Auteur/autrice : origines-api

  • gastronomie africaine : gros plans sur ces restaurants qui font la fierté du patrimoine culinaire du continent

    gastronomie africaine : gros plans sur ces restaurants qui font la fierté du patrimoine culinaire du continent

    Tamsir Ndir, un chef cuisinier qui fait la fierté de la gastronomie africaine dans le monde/
    Photo: BBC



    L’Afrique, riche de sa diversité culturelle et de ses traditions culinaires, est un véritable trésor gastronomique. Les restaurants africains, qu’ils soient traditionnels ou modernes, jouent un rôle essentiel dans la promotion de cette richesse. Ils ne se contentent pas de servir des plats savoureux, mais ils racontent aussi l’histoire, les coutumes et les valeurs des différentes communautés du continent. Voici un aperçu de quelques restaurants emblématiques qui font la fierté de l’Afrique.



    1. Le Restaurant Le Relais de l’Entrecôte – Abidjan, Côte d’Ivoire


    Situé à Abidjan, ce restaurant est célèbre pour sa cuisine ivoirienne authentique et ses plats à base de viande. Le Relais de l’Entrecôte propose une expérience culinaire unique, où les clients peuvent déguster des spécialités locales comme l’attiéké (semoule de manioc fermentée) accompagnée de poisson braisé ou de viande grillée. L’ambiance conviviale et chaleureuse en fait un lieu de rencontre prisé par les habitants et les visiteurs.


    2. La Table de l’Afrique – Dakar, Sénégal


    Ce restaurant est un véritable hommage à la gastronomie sénégalaise. La Table de l’Afrique se distingue par son menu varié qui met en avant des plats traditionnels comme le thieboudienne(riz au poisson) et le yassa (poulet mariné au citron et aux oignons). Avec une décoration inspirée des couleurs et des motifs africains, ce restaurant offre une expérience immersive qui célèbre la culture locale.



    3. Nubuke Foundation Café – Accra, Ghana


    Au sein de la Nubuke Foundation, un espace dédié à l’art et à la culture, ce café propose une cuisine ghanéenne moderne. Les plats sont préparés avec des ingrédients locaux et de saison, mettant en avant des recettes traditionnelles revisitées. Le café est également un lieu de rencontre pour les artistes et les amateurs d’art, créant une atmosphère dynamique et inspirante.


    4. The Test Kitchen – Le Cap, Afrique du Sud


    Considéré comme l’un des meilleurs restaurants d’Afrique, The Test Kitchen, dirigé par le chef Luke Dale-Roberts, propose une expérience gastronomique innovante. Le menu fusionne des influences africaines et internationales, offrant des plats créatifs qui mettent en valeur les ingrédients locaux. La philosophie du restaurant repose sur la durabilité et l’utilisation de produits frais, ce qui en fait un modèle à suivre dans le secteur de la restauration.


    5. Chez Loutcha – Tunis, Tunisie



    Ce restaurant est un incontournable pour ceux qui souhaitent découvrir la cuisine tunisienne authentique. Chez Loutcha propose des plats traditionnels comme le couscous, le tajine et les briks, préparés selon des recettes familiales transmises de génération en génération. L’atmosphère chaleureuse et l’accueil convivial font de ce lieu un véritable havre de paix pour les amateurs de bonne cuisine.


    6. Bistro Afrique – Paris, France


    Bien que situé à l’étranger, Bistro Afrique est un exemple parfait de la manière dont la cuisine africaine peut s’exporter et séduire un public international. Ce restaurant met en avant des plats emblématiques de plusieurs pays africains, offrant une expérience culinaire variée et riche. Les clients peuvent déguster des spécialités comme le bobotie sud-africain ou le poulet maffé du Mali, tout en découvrant des vins africains soigneusement sélectionnés.


    En définitive, les restaurants africains sont bien plus que de simples établissements où l’on mange ; ils sont des ambassadeurs de la culture et de l’héritage du continent. En célébrant la diversité des saveurs et des traditions culinaires, ces restaurants contribuent à renforcer l’identité africaine et à promouvoir le continent sur la scène mondiale. Que ce soit à travers des plats traditionnels ou des créations modernes, la gastronomie africaine continue d’émerveiller et de rassembler les gens autour de la table. En visitant ces restaurants, on ne fait pas seulement l’expérience de la cuisine, mais on s’immerge également dans l’âme vibrante de l’Afrique.

    Thom Biakpa

  • agriculture et entrepreneuriat : l’élevage de volaille en afrique, un secteur en pleine expansion

    agriculture et entrepreneuriat : l’élevage de volaille en afrique, un secteur en pleine expansion

     L’élevage de la volaille est un secteur porteur en Afrique/ photo: Getty Images


    L’élevage de volaille est un secteur en pleine expansion en Afrique, offrant des opportunités économiques significatives pour les agriculteurs et les entrepreneurs. Ce modèle économique repose sur plusieurs éléments clés qui contribuent à sa viabilité et à son succès.

    Demande croissante de protéines animales

    Avec une population en forte croissance et une urbanisation rapide, la demande de protéines animales, notamment de viande de volaille, augmente considérablement. Les consommateurs africains privilégient souvent la volaille en raison de son prix abordable et de sa valeur nutritionnelle. Cela crée un marché dynamique pour les éleveurs.

    Coûts de production et accessibilité

    L’élevage de volaille nécessite des investissements initiaux, mais les coûts de production peuvent être relativement faibles par rapport à d’autres types d’élevage. Les éleveurs peuvent commencer avec un petit nombre de volailles et augmenter progressivement leur cheptel. De plus, l’accès à des aliments pour animaux et à des équipements de base est souvent plus facile dans de nombreuses régions.

    Technologies et innovations

    L’adoption de technologies modernes, telles que l’élevage en batterie, l’alimentation automatisée et les systèmes de gestion de la santé animale, permet d’optimiser la production. De plus, des initiatives de formation et des programmes de soutien technique aident les éleveurs à améliorer leurs pratiques et à augmenter leur rendement.

    Chaînes de valeur et commercialisation

    Le business model de l’élevage de volaille en Afrique s’appuie également sur des chaînes de valeur bien établies. Les éleveurs peuvent vendre leurs produits directement aux consommateurs, aux marchés locaux ou aux détaillants. La création de coopératives peut également renforcer le pouvoir de négociation des éleveurs et améliorer l’accès aux marchés.

    Défis à surmonter

    Malgré les opportunités, l’élevage de volaille en Afrique fait face à plusieurs défis, notamment les maladies aviaires, les fluctuations des prix des aliments pour animaux et l’accès limité au financement. Les éleveurs doivent être proactifs dans la gestion de ces risques pour assurer la durabilité de leur activité.


    Perspectives d’avenir

    L’avenir de l’élevage de volaille en Afrique semble prometteur. Avec des politiques favorables, des investissements dans les infrastructures et une sensibilisation accrue à la sécurité alimentaire, ce secteur pourrait jouer un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et la malnutrition sur le continent.


    En résumé, le business model de l’élevage de volaille en Afrique repose sur une demande croissante, des coûts de production accessibles, l’adoption de technologies modernes et des chaînes de valeur efficaces. Bien que des défis subsistent, les perspectives d’avenir sont encourageantes, faisant de ce secteur une opportunité lucrative pour les entrepreneurs africains.


    Thom Biakpa

  • côte d’ivoire : culture de champignons, une activité en pleine expansion

    côte d’ivoire : culture de champignons, une activité en pleine expansion

    La culture de champignon, une activité qui monte en puissance en Côte d’Ivoire/ photo: Getty Images



    En Côte d’Ivoire, une vingtaine de petits producteurs se lancent avec succès dans la culture de champignons, notamment le champignon de palmier et les pleurotes. À Bonoua, dans le sud-est du pays, cette activité, qui nécessite un investissement modeste, commence à séduire les consommateurs.

    « Regardez ces champignons, nous allons les récolter demain », indique Ophélia Koffi, responsable de la champignonnière. Pour favoriser le développement optimal des champignons, l’environnement doit être à la fois humide et frais. Les agricultrices, regroupées en collectif, s’emploient à collecter et à préparer leurs déchets agricoles, en particulier les épluchures de manioc, qui serviront de substrat pour la culture des pleurotes. « Elles introduisent les semences et les placent sur des étagères pendant 45 jours. Lorsque le substrat devient blanc comme du lait, cela signifie qu’il est prêt. On commence alors à arroser, et après quatre ou cinq jours, les champignons commencent à émerger. »


    Une économie circulaire en action


    Les champignons récoltés, au moins 10 tonnes par an, sont vendus frais sur les marchés ou dans les supermarchés, ou encore déshydratés par Ophélia Koffi dans sa petite unité de transformation située à Yaou, non loin de Bonoua. Elle propose une gamme de tisanes ainsi qu’une préparation de champignons déshydratés inspirée du choukouya, une grillade traditionnelle ivoirienne, où la viande est remplacée par cette protéine végétale.


    Passionnée par la myciculture, Ophélia a débuté cette aventure il y a dix ans et entrevoit un avenir prometteur pour le secteur, d’autant plus que les déchets issus de la culture sont recyclables. « Après la récolte des champignons, les résidus deviennent un engrais naturel. Ils peuvent être utilisés pour cultiver des légumes comme la tomate, le gombo ou l’aubergine. Nous sommes donc dans une économie circulaire : rien ne se perd, tout se transforme dans la myciculture. » Grâce à cette culture hors-sol, où la température est maîtrisée, les champignons peuvent être produits tout au long de l’année. « En cas de pénurie de viande, ne vous inquiétez pas, vous pourrez toujours compter sur les champignons pour vos protéines ! »


    Un nouveau goût pour les Ivoiriens


    Il est vrai qu’il faudra un certain temps pour modifier les habitudes alimentaires des Ivoiriens. Cependant, les champignons d’Ophélia Koffi commencent à gagner en popularité. « J’adore vraiment le choukouya de champignons, c’est original ! », s’exclame Josiane Asso Lobar, qui a redécouvert les pleurotes grâce à cette recette. Elle reconnaît que, traditionnellement en Afrique, les champignons sont souvent utilisés dans les sauces, mais cette nouvelle approche permet de les déguster sous différentes formes.



    Avec Ophélia Koffi, ce sont 25 producteurs qui se partagent ce marché émergent. Ensemble, ils s’efforcent de se structurer en union afin de développer la filière champignons en Côte d’Ivoire. Cette initiative prometteuse pourrait bien transformer le paysage agricole du pays et offrir de nouvelles opportunités économiques aux producteurs locaux.

    Thom Biakpa

  • défi culinaire : Zeinab Bancé, cheffe cuisinière, s’engage à inscrire le patrimoine culinaire ivoirien au guinness world record en cuisinant pendant 119 h et 57 mn

    défi culinaire : Zeinab Bancé, cheffe cuisinière, s’engage à inscrire le patrimoine culinaire ivoirien au guinness world record en cuisinant pendant 119 h et 57 mn

    La cheffe cuisinière Zeinab Bancé en plein dans son défi/ Photo: Abidjan.net



    La cheffe cuisinière ivoirienne Zeinab Bancé s’est lancée, depuis le 17 décembre 2024 dansun défi hors du commun : cuisiner sans interruption pendant 119 heures et 57 minutes, soit 5 jours, dans le but de battre le record Guinness du monde. Cet exploit, qui met à l’épreuve non seulement ses compétences culinaires, mais aussi sa résistance physique et mentale, se déroule à l’Agora de Koumassi, au sud d’Abidjan, dans une ambiance indescriptible, attirant l’attention des médias, des autorités du pays, des artistes-chanteurs, des influenceurs et des passionnés de gastronomie du monde entier.



    Zeinab Bancé, connue pour sa passion pour la cuisine et son engagement à promouvoir la gastronomie ivoirienne, a décidé de se lancer dans ce défi ambitieux pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle souhaite mettre en avant la richesse de la cuisine de son pays, en présentant quinze mille plats traditionnels et contemporains qui reflètent la diversité culturelle de la Côte d’Ivoire. De plus, ce challenge vise à sensibiliser le public sur l’importance de l’alimentation saine et équilibrée, tout en encourageant les jeunes chefs à poursuivre leurs rêves dans le domaine culinaire.



    L’Agora de Koumassi qui accueille l’événement depuis le 17 décembre dernier ne désemplit pas. Des spectateurs et des supporters y passent la journée pour certains et la nuit pour d’autres, en vue d’encourager la cheffe tout au long de son marathon culinaire. Zeinab prévoit de préparer une variété de plats, allant des spécialités ivoiriennes comme l’attiéké, le foutou,le placali, le Kabato, la sauce graine…, à des créations plus innovantes, en utilisant des ingrédients locaux et de saison.



    Pour garantir sa sécurité et son bien-être durant cette épreuve, Zeinab est entourée d’une équipe de professionnels de la santé et de nutritionnistes, qui veillent à ce qu’elle reste hydratée et nourrie tout au long du défi. Des pauses de cinq minutes après une heure de cuisine sont également intégrées pour lui permettre de se reposer, tout en continuant à cuisiner sans interruption.



    Ce défi n’est pas seulement une question de record, mais aussi une occasion pour Zeinab de partager sa passion pour la cuisine avec le monde entier. L’événement est diffusé en direct sur les réseaux sociaux, permettant ainsi à des milliers de personnes de suivre son parcours et de s’inspirer de son engagement.



    Zeinab Bancé espère que son défi encouragera d’autres chefs et passionnés de cuisine à repousser leurs limites et à explorer leur créativité en cuisine. En battant ce record, elle souhaite également montrer que la cuisine est un art qui peut rassembler les gens et célébrer la culture.



    Avec détermination et passion, la cheffe cuisinière est prête à relever ce défi et à inscrire son nom dans l’histoire des records Guinness.

    Thom Biakpa

  • patrimoine culinaire : a la découverte de la gastronomie angolaise

    patrimoine culinaire : a la découverte de la gastronomie angolaise

    Le muamba de galinha, l’un des mets les plus prisés de l’Angola/ photo: Cuisines africaines

     

    L’Angola, pays d’Afrique australe riche en diversité culturelle et en histoire, possède un patrimoine culinaire fascinant qui reflète ses traditions, ses influences et ses ressources naturelles. La cuisine angolaise est un véritable mélange de saveurs, de couleurs et de textures, où chaque plat raconte une histoire et témoigne de l’identité du peuple angolais.


    Les ingrédients phares


    La cuisine angolaise repose sur des ingrédients locaux variés, dont les plus emblématiques sont le maïs, le manioc, le riz, les haricots et les légumes frais. Le manioc, en particulier, est un aliment de base, souvent préparé sous forme de fufu ou de funje, une sorte de purée qui accompagne de nombreux plats. Le maïs est également très utilisé, notamment dans la préparation de la polenta.


    Les plats traditionnels


    Parmi les plats les plus représentatifs de la cuisine angolaise, on trouve le muamba de galinha, un ragoût de poulet préparé avec de l’huile de palme, des épices et des légumes. Ce plat est souvent servi avec du riz ou du funje et est considéré comme un incontournable lors des grandes occasions.


    Un autre plat emblématique est le caldeirada, une soupe de poisson ou de fruits de mer, souvent agrémentée de tomates, d’oignons et d’épices. Les côtes angolaises, riches en ressources maritimes, offrent une variété de poissons frais qui sont au cœur de nombreux plats.


    Les influences culturelles


    La cuisine angolaise est le fruit d’un mélange d’influences africaines, portugaises et brésiliennes, héritées de l’histoire coloniale du pays. Les épices et les herbes utilisées dans la cuisine angolaise, comme le piment, l’ail et le gingembre, témoignent de cette richesse culturelle. Les plats angolais sont souvent relevés et savoureux, reflétant l’amour du peuple pour la bonne cuisine.


    Les boissons traditionnelles


    Les boissons occupent également une place importante dans la culture culinaire angolaise. Le cuca, une bière locale, est très populaire et accompagne souvent les repas. Le vin de palme, produit à partir de la sève des palmiers, est une autre boisson traditionnelle appréciée lors des célébrations.


    La gastronomie comme événement social


    En Angola, la gastronomie est bien plus qu’un simple acte de se nourrir ; elle est un événement social. Les repas sont souvent des moments de partage et de convivialité, où la famille et les amis se rassemblent autour de plats savoureux. Les fêtes et les célébrations sont l’occasion de préparer des plats spéciaux, renforçant ainsi les liens communautaires.


    Le patrimoine culinaire angolais est un véritable trésor qui mérite d’être découvert et célébré. Il incarne l’histoire, la culture et l’hospitalité du peuple angolais. En explorant la cuisine de ce pays, on ne découvre pas seulement des saveurs uniques, mais aussi une richesse culturelle qui continue d’évoluer et de s’enrichir au fil du temps. Que ce soit à travers un plat traditionnel ou une boisson locale, chaque bouchée est une invitation à plonger dans l’âme de l’Angola.

    Thom Biakpa

  • promotion des mets africains : l’attiéké, spécialité ivoirienne, inscrit au patrimoine immatériel de l’unesco

    promotion des mets africains : l’attiéké, spécialité ivoirienne, inscrit au patrimoine immatériel de l’unesco

    L’attiéké inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO/ photo: Getty Images

     

    Après le thiéboudiène sénégalais, c’est au tour de l’attiéké, une spécialité culinaire emblématique de la Côte d’Ivoire, de rejoindre le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cette annonce a été faite lors de la 19e session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui se déroule actuellement au Paraguay. Cette reconnaissance suscite une immense fierté parmi les Ivoiriens, en particulier ceux qui perpétuent ce savoir-faire ancestral, ainsi que chez les acteurs qui exportent ce produit au-delà des frontières ivoiriennes.

    L’attiéké, une semoule de manioc légèrement aigre, accompagne traditionnellement les poissons et les viandes en sauce. C’est un aliment de base non seulement en Côte d’Ivoire, mais aussi dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Le processus de fabrication de l’attiéké, qui consiste à éplucher, râper, fermenter pendant deux à trois jours, puis cuire, est un savoir-faire transmis de génération en génération. A Anono, un quartier à la périphérie nord d’Abidjan, pour Dorothée, doyenne des productrices, cette distinction est une source de fierté et d’espoir pour l’avenir : « Nous les Ebrié et les Adioukrou, nous sommes réputés pour notre excellent attiéké. Pourtant, on entend souvent que le Burkina Faso ou la Chine dominent la production d’attiéké. Nous, qui avons créé cette spécialité, voulons également voir notre attiéké évoluer », s’exprime-t-elle.

    L’attiéké ivoirien se distingue par son goût unique, résultant d’un processus de fermentation spécifique appelé magnan. Anne-Marie, une productrice, explique : « Le magnan dure normalement trois jours. Ensuite, nous broyons le mélange dans une machine, puis nous passons à la deuxième étape : la pâte. Nous essorons avec des presseuses pour obtenir des grains, avant de procéder à la cuisson. »

    À quelques kilomètres de là, dans le quartier d’Abobo Akeikoi, l’entreprise Cotravi expédie chaque année environ quarante tonnes d’attiéké déshydraté vers l’Europe et les États-Unis. Son gérant, Tapé Clément, voit dans cette reconnaissance internationale une occasion en or pour structurer davantage la filière : « Il est essentiel de tracer l’attiéké et de lui donner une spécification. Avec la forte demande en Europe, l’État doit nous aider à établir des contacts avec des distributeurs européens, notamment à travers des foires. »

    En plus de son inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO, l’attiéké bénéficie également du statut de « marque collective ». Cela signifie que seule la semoule de manioc fermentée produite en Côte d’Ivoire peut être commercialisée sous le nom d’« attiéké », garantissant ainsi son authenticité et sa qualité. Cette reconnaissance ouvre de nouvelles perspectives pour les producteurs ivoiriens, leur permettant de valoriser leur savoir-faire et de renforcer leur présence sur le marché international.

    Thom Biakpa

  • gabon : plongée au cœur d’une gastronomie alliant saveurs, traditions et convivialité

    gabon : plongée au cœur d’une gastronomie alliant saveurs, traditions et convivialité

    Le Nyembwe, une recette très prisée au Gabon/ Photo: Saveur d’Afrique

    Le patrimoine culinaire du Gabon est riche et varié, reflétant la diversité culturelle et ethnique du pays. La gastronomie gabonaise est influencée par les traditions des différentes communautés qui composent la nation, notamment les Fang, les Punu, les Nzebi et bien d’autres.


    L’un des plats emblématiques du Gabon est le « nyembwe« , un plat à base de poulet cuit dans une sauce à base de pâte d’arachide, souvent accompagné de manioc ou de riz. Ce plat est non seulement savoureux, mais il est également un symbole de convivialité, souvent préparé lors des grandes occasions et des rassemblements familiaux.


    Un autre incontournable est le « saka-saka », qui est un plat à base de feuilles de manioc pilées et cuites, généralement servi avec du poisson ou de la viande. Ce plat est apprécié pour sa texture et son goût unique, et il est souvent consommé avec du piment pour relever les saveurs.

    Le Gabon est également connu pour ses fruits tropicaux, tels que les mangues, les papayes et les bananes, qui sont souvent utilisés dans les desserts ou consommés frais. Les boissons traditionnelles, comme le « palm wine » (vin de palme), sont également populaires et font partie intégrante des célébrations.


    La cuisine gabonaise met en avant l’utilisation d’ingrédients locaux et de techniques de cuisson traditionnelles, ce qui contribue à préserver le patrimoine culinaire du pays. Les marchés locaux regorgent de produits frais, et les recettes se transmettent de génération en génération, garantissant ainsi la continuité de cette richesse gastronomique.


    En somme, le patrimoine culinaire du Gabon est un véritable reflet de son identité culturelle, alliant saveurs, traditions et convivialité. C’est une invitation à découvrir des plats savoureux et à partager des moments chaleureux autour de la table.

    Thom Biakpa

  • richesse des gastronomies africaines : un atout touristique encore mal exploité

    richesse des gastronomies africaines : un atout touristique encore mal exploité

    Il est crucial pour l’Afrique de faire de sa gastronomie, un atout touristique réel / Photo: Astou Cuisine

    L’Afrique, continent aux mille et une facettes, regorge de trésors culturels et naturels. Parmi ces richesses, la gastronomie occupe une place de choix, témoignant de la diversité des traditions, des ingrédients et des savoir-faire culinaires. Pourtant, malgré son potentiel indéniable, la gastronomie africaine reste un atout touristique encore largement sous-exploité.

    Une diversité culinaire inégalée

    L’Afrique est un véritable kaléidoscope de saveurs et de plats. Chaque région, chaque pays, et même chaque communauté, possède ses spécialités qui racontent une histoire, une culture et un mode de vie. Des plats emblématiques comme le jollof rice en Afrique de l’Ouest, le bobotie en Afrique du Sud, le tagine au Maroc ou encore le injera en Éthiopie, illustrent cette richesse. Les ingrédients locaux, souvent issus de l’agriculture traditionnelle, apportent une fraîcheur et une authenticité qui séduisent les palais les plus exigeants.


    Un potentiel touristique à valoriser


    La gastronomie est un puissant vecteur d’attractivité touristique. Dans de nombreuses destinations à travers le monde, les expériences culinaires sont devenues des éléments clés de l’offre touristique. En Afrique, cependant, cette dimension est encore peu développée. Les touristes qui visitent le continent sont souvent attirés par ses paysages, sa faune et sa culture, mais ils passent souvent à côté de l’expérience gastronomique unique qu’il peut offrir.

    Les festivals culinaires, les cours de cuisine, les visites de marchés locaux et les circuits gastronomiques sont autant d’opportunités qui pourraient enrichir l’expérience des visiteurs. En intégrant la gastronomie dans les offres touristiques, les pays africains pourraient non seulement attirer davantage de touristes, mais aussi promouvoir leurs produits locaux et soutenir les agriculteurs et les artisans.

    Les défis à relever


    Malgré son potentiel, la gastronomie africaine fait face à plusieurs défis. Tout d’abord, il existe un manque de reconnaissance et de valorisation des chefs et des cuisines africaines sur la scène internationale. Les médias et les guides touristiques mettent souvent en avant des cuisines d’autres continents, laissant dans l’ombre les talents culinaires africains.

    De plus, l’infrastructure touristique dans de nombreux pays africains n’est pas toujours adaptée pour accueillir des expériences gastronomiques de qualité. Les restaurants, les marchés et les producteurs locaux manquent parfois de visibilité et de soutien pour se développer.


    Vers une valorisation de la gastronomie africaine


    Pour que la gastronomie africaine devienne un véritable atout touristique, il est essentiel de mettre en place des initiatives visant à promouvoir les cuisines locales. Cela pourrait passer par la création de labels de qualité pour les restaurants, le soutien à la formation des chefs, ou encore l’organisation de concours culinaires pour mettre en avant les talents locaux.


    Les gouvernements, les organisations touristiques et les acteurs privés doivent collaborer pour développer des stratégies de marketing qui mettent en avant la richesse des gastronomies africaines. En intégrant la gastronomie dans les circuits touristiques, en créant des événements culinaires et en soutenant les producteurs locaux, l’Afrique peut transformer sa cuisine en un véritable levier de développement économique et culturel.

    En somme, la richesse des gastronomies africaines est un trésor encore mal exploité dans le secteur du tourisme. En valorisant ses traditions culinaires, le continent a l’opportunité de se démarquer sur la scène mondiale et d’attirer un public toujours plus avide de découvertes authentiques. En unissant les efforts des acteurs du tourisme, des chefs et des producteurs, l’Afrique peut faire de sa gastronomie un atout incontournable, contribuant ainsi à son rayonnement culturel et économique.

    Thom Biakpa

  • côte d’ivoire : le sommet de l’élevage d’Abidjan s’annonce prometteur avec plus de 50 000 visiteurs attendus et le brésil comme invité d’honneur

    côte d’ivoire : le sommet de l’élevage d’Abidjan s’annonce prometteur avec plus de 50 000 visiteurs attendus et le brésil comme invité d’honneur

    L’autosuffisance en protéine animale est un défi que le gouvernement ivoirien se donne les moyens de relever / photo: Getty Images


    La troisième édition du Sommet de l’Élevage d’Abidjan, baptisée SELAB Livestock Show, se déroulera du 22 au 24 novembre 2024 au Parc des Expositions de Port-Bouët. La cérémonie de lancement a eu lieu récemment à la Riviera Golf, en présence du ministre des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) et de l’ambassadeur du Brésil en Côte d’Ivoire.


    Cet événement majeur vise à dynamiser le secteur de l’élevage en Côte d’Ivoire, avec pour objectif de renforcer la sécurité alimentaire en matière de protéines animales. Le ministre Sidi Touré a souligné que le SELAB Livestock Show est désormais un rendez-vous incontournable pour tous les acteurs de la filière. Cette année, le salon mettra particulièrement l’accent sur la promotion de la production animale. « Nous aurons le plaisir d’accueillir des experts nationaux et internationaux qui partageront leurs connaissances et leur savoir-faire avec les éleveurs ivoiriens et de la sous-région. Le thème de cette édition, « Rentabilisez votre élevage », est porteur d’espoir et d’ambition », a-t-il déclaré.

    Le Brésil, en tant que pays à l’honneur, apportera son expertise dans le domaine de l’élevage. Le ministre a décrit le Brésil comme un modèle d’excellence dans l’agroalimentaire mondial, dont les performances remarquables résultent d’une combinaison de recherche avancée, d’innovation et d’une utilisation efficace des technologies.


    L’ambassadeur du Brésil en Côte d’Ivoire, José Cardes De Avargo Jeitao, a rappelé que le Brésil est le premier exportateur mondial de viande bovine. Selon les chiffres provisoires de l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), le pays a abattu 33,9 millions de têtes de bétail en 2023, produisant 8,91 millions de tonnes, soit une augmentation de 11,2 % par rapport à 2022. Il a également noté que les exportations ont légèrement augmenté, atteignant 2,29 millions de tonnes, représentant seulement 25,7 % de la production nationale.


    José Cardes De Avargo a exprimé sa satisfaction quant à cette collaboration, affirmant que le gouvernement brésilien est prêt à soutenir la Côte d’Ivoire dans le développement de son secteur de l’élevage.

    Le SELAB Livestock Show attend plus de 50 000 visiteurs et réunira plus de 400 exposants ainsi que 40 interprofessions du secteur. Pendant ces trois jours, le public pourra participer à des conférences, des expositions, des panels de haut niveau, des formations, des concours animaliers et diverses attractions, promettant ainsi une expérience enrichissante et dynamique pour tous les participants.

    Cet événement représente une occasion unique pour les acteurs de l’élevage de se rencontrer, d’échanger des idées et de découvrir les dernières innovations du secteur, tout en renforçant les liens entre la Côte d’Ivoire et le Brésil.

    Thom Biakpa

  • agriculture et climat : l’onu tire la sonnette d’alarme sur le financement des petits agriculteurs

    agriculture et climat : l’onu tire la sonnette d’alarme sur le financement des petits agriculteurs

    Les petits agriculteurs ont besoin de soutien pour faire face aux effets du changement climatique. photo: Financial Afrik

    Alors que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a récemment publié son rapport annuel sur l’adaptation au changement climatique, une autre agence de l’ONU, le Fonds international de développement agricole (FIDA), exprime de vives inquiétudesconcernant le manque de financements alloués aux petits agriculteurs. Actuellement, ces derniers ne reçoivent qu’une infime part, soit 0,8%, des financements climatiques mondiaux. Ce constat alarmant intervient à seulement quatre jours de l’ouverture de la COP29 en Azerbaïdjan.

    Avec plus de 500 millions de petites exploitations agricoles à travers le monde, représentant une source de subsistance pour environ 3 milliards de personnes, le FIDA souligne l’urgente nécessité d’un soutien accru. En effet, face à l’augmentation des températures et à la fréquence croissante des sécheresses et des inondations, les petits agriculteurs se retrouvent en première ligne, subissant de plein fouet les conséquences dévastatrices des événements climatiques extrêmes sur leurs cultures.

    La situation est particulièrement préoccupante en Afrique, où les petites exploitations agricoles contribuent à environ 70% de la production alimentaire. Par exemple, en Afrique australe, une sécheresse sévère a entraîné un effondrement des récoltes de maïs cette année, tandis qu’au Ghana, la production de cacao a été réduite de moitié en raison d’un manque de précipitations.

    Il est impératif que les décideurs prennent conscience de cette crise et agissent rapidement pour rediriger les financements vers les petits agriculteurs, afin de garantir la sécurité alimentaire et de soutenir les communautés vulnérables face aux défis croissants du changement climatique.

    Thom Biakpa