perspectives et confirme qu’une vision née à Abidjan peut désormais influencer le commerce international.

     

    Sephora W.

  • kenya fashion week 2025 : l’innovation mise à l’honneur

    kenya fashion week 2025 : l’innovation mise à l’honneur

    Defilé Preview Kenya Fashion week 2025 / Official Kenya Fashion Week

     

    Au Kenya se tient la 7ᵉ édition de la Fashion Week, le 17 Octobre pour la phase “preview”, avant l’événement principal prévu le 1ᵉʳ novembre au Sankara Hotel, à Westlands (Nairobi).
    Cette édition met à l’honneur des créateurs venus de tout le continent africain, avec une attention particulière portée aux talents kényans à travers le Students Fashion Design Award (SFDA).

    La Kenya Fashion Week place cette année l’innovation au cœur de son programme, en mettant un point d’honneur sur le développement des vêtements durables. Ce concept repose sur la création de pièces respectueuses de l’environnement, fabriquées à partir de matières recyclées, biologiques ou locales, et pensées pour durer dans le temps.

    Dans un continent où l’industrie textile est en pleine croissance, les enjeux sont considérables : il s’agit de réduire les déchets issus de la fast fashion, de valoriser les savoir-faire artisanaux et de promouvoir une production responsable adaptée aux réalités africaines.

    Un rendez-vous où la créativité, l’élégance africaine et le design durable se rencontrent pour redéfinir la mode contemporaine du continent.

    Sephora W