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  • le faso danfani, un tissu qui raconte l’histoire du burkina faso

    le faso danfani, un tissu qui raconte l’histoire du burkina faso

    Tissé à la main selon des techniques transmises de génération en génération, le Faso dan fani également orthographié Faso danfani occupe une place particulière dans le patrimoine du Burkina Faso et s’impose aujourd’hui comme un symbole d’identité culturelle.

    Le terme Faso Danfani signifie littéralement “pagne tissé de la patrie” en langue dioula. Bien avant l’époque contemporaine, les artisans burkinabè fabriquaient déjà ce tissu sur des métiers à tisser traditionnels. Les bandes obtenues étaient ensuite assemblées pour former des pagnes, des couvertures ou encore des vêtements.

    Le Faso Danfani acquiert une dimension politique dans les années 1980 sous le règne de Thomas Sankara. Convaincu que le développement passe aussi par la valorisation des productions locales, il encourage les Burkinabè à porter des vêtements confectionnés à partir de ce tissu national.

    Cette initiative dépasse le simple cadre vestimentaire. Elle vise à soutenir les artisans, créer des emplois, réduire la dépendance aux importations et renforcer la fierté nationale.

    La fabrication du Faso Danfani suit plusieurs étapes. Après la préparation des fils de coton, ceux-ci sont teints avant d’être installés sur un métier à tisser. Les tisserands réalisent de longues bandes étroites qui sont ensuite cousues les unes aux autres.

    Aujourd’hui encore, de nombreuses coopératives de femmes et ateliers d’artisans perpétuent cette tradition. Leur travail contribue à préserver un patrimoine culturel tout en assurant des revenus à leurs familles.

    Cette évolution participe au rayonnement international du tissu, désormais apprécié bien au-delà des frontières du Burkina Faso. Les créateurs y voient une matière noble capable de séduire une clientèle en quête d’authenticité et de mode responsable.

    Face à la concurrence des tissus industriels imitant son apparence, les artisans et les autorités burkinabè multiplient les initiatives pour protéger l’authenticité du Faso Dan Fani. La labellisation de plus d’ une centaine de motifs ainsi que l’agrément d’utilisation du label Faso dan fani figurent parmi les principaux leviers pour assurer la transmission de ce savoir-faire.

    Au-delà de son esthétique, le Faso Danfani rappelle que le textile peut être le reflet de l’histoire, de la culture et des aspirations d’une nation. Porter ce pagne, c’est également porter un héritage, celui d’un peuple qui a choisi de faire de son artisanat un symbole de dignité et de fierté.

  • immersion au cœur de la gastronomie camerounaise

    immersion au cœur de la gastronomie camerounaise

    Le Cameroun est surnommé l’Afrique en miniature en raison de la diversité de sa végétation et de ses peuples. Cette diversité se reflète également dans ses traditions culinaires. En effet, la cuisine camerounaise est à l’image de ses 250 groupes ethniques: riche, diverse, variée. Chaque région de ce pays d’Afrique centrale, offre des techniques de cuisson et des spécialités propres à son histoire.

    L’alimentation quotidienne des populations repose sur des produits locaux notamment le manioc, la banane plantain, le taro, le maïs, les légumes feuilles, l’huile de palme ainsi que des épices locales. À ces ingrédients peuvent s’ajouter le poisson, les crevettes ou encore la volaille qui aident à confectionner divers plats.

    Parmi les plus appréciés, il y a le ndolé qui est souvent considéré comme le plat national. Il est cuisiné à partir de feuilles de vernonia communément appelées feuilles de ndolé au cameroun et de pâte d’arachide, de viande ou de crevettes. Il est généralement consommé avec des morceaux de banane plantain frite ou des bâtons de manioc.

    Une autre spécialité très appréciée est le poulet DG. C’est un plat fait de bananes plantain mûres frites, de poulet frit ainsi que de légumes (carottes, haricots verts, poivrons) et épices locales. À l’origine, il était réservé aux personnalités de haute importance sociale puis s’est popularisé dans toutes les classes sociales.

    Le eru figure aussi parmi les plats emblématiques camerounais. Plat principalement composé de plantes potagères notamment le Gnetum africanum et le talinum ou d’épinards, il contient également de l’huile de palme, de la peau de bœuf et du poisson fumé.

    Aujourd’hui, la cuisine camerounaise dépasse les frontières nationales. Elle est revisitée avec une touche de modernisme par les chefs de la diaspora qui participent ainsi à sa vulgarisation afin de la faire rayonner sur la scène internationale.

  • focus sur trois créateurs de bijoux en côte d’ivoire

    focus sur trois créateurs de bijoux en côte d’ivoire

    À l’instar du secteur du textile et du secteur de la maroquinerie, celui de la joaillerie-horlogerie connaît ces dernières années, un essor remarquable. Les créateurs locaux réussissent le pari audacieux d’allier les traditions locales et le savoir-faire occidental pour créer des pièces uniques inspirées du terroir et ancrées dans les réalités locales.

    Des parures de haute joaillerie aux accessoires du quotidien, l’industrie connaît un véritable renouveau.
    En Côte d’Ivoire particulièrement, les bijouteries et joailleries se multiplient, portées par un engouement croissant des ivoiriens pour le luxe local. Parmi ces entrepreneurs qui participent à redéfinir les contours de la bijouterie, plusieurs parcours se distinguent particulièrement.

    Aïssata Dia

    Fascinée par les diamants, Aïssata décide en 2021 de se faire former en gemmologie. En quête d’une formation de qualité, l’ancienne miss Côte d’Ivoire s’inscrit dans l’un des plus réputés instituts de gemmologie : HRD Antwerp. Elle y obtient une certification professionnelle de diamond trader, un titre qui atteste ses compétences dans l’achat, l’évaluation et la vente de diamants. Portée par cette fascination pour le diamant qu’elle considère comme un outil d’expression créative, Aïssata décide de fonder sa marque de joaillerie de luxe. Ce projet se matérialise le 28 novembre 2024.

    Fiacre Asseke

    Fiacre Asseke a appris les techniques et l’art de la joaillerie italienne a Valenza. Après ses études, il décide en 2000 de retourner dans son pays la Côte d’ivoire et d’entreprendre dans son domaine de formation. Le milieu étant à cette époque dominé par les maisons occidentales, il commence d’abord par proposer à des particuliers des pièces de grands joailliers Italiens. Cette activité lui permet d’ouvrir sa toute première boutique dans la commune de Cocody.

    Marie-Clarisse Boka

    Marie-Clarisse Boka est une créatrice autodidacte. Guidée par sa passion pour la mode, les strass et paillettes mais surtout pour les bijoux africains, elle a créé une marque de bijoux faits mains avec des matériaux typiquement africains tels que des cauris ou des perles baoulé.

    À travers ces différents parcours entrepreneuriaux, l’industrie du luxe made in Côte d’ivoire affirme son ambition de s’imposer comme une référence d’abord à l’échelle nationale puis internationale.

  • la mode africaine peut-elle bâtir ses propres maisons de luxe ?

    la mode africaine peut-elle bâtir ses propres maisons de luxe ?

    Les créateurs africains gagnent en visibilité, habillent des célébrités et défilent désormais sur les grandes scènes internationales. Pourtant, peu de leurs marques disposent encore de la puissance financière, industrielle et commerciale des maisons européennes. Pour faire naître ses propres géants du luxe, l’Afrique devra transformer son extraordinaire richesse créative en entreprises capables de traverser les générations.

    Le luxe mondial emprunte depuis longtemps à l’Afrique. Ses maisons utilisent ses cotons, ses cuirs, ses motifs, ses fibres naturelles, ses techniques de tissage et le travail de ses artisans. Ses créateurs s’inspirent régulièrement des silhouettes, des bijoux et des symboles du continent. Pourtant, la plus grande partie de la valeur économique est encore créée ou captée ailleurs.

    L’Afrique fournit les matières, les récits et parfois la main-d’œuvre. Paris, Milan, Londres et New York conservent généralement les marques, les réseaux de distribution, les boutiques prestigieuses, les capitaux et la relation avec le client final.

    Ce déséquilibre commence néanmoins à être contesté. De Johannesburg à Lagos, d’Accra à Dakar, de Kigali à Casablanca, une nouvelle génération de créateurs ne veut plus seulement participer à la mode internationale. Elle entend produire ses propres références, imposer ses prix et raconter le continent sans passer par le regard d’une maison étrangère.

    Le talent existe. La demande progresse. Reste à savoir si ces marques peuvent devenir de véritables maisons de luxe.

    Un créateur reconnu n’est pas encore une maison

    Le mot « luxe » est souvent utilisé pour désigner toute création africaine coûteuse, faite à la main ou destinée aux cérémonies. Une maison de luxe ne se résume pourtant ni à un prix élevé ni à la notoriété de son fondateur.

    Elle possède d’abord une identité immédiatement reconnaissable. Elle développe ensuite des savoir-faire précis, contrôle la qualité de ses produits et construit un univers cohérent autour de ses collections. Elle dispose également d’une organisation capable de produire, de vendre, de communiquer et de distribuer sans dépendre entièrement de la présence personnelle du créateur.

    Une véritable maison peut survivre à son fondateur. Elle conserve ses archives, protège ses créations, forme ses artisans et transmet ses codes. Elle développe progressivement plusieurs catégories : prêt-à-porter, maroquinerie, chaussures, bijoux, parfums, objets, décoration ou hospitalité.

    Chanel ne se limite plus aux vêtements imaginés par Gabrielle Chanel. Louis Vuitton n’est plus seulement un fabricant de malles. Hermès a transformé des savoir-faire artisanaux en un système mondial associant rareté, qualité, patrimoine et maîtrise de la distribution.

    La mode africaine possède de nombreux designers remarquables. Elle dispose encore de peu d’institutions comparables.

    Des pionniers montrent que le passage est possible

    Certaines marques africaines ont déjà franchi plusieurs étapes déterminantes.

    En Afrique du Sud, Thebe Magugu a remporté le prix LVMH en 2019, devenant le premier créateur africain à recevoir cette distinction. Sa marque construit ses collections autour de l’histoire, de la société et des identités sud-africaines, sans réduire le continent à des imprimés considérés comme « ethniques ». Cette reconnaissance a démontré qu’une esthétique élaborée à Johannesburg pouvait s’inscrire dans le calendrier mondial de la mode sans renoncer à sa profondeur locale.

    Toujours en Afrique du Sud, MaXhosa Africa a développé un langage visuel fondé sur les motifs et les pratiques culturelles xhosa, réinterprétés dans des pièces de maille contemporaines. La marque se présente ouvertement comme une maison africaine de luxe. Elle possède désormais huit boutiques en Afrique du Sud et a déjà exploité un point de vente à New York. Son développement montre qu’un label africain peut dépasser le cercle des défilés et construire un véritable réseau commercial.

    Le Camerounais Imane Ayissi incarne une autre trajectoire. Installé à Paris, il a bâti une maison indépendante qui associe des techniques de couture françaises à des textiles et savoir-faire africains. Sa présence régulière au calendrier officiel de la Haute Couture Week constitue un symbole puissant : un créateur africain peut être reconnu dans l’un des espaces les plus codifiés du luxe mondial. La Fédération de la haute couture et de la mode le présente d’ailleurs comme le fondateur d’une maison mêlant héritages africains, allure parisienne et artisanat d’exception.

    Au Nigeria, des marques comme Lisa Folawiyo, Kenneth Ize, Orange Culture ou IAMISIGO ont également contribué à renouveler la perception de la mode africaine. Au Ghana, Christie Brown a construit une identité contemporaine à partir de techniques et de références locales. Au Rwanda, Moshions revisite les tenues cérémonielles et les codes royaux. Ces marques ne proposent pas une esthétique africaine uniforme. Elles montrent au contraire qu’il existe plusieurs modernités africaines, liées à des histoires, des villes et des cultures différentes.

    L’enjeu n’est donc plus de prouver que l’Afrique possède des créateurs capables de produire du luxe. Il est de leur permettre de bâtir des entreprises à la hauteur de leur talent.

    Un potentiel immense, mais une valeur encore mal captée

    Le continent dispose de presque tous les ingrédients nécessaires. Trente-sept pays africains produisent du coton. Il possède également du cuir, de la soie, du raphia, de la laine, des fibres végétales, des métaux précieux et une grande diversité de savoir-faire artisanaux. L’Afrique exporte chaque année environ 15,5 milliards de dollars de textiles, de vêtements et de chaussures, tout en en important pour plus de 23 milliards de dollars. Cette différence illustre la difficulté persistante à transformer localement les matières et à capter la valeur finale.

    L’UNESCO estime pourtant que la demande pour la haute couture africaine pourrait progresser de 42 % sur une décennie. Le continent organise déjà une trentaine de Fashion Weeks chaque année. Son marché intérieur se développe, tandis que les diasporas recherchent davantage de marques capables d’exprimer leurs identités sans renoncer aux standards internationaux du luxe.

    La demande n’est donc pas inexistante. Elle reste fragmentée.

    Une cliente africaine fortunée peut acheter un sac européen dans une boutique parfaitement organisée, bénéficier d’un service après-vente et retrouver la même marque à Paris, Dubaï ou New York. Une maison africaine indépendante dispose rarement d’un tel réseau. Ses délais peuvent être irréguliers, ses tailles limitées, ses frais de livraison élevés et ses possibilités de retour complexes.

    Le produit peut être exceptionnel. L’expérience commerciale demeure parfois insuffisante. Or, dans le luxe, cette expérience fait partie du produit.

    Le premier obstacle reste le financement

    La création d’une maison demande un capital patient. Il faut financer les prototypes, les matières, les salaires, les ateliers, les collections, les défilés, les stocks et la communication avant même de réaliser les ventes.

    Beaucoup de marques africaines sont financées par les économies personnelles du créateur, les commandes de clientes ou de petites subventions. Elles produisent presque exclusivement à la demande. Ce modèle limite le risque financier, mais empêche souvent de livrer rapidement les détaillants, de constituer un stock ou d’ouvrir des boutiques.

    Les banques considèrent encore la mode comme une activité incertaine. Elles comprennent mieux la valeur d’un bâtiment ou d’une machine que celle d’un dessin, d’une réputation ou d’une communauté numérique. Les fonds d’investissement, de leur côté, recherchent généralement une croissance rapide et une sortie relativement proche. Cette logique correspond mal au luxe, qui se construit dans la durée.

    La Banque africaine de développement a créé Fashionomics Africa pour soutenir les entrepreneurs du textile, de l’habillement et des accessoires. Ses programmes proposent de la formation, de l’accompagnement et certains financements. Mais les concours et subventions de quelques milliers de dollars ne peuvent remplacer les millions nécessaires pour structurer une maison, ouvrir des boutiques et entrer sur plusieurs marchés.

    L’Afrique a besoin de véhicules d’investissement spécialisés dans les industries créatives. Ces investisseurs devront accepter une croissance progressive, respecter l’indépendance artistique des fondateurs et empêcher que les marques les plus prometteuses ne cèdent trop tôt leur contrôle ou leurs droits à des groupes étrangers.

    Produire en Afrique demeure un combat

    Le continent produit du coton, mais l’envoie souvent à l’étranger avant de racheter le tissu ou le vêtement fini. Dans plusieurs pays, il manque des filatures, des unités de teinture, des tanneries modernes, des fabricants de boutons, de fermetures, de semelles ou d’emballages haut de gamme.

    Un créateur peut dessiner une collection à Lagos, commander un tissu en Europe ou en Asie, faire produire certains accessoires ailleurs, assembler les vêtements localement puis les réexporter vers ses clients. Cette fragmentation augmente les coûts et les délais.

    Les marques rencontrent également des difficultés à produire en quantité constante. Il existe d’excellents artisans, mais tous les ateliers ne disposent pas d’équipements adaptés, de procédures de contrôle ou de capacités suffisantes pour répondre à une commande internationale. Lagos Fashion Week a elle-même identifié la production commerciale comme l’un des principaux défis des designers et développé des programmes de formation à la fabrication.

    Le paradoxe est saisissant. Des artisans kényans ou burkinabè peuvent intégrer les chaînes de fournisseurs de maisons européennes grâce à des programmes internationaux, alors que peu de marques africaines ont les moyens de mobiliser ces mêmes compétences pour leur propre expansion. L’International Trade Centre accompagne ainsi des groupes d’artisans africains afin qu’ils deviennent fournisseurs de marques internationales de luxe.

    Le savoir-faire existe donc. Ce qui manque souvent est l’entreprise capable de l’organiser, de le financer et de le commercialiser sous une marque africaine.

    L’Afrique ne doit pas copier Paris

    La tentation serait de reproduire le modèle européen : saisons nombreuses, boutiques monumentales, campagnes coûteuses et validation par les Fashion Weeks occidentales.

    Une maison africaine de luxe ne doit pourtant pas devenir une imitation de Dior ou de Gucci agrémentée de références africaines. Sa force résidera précisément dans sa capacité à construire un modèle différent.

    Elle peut travailler avec des artisans dispersés sur plusieurs territoires, produire en petites séries, documenter l’origine de chaque matière et faire de la transmission des techniques un élément central de son identité. Elle peut proposer des vêtements adaptés aux climats africains, aux morphologies, aux cérémonies et aux pratiques sociales du continent.

    Elle peut aussi créer un luxe moins exclusivement vestimentaire. Les maisons africaines pourraient s’étendre à la décoration, au mobilier, aux parfums, aux bijoux, à l’hôtellerie ou à la gastronomie. Thebe Magugu a, par exemple, investi dans un espace mêlant boutique, création, art et hospitalité au Cap. Cette diversification rappelle qu’une maison vend moins un objet isolé qu’un univers culturel.

    La durabilité représente un autre avantage possible. Le luxe africain repose souvent sur la production limitée, le travail manuel, la réparation, le tissage et l’utilisation de matières locales. Ces pratiques répondent à une attente croissante de traçabilité et de sens. Elles ne doivent cependant pas être romancées : l’artisanat ne peut devenir un argument marketing que si les artisans sont correctement rémunérés, formés et associés à la valeur créée.

    Sortir du piège du folklore

    Pour séduire les marchés internationaux, certains créateurs africains subissent une injonction contradictoire. Ils doivent être assez « africains » pour paraître originaux, mais suffisamment proches des codes occidentaux pour être jugés luxueux.

    Cette attente pousse parfois les marques à multiplier les imprimés, les perles et les références immédiatement reconnaissables. Elle réduit la diversité du continent à quelques signes décoratifs.

    Les futures maisons africaines devront pouvoir produire une robe noire, un costume minimaliste ou un sac en cuir sans que leur africanité soit remise en cause. Une maison française n’est pas obligée d’imprimer la tour Eiffel sur chaque produit. Une marque japonaise peut exprimer sa culture par la coupe, le rapport au tissu ou la philosophie du vêtement, sans utiliser constamment des symboles traditionnels.

    L’identité africaine du luxe pourra résider dans les matières, les méthodes, les récits, les proportions, les couleurs ou l’organisation même de la production. Elle n’a pas besoin d’être littérale.

    Le succès de Thebe Magugu tient justement à cette capacité à raconter l’Afrique du Sud de manière complexe, à travers l’histoire, la politique, la famille et la modernité, plutôt qu’à reproduire une vision générique du continent.

    Des marques fortes exigent aussi des institutions fortes

    Les créateurs ne pourront pas tout construire seuls. Les États doivent cesser de considérer la mode comme une succession de défilés et de cérémonies.

    Une politique industrielle de la mode doit relier agriculture, textile, artisanat, formation, commerce, culture, tourisme et propriété intellectuelle. Elle doit soutenir les ateliers, faciliter l’importation des équipements, améliorer les infrastructures logistiques et accompagner les exportations.

    Les écoles doivent former des designers, mais aussi des modélistes, acheteurs, responsables de production, spécialistes du cuir, photographes, directeurs commerciaux et gestionnaires de marques. Les maisons européennes ne reposent pas sur un seul génie créatif. Elles emploient des milliers de professionnels qui restent largement invisibles.

    Il faut également construire des lieux de vente. Lagos, Johannesburg, Accra, Nairobi, Le Caire, Casablanca, Abidjan ou Dakar ont besoin de grands magasins, de concept stores et de plateformes capables de sélectionner les marques africaines, de les présenter dans un environnement premium et de rassurer les consommateurs. Les détaillants spécialisés jouent déjà un rôle croissant en Afrique du Sud, au Nigeria, au Maroc, en Égypte et au Kenya, mais l’écosystème reste très inégal selon les pays.

    La coopération continentale peut enfin réduire la fragmentation des marchés. En juillet 2025, l’International Trade Centre préparait le lancement d’une Alliance panafricaine de la mode conçue à partir des besoins exprimés par les designers eux-mêmes. Une telle structure peut favoriser les échanges de compétences, l’accès aux fournisseurs et la présence collective sur les marchés internationaux.

    Construire des maisons capables de durer

    Oui, la mode africaine peut bâtir ses propres maisons de luxe. Certaines sont déjà en train d’apparaître.

    Mais la créativité ne suffira pas. Une collection acclamée ne constitue pas encore une entreprise solide. Une célébrité photographiée dans une tenue ne garantit pas des ventes durables. Un défilé à Paris ne remplace ni une usine, ni un réseau de boutiques, ni un système de gestion.

    La prochaine étape consiste à transformer les créateurs en dirigeants entourés de professionnels compétents. Elle suppose de documenter les archives, protéger les marques, sécuriser les approvisionnements, former les artisans et préparer la succession.

    Une maison africaine ne devra pas seulement être portée par le nom d’une personnalité. Elle devra pouvoir continuer à créer lorsque son fondateur se retirera. C’est à ce moment qu’elle cessera d’être simplement un label pour devenir une institution.

    L’Afrique a déjà offert au monde des textiles, des techniques et des imaginaires extraordinaires. Elle doit désormais conserver la propriété des récits, des entreprises et des marges qui en découlent.

    Ses futures maisons de luxe ne naîtront pas en copiant les symboles européens de prestige. Elles s’imposeront lorsqu’elles réussiront à transformer les cultures du continent en univers contemporains, désirables et maîtrisés de bout en bout.

    Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si l’Afrique peut produire des vêtements assez beaux ou assez chers pour être qualifiés de luxueux. Il est de savoir si elle peut construire des marques assez solides pour devenir, dans cinquante ans, les références mondiales que les générations suivantes continueront de désirer.

  • vins d’afrique : l’afrique du sud peut-elle encore être rejointe ?

    vins d’afrique : l’afrique du sud peut-elle encore être rejointe ?

    Avec ses domaines historiques, ses appellations, ses routes des vins et sa présence sur les marchés internationaux, l’Afrique du Sud règne presque sans partage sur le vin africain. Du Maroc à l’Éthiopie, de nouveaux producteurs cherchent pourtant à faire émerger d’autres terroirs. Peuvent-ils réellement combler l’écart ?

    À l’échelle mondiale, l’expression « vin africain » renvoie presque automatiquement à l’Afrique du Sud. Stellenbosch, Constantia, Paarl, Franschhoek ou Swartland ont acquis une notoriété que ne possède encore aucune autre région viticole du continent. Le pays dispose de domaines séculaires, d’une industrie structurée, d’œnologues reconnus, d’un système d’appellations, d’infrastructures touristiques et de réseaux d’exportation capables de placer ses bouteilles sur les grandes tables internationales.

    Cette domination est si forte qu’elle finit parfois par masquer une réalité plus complexe : l’Afrique ne possède pas un seul vignoble. Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont une longue histoire viticole. L’Éthiopie et le Kenya expérimentent des productions en altitude. La Namibie et le Zimbabwe développent quelques projets. Dans plusieurs pays, une classe moyenne urbaine, le tourisme et la restauration haut de gamme stimulent également la demande.

    La question n’est donc plus de savoir si d’autres vins africains peuvent exister. Ils existent déjà. Il s’agit plutôt de déterminer s’ils peuvent un jour rejoindre l’Afrique du Sud en matière de production, de réputation et de puissance commerciale.

    Une avance qui se compte en siècles

    Le premier vin produit au Cap remonte au XVIIe siècle. Depuis, l’Afrique du Sud a construit un écosystème complet. Elle ne cultive pas seulement la vigne : elle forme des professionnels, certifie les origines, organise la commercialisation, attire les touristes et entretient une image collective de ses régions viticoles.

    En 2025, le pays a produit environ 10,2 millions d’hectolitres de vin, soit près de 4,5 % de la production mondiale. Ce volume, en hausse de 16,2 % par rapport à 2024, plaçait l’Afrique du Sud parmi les principaux producteurs internationaux, à proximité de l’Australie et de l’Argentine. Aucun autre pays africain n’apparaît dans cette catégorie.

    La puissance sud-africaine repose également sur l’exportation. En 2025, le pays a exporté environ 264 millions de litres, pour une valeur estimée à 9,8 milliards de rands. Même si les volumes ont reculé par rapport à l’année précédente, ces chiffres restent sans équivalent sur le continent. L’Afrique du Sud ne vend pas uniquement à ses voisins. Ses vins sont présents au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, au Canada et sur de nombreux marchés africains.

    À cette force industrielle s’ajoute une véritable diplomatie du terroir. Les domaines du Cap vendent une expérience : paysages, gastronomie, patrimoine architectural, dégustations, hôtels et restaurants. En 2025, Klein Constantia a même été désigné meilleur vignoble d’Afrique par le classement World’s 50 Best Vineyards. Le vin sud-africain fonctionne ainsi comme un produit agricole, une industrie culturelle et un instrument touristique.

    Le Maroc, le concurrent le plus crédible

    Parmi les autres producteurs africains, le Maroc semble disposer du potentiel le plus immédiatement comparable, au moins sur le segment des vins de qualité.

    La vigne y est ancienne. Elle bénéficie de zones méditerranéennes, de l’influence de l’Atlantique et de vignobles situés en altitude, notamment autour de Meknès. Le pays possède aussi des classifications géographiques et plusieurs terroirs identifiés. Sa production est estimée à plusieurs dizaines de millions de bouteilles par an, très loin des volumes sud-africains, mais suffisante pour alimenter un marché intérieur, le secteur touristique et quelques débouchés internationaux.

    Le Maroc a surtout compris qu’il ne pouvait pas affronter l’Afrique du Sud sur le seul terrain du volume. Certains domaines misent donc sur la montée en gamme, les vins de propriété, les cépages méditerranéens et une identité liée à l’Atlas. Cette stratégie peut donner naissance à des bouteilles distinctives, capables d’intéresser les amateurs à la recherche de nouveaux terroirs.

    Le pays possède aussi un avantage touristique évident. Marrakech, Fès, Casablanca, Essaouira et Meknès attirent déjà une clientèle internationale. Le vin peut être intégré à une offre plus large associant gastronomie, patrimoine, hôtellerie et art de vivre.

    Le principal obstacle reste sa visibilité. Sur les marchés internationaux, le Maroc est beaucoup plus connu pour son tourisme, sa cuisine ou son artisanat que pour ses vins. Ses producteurs doivent encore bâtir une marque collective aussi forte que celle du Cap.

    La Tunisie et l’Algérie, deux héritages sous-exploités

    La Tunisie possède elle aussi une tradition viticole ancienne, particulièrement autour du Cap Bon. Ses rosés, favorisés par le climat méditerranéen, pourraient trouver une place naturelle sur les marchés touristiques et dans la restauration estivale.

    Le pays produit plusieurs dizaines de millions de bouteilles selon les estimations sectorielles, mais son industrie demeure peu visible à l’extérieur. Une grande partie de la consommation reste locale et les exportations commerciales enregistrées sont modestes. La Tunisie dispose donc davantage d’un patrimoine viticole que d’une véritable puissance de marque.

    L’Algérie présente un cas encore plus paradoxal. Le pays fut, pendant la période coloniale, l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux. Cette industrie répondait alors largement aux besoins du marché français. Après l’indépendance, les surfaces et les débouchés se sont fortement contractés.

    L’Algérie conserve pourtant un important patrimoine de vigne. L’Organisation internationale de la vigne et du vin estimait l’ensemble de son vignoble à environ 68 000 hectares en 2025, toutes utilisations du raisin confondues. Des terroirs existent notamment dans l’ouest, autour de Mascara, Mostaganem et Tlemcen. Mais l’industrie souffre d’un manque d’investissements, de modernisation, de visibilité et de stratégie internationale.

    Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie possèdent ainsi des conditions climatiques, des savoir-faire et une profondeur historique. Leur difficulté n’est pas seulement de produire. Elle est de transformer cet héritage en marques contemporaines, exportables et identifiables.

    L’Afrique de l’Est invente un autre modèle

    Plus au sud et à l’est du continent, les nouvelles expériences viticoles suivent une trajectoire différente. Elles ne reposent pas sur une grande tradition méditerranéenne, mais sur l’altitude, l’innovation agronomique et la recherche de terroirs inattendus.

    En Éthiopie, des vignobles ont été établis autour de Ziway, à environ 1 600 mètres d’altitude. Cette hauteur permet de modérer les températures équatoriales et de créer des écarts thermiques favorables à la maturation du raisin. Les domaines y produisent notamment du cabernet-sauvignon, du merlot, de la syrah et du chardonnay.

    Le pays présente une singularité : l’absence d’hiver viticole comparable à celui de l’Europe permet, dans certaines conditions, plusieurs cycles de culture. Cette possibilité ouvre des perspectives originales, mais oblige aussi à construire presque entièrement les connaissances agronomiques adaptées au contexte local.

    Au Kenya, la vallée du Rift accueille également des vignobles en altitude. Les producteurs mettent en avant les sols volcaniques, les températures relativement régulières et les écarts entre le jour et la nuit. La production demeure confidentielle, mais elle contribue à faire évoluer l’idée selon laquelle la vigne de qualité ne pourrait pousser que dans les régions méditerranéennes ou tempérées.

    Ces pays ne sont pas encore des concurrents industriels de l’Afrique du Sud. Ils peuvent cependant devenir des laboratoires de la viticulture tropicale et développer des vins de niche, associés à une histoire particulièrement forte : celle de vignobles africains cultivés en altitude, près de l’équateur.

    Une domination sud-africaine qui n’est pas sans fragilités

    L’avance de l’Afrique du Sud est considérable, mais son industrie n’est pas invulnérable.

    Le changement climatique affecte déjà les rendements et la régularité des récoltes. La production sud-africaine était tombée à 8,8 millions d’hectolitres en 2024, son plus faible niveau depuis 2005, sous l’effet des pluies, du vent, des inondations, du gel et des maladies. Le rebond de 2025 montre la capacité de récupération du secteur, mais aussi sa dépendance aux conditions climatiques.

    Le pays évolue également dans un marché mondial moins favorable. En 2025, la consommation mondiale de vin était estimée à 208 millions d’hectolitres, en recul de 2,7 % sur un an. Les exportations mondiales diminuaient elles aussi en volume et en valeur. L’ensemble du secteur doit donc composer avec une consommation plus prudente, des changements générationnels et une concurrence accrue.

    L’Afrique du Sud doit enfin poursuivre sa montée en gamme. Une partie de ses exportations reste constituée de vins vendus en vrac ou dans des segments de prix modestes. Le défi est de mieux valoriser ses bouteilles, ses terroirs et ses marques, plutôt que de dépendre principalement des volumes.

    Ces fragilités offrent des espaces à d’autres producteurs africains. Mais elles ne suffisent pas à effacer l’avantage sud-africain.

    Peut-on réellement rattraper l’Afrique du Sud ?

    En volume, la réponse est probablement non, du moins à moyen terme.

    Aucun autre pays africain ne possède simultanément les surfaces, les caves, les compétences, les chaînes logistiques, les institutions de certification, les réseaux d’exportation et la réputation accumulée par l’Afrique du Sud. Construire un tel système demanderait plusieurs décennies et des investissements considérables.

    Mais le rattrapage ne doit pas forcément signifier l’imitation.

    Le Maroc peut devenir une référence des vins de l’Atlas et de la Méditerranée africaine. La Tunisie peut se spécialiser davantage dans les rosés, l’œnotourisme et les accords avec sa gastronomie. L’Algérie peut réhabiliter certains de ses terroirs historiques. L’Éthiopie et le Kenya peuvent se positionner sur les vins d’altitude et les expériences tropicales. D’autres pays peuvent explorer des productions très limitées, premium et destinées au tourisme.

    La prochaine grande réussite viticole africaine ne produira peut-être jamais des centaines de millions de litres. Elle pourrait reposer sur quelques domaines, des appellations crédibles, des bouteilles à forte identité et une narration capable de séduire les marchés internationaux.

    Les conditions du décollage

    Pour faire émerger plusieurs puissances viticoles africaines, cinq conditions paraissent essentielles.

    La première est la recherche agronomique. Les cépages doivent être adaptés aux températures, à l’altitude, aux sols et au stress hydrique propres à chaque région.

    La deuxième est la protection de l’origine. Un vin africain ne peut se différencier durablement sans terroirs définis, règles de production, contrôles de qualité et appellations crédibles.

    La troisième est la formation. Viticulteurs, œnologues, sommeliers, techniciens de cave, spécialistes du marketing et professionnels du tourisme doivent évoluer au sein d’un même écosystème.

    La quatrième est la construction de marques. Produire une bonne bouteille ne suffit pas. Il faut raconter son territoire, choisir ses marchés, organiser sa distribution et créer une identité visuelle cohérente.

    La cinquième est l’œnotourisme. Sur un continent où les volumes resteront souvent limités, les domaines peuvent gagner davantage en vendant une expérience complète : dégustation, restauration, hébergement, patrimoine et découverte des paysages.

    Plusieurs Afriques du vin plutôt qu’un nouveau géant

    L’Afrique du Sud restera encore longtemps la première puissance viticole du continent. Son avance industrielle, commerciale et symbolique est trop importante pour être rapidement remise en cause.

    Mais sa domination ne condamne pas les autres pays à l’invisibilité.

    L’avenir du vin africain ne se jouera probablement pas dans l’apparition d’une deuxième Afrique du Sud. Il reposera plutôt sur l’émergence de plusieurs identités complémentaires : vins méditerranéens du Maghreb, vignobles d’altitude d’Afrique orientale, expériences désertiques ou tropicales et domaines premium tournés vers le tourisme.

    L’Afrique du Sud ne sera peut-être pas rejointe par un seul rival. Elle pourrait en revanche cesser d’être l’unique pays africain reconnu sur la carte mondiale du vin. Ce changement serait déjà considérable.

  • le mil, un aliment multifonction

    le mil, un aliment multifonction

    Longtemps considéré comme une culture secondaire, le mil connaît aujourd’hui un retour remarquable sur la scène alimentaire. Cette petite graine, cultivée depuis des millénaires et capable de résister aux conditions climatiques les plus extrêmes, s’impose désormais comme un modèle de résilience, de nutrition et d’innovation culinaire.

    Son premier atout réside dans sa richesse nutritionnelle. Naturellement pauvre en gluten, le mil constitue une alternative précieuse pour les personnes qui recherchent une alimentation plus digeste. Il se distingue également par sa richesse en fibres, en protéines végétales et en minéraux tels que le fer, le magnésium et le phosphore. À cela s’ajoute un indice glycémique relativement modéré, faisant du mil un aliment clé dans le cadre de la prévention et de la gestion du diabète de type 2 ainsi que dans le maintien d’une alimentation équilibrée.

    Mais le succès du mil ne repose pas uniquement sur ses qualités nutritionnelles. Sa véritable force réside dans sa polyvalence culinaire. Jadis principalement consommé sous forme de bouillies traditionnelles en Afrique ou de galettes dans certaines régions d’Asie, il s’invite aujourd’hui dans une cuisine contemporaine créative et diversifiée.

    Consommé entier, le mil constitue une alternative originale au riz. Transformé en farine, il révolutionne la boulangerie et la pâtisserie en permettant la préparation de pâtisseries et viennoiseries adaptées aux régimes sans gluten. Il sert également dans la fabrication de boissons végétales et de bières artisanales.

    Au-delà de son aspect nutritif, le mil apparaît comme une réponse concrète aux défis environnementaux actuels. Dans un contexte marqué par le changement climatique, cette céréale qui se distingue par sa capacité d’adaptation représente une solution durable pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale.

    Sa valorisation constitue ainsi un levier à la fois agricole, économique et social. En favorisant sa production et sa consommation, les sociétés soutiennent une agriculture plus résiliente tout en offrant aux populations une source d’alimentation accessible, nutritive et durable.

  • les défis liés à la production d’attiéké

    les défis liés à la production d’attiéké

    L’attiéké, cette semoule de manioc fermentée originaire de Côte d’Ivoire, est bien plus qu’un simple accompagnement : c’est un pilier de la sécurité alimentaire et un moteur économique majeur, en particulier pour les femmes. Face à une demande locale de plus en plus croissante et un marché international en pleine expansion, la filière fait pourtant face à d’importants défis de production.
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    ​La production de l’attiéké repose sur un savoir-faire traditionnel transmis de génération en génération, porté majoritairement par les femmes. Cependant, ces méthodes manuelles s’avèrent lentes et épuisantes.
    ​L’épluchage des tubercules, le broyage et l’extraction du jus à l’aide de presses artisanales exigent une force physique considérable. Ces étapes entraînent fréquemment des douleurs corporelles et limitent la productivité.

    ​Le premier défi de la filière commence dans les champs. La production d’attiéké est fonction de la disponibilité constante du manioc. Or, plusieurs facteurs perturbent cet approvisionnement :
    ​L’urbanisation : qui participe à la réduction des terres agricoles cultivables
    ​Aléas climatiques : Les dérèglements de la pluviométrie​
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    ​Le traitement du manioc génère de grandes quantités d’eau d’extraction acide et chargée en cyanure. Ce liquide est très souvent rejeté sans traitement dans l’environnement immédiat et favorise la prolifération de moustiques et dégrade les conditions sanitaires autour des sites de production.
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    ​L’introduction progressive de broyeurs motorisés et de presses hydrauliques portées par des initiatives de développement (telles que les Centres d’Innovations Vertes) permet de multiplier le rendement par dix, faisant grimper la capacité de broyage. L’enjeu majeur reste de financer et de généraliser ces technologies auprès des coopératives rurales.

  • yas fimo 228, quand le togo devient un carrefour de la mode

    yas fimo 228, quand le togo devient un carrefour de la mode

    Événement majeur de mode au Togo et dans la sous-région, fondé par le styliste Jacques Logoh, le Festival International de la Mode au Togo – plus connu sous le nom de YAS FIMO 228 – est dédié à la promotion des acteurs de l’industrie de la haute couture sur le continent.

    Cet événement d’envergure rassemble depuis plus d’une décennie à Lomé des designers, des mannequins et des investisseurs animés par la volonté commune de positionner le savoir-faire africain au sommet. Le festival se donne pour mission essentielle d’offrir aux talents émergents et confirmés une vitrine pour promouvoir l’excellence de leurs collections et du « Made in Africa ».

    ​Durant plusieurs jours, les jardins de l’hôtel Onomo accueillent la soirée de lancement de cette XIIIe édition, les défilés présentant des collections de plusieurs créateurs originaires du Togo et de plusieurs pays d’Afrique, ancrées dans les étoffes locales telles que le batik, des masterclass et la soirée de clôture marquée par un défilé mémorable en présence de plusieurs personnalités politiques, culturelles et artistiques.

    L’événement franchit les frontières togolaises et africaines avec des éditions internationales notamment à Paris, matérialisant une volonté manifeste d’internationalisation et d’ouverture vers de nouveaux marchés. Cette convergence de perspectives renforce l’attractivité du festival.

    L’initiative de Jacques Logoh porte au-delà du spectacle visuel et créatif, une ambition économique et identitaire : encourager la consommation locale et promouvoir les designers du continent.

    Au-delà de sa dimension purement esthétique et commerciale, le festival constitue un levier économique majeur pour la sous-région car il contribue activement à la création d’emplois, à la valorisation des métiers du textile et à l’autonomisation des jeunes créateurs du continent.

  • immersion au cœur de la street food ghanéenne

    immersion au cœur de la street food ghanéenne

    La Street Food ghanéenne est extrêmement prisée en raison de sa diversité de saveurs. Du petit-déjeuner au goûter, sans oublier le déjeuner, ces mets typiques ravissent quotidiennement les palais des populations locales. Elle offre un large choix de spécialités que l’on peut classer en trois grandes catégories.

    Les petit-déjeuners : Le roi incontesté de la matinée est le waakye, un mélange de riz et de haricots rouges. Le waakye s’accompagne de spaghettis, d’œufs bouillis, de morceaux de viande ou de poisson, le tout relevé par un piment noir appelé shito
    En parallèle, il y a les beignets de mil ou de maïs soufflés, souvent escortés d’une bouillie chaude et épicée appelée koko, agrémentée de piment et de gingembre.

    Les déjeuners sont composés de plats plus consistants tels que le riz jollof servi avec des morceaux de poulets frits et du coleslaw. Citons également le banku, une pâte de maïs et de manioc fermentée. Ce dernier se déguste généralement avec une sauce gombo ou s’accompagne de tilapia grillé de piment et de poisson.

    Les goûters et collations ne sont pas en reste. On retrouve ici le kelewele, des morceaux de bananes plantains mûres, épicés au gingembre et au piment, puis frits. Ils se dégustent souvent avec des cacahuètes grillées. On peut également citer le chichinga, des brochettes de viande de bœuf ou de chèvre généreusement enrobées d’épices.

    La street food se présente ainsi comme un pilier fondamental du quotidien des Ghanéens, un miroir de leur culture.

  • Lagos leather fair, un événement qui valorise le cuir

    Lagos leather fair, un événement qui valorise le cuir

    Plateforme sectorielle désormais incontournable, fondée en 2017 par la créatrice de sacs à main, Femi Olayebi, la Lagos Leather Fair est dédiée à la valorisation et à la transformation de l’industrie du cuir sur le continent. Cet événement d’envergure rassemble chaque année au Nigeria des créateurs, des tanneurs, des artisans et des investisseurs animés par la volonté commune de positionner le savoir-faire local au sommet. La foire se donne pour mission essentielle d’offrir aux talents émergents et confirmés une vitrine unique pour promouvoir l’excellence de leurs articles de maroquinerie.

    Durant plusieurs jours, les espaces d’exposition accueillent des visiteurs et des acheteurs venus de divers horizons géographiques. Le Nigeria, fort de sa tradition historique dans le commerce du cuir de Kano, y est magistralement représenté.

    L’événement attire également des délégations d’Afrique de l’Ouest, et de l’occident, matérialisant une volonté manifeste d’internationalisation et d’ouverture vers de nouveaux marchés. Cette convergence de perspectives renforce l’attractivité du salon, favorisant des partenariats stratégiques entre les manufactures locales et les réseaux de distribution mondiaux.

    Le dynamisme de la Lagos Leather Fair se traduit par une diversité d’activités rigoureusement orchestrée notamment des ateliers et masterclasses sur le branding, le marketing digital et l’utilisation de l’IA dans le design; des expositions ventes ainsi qu’une cérémonie de récompense célébrant les acteurs phares du secteur.

    Au-delà de sa dimension commerciale, la Lagos Leather Fair constitue un levier économique majeur pour la région. L’événement contribue activement à la création d’emplois, à la valorisation des métiers de l’artisanat et à l’autonomisation des jeunes créateurs.