Catégorie : Mode

  • l’isiagu, une tenue vestimentaire de prestige chez les igbo

    l’isiagu, une tenue vestimentaire de prestige chez les igbo

    Photo : Pinterest

    L’ex-président du Nigeria Muhamadu Buhari dans sa tenue Isiagu

    Le peuple Igbo du Nigéria, connu pour sa fierté et sa propension à promouvoir sa culture partout dans le monde, n’hésite pas à mettre en valeur ses tenues traditionnelles lorsqu’il en a l’occasion. L’une des tenues que les Igbo aiment mettre en valeur lors des grands événements, est l’Isiagu, qui se traduit par «tête de tigre ou de lion».

     

    C’est une tenue populaire qui est portée principalement lors d’occasions importantes comme les mariages et les cérémonies de couronnement. Il se présente sous la forme d’une chemise à enfiler avec des boutons dorés liés par une chaîne (mais pas dans tous les cas) et généralement avec une poche sur la poitrine, généralement la tête d’un tigre ou d’un lion est imprimée avec audace sur le tissu.

     

    L’Isiagu est la tenue officielle de la chefferie Igbo, il est difficile de voir un dirigeant Igbo qui n’a pas l’Isiagu dans son placard. Cependant, ces derniers temps, n’importe qui peut choisir de porter l’Isiagu, même les femmes peuvent le porter. Néanmoins, il reste encore une tenue très prestigieuse.

     

    L’Isiagu se marie bien avec des perles et des cannes et bien sûr le traditionnel bonnet Igbo rouge ou noir selon le cas, un sac à main et des chaussures en cuir sont également des accessoires assortis qui pourraient bien représenter l’image d’un homme Igbo fier et aisé.

     

    Aujourd’hui, l’Isiagu se décline en différentes couleurs. Au départ, il n’existait que dans les couleurs rouge et noir.

     

    Alors que certains diraient que ce n’est qu’un vêtement ordinaire, d’autres vous decriront tout le respect qui devrait lui être accordé en raison du calibre des personnes qui le portent et du genre d’occasions prestigieuses au cours desquelles l’Isiagu est porté.

     

    Au jourd’hui, nous voyons les vêtements Isiagu gagner plus d’acceptation partout dans le monde parce que la tribu Igbo voyage beaucoup et est prête à s’installer n’importe où dans le monde tant qu’elle est accueillie et acceptée, avec tant de sens des affaires et une riche culture. les Igbos sont très fiers de leur héritage culturel et sont toujours prêts à afficher la flamboyance des coutures qui mettent leur patrimoine vestimentaire en valeur.

     

    Nous pouvons affirmer avec certitude que l’Isiagu a encore de longs jours devant lui, en raison du niveau de popularité qu’il gagne et de la rapidité avec laquelle les gens sont prêts à s’identifier au peuple Igbo partout dans le monde.

  • la tunique africaine, cette tenue tendance qui a volé la vedette aux costumes occidentaux

    la tunique africaine, cette tenue tendance qui a volé la vedette aux costumes occidentaux

    Photo : Pinterest

    La mode africaine sait se réinventer. Pour preuve, elle a su par son talent, redonner un nouveau style à la tunique qui demeure l’un des types de vêtements les plus anciens.

     

     

    En Afrique, la tunique a fait ses premières apparitions dans les habitudes vestimentaires des populations sous la forme du boubou à partir du 8e siècle. La tunique, symbole de noblesse et d’honneur, fut ensuite habituellement portée au 13e siècle dans les grands empires du Ghana et du Mali et dans les cités à forte influence islamique.

     

    Les artisans de l’époque y apportaient des retouches en termes de broderies et de motifs auxquels pouvaient s’identifier chaque groupe ethnique. La tunique africaine était ainsi née. Néanmoins, elle était encore loin d’avoir l’exposition, le glamour et l’influence qu’elle a aujourd’hui. Mais, parce qu’elle a su se réinventer, la tunique est devenue l’un des principaux centres d’attention de toute une industrie, celle de la mode. Elle a transité par diverses époques et a bénéficié de plusieurs facteurs favorables qui lui ont permis de conquérir de nouveaux horizons.

     

     

    La tunique africaine depuis lors, n’a cessé de changer de visage. Elle est passée de l’état de boubou bouffant pas toujours très élégant à celui de vêtement tendance qui surfe sur la “hype africaine”. Elle est même portée, entre autres, par les stars afro-américaines à l’instar d’une Beyoncé qui valorise ses racines africaines, ou d’un Chadwick Boseman dans l’univers afrofuturiste du film ‘’Black Panther’’ qui a connu un énorme succès international. Jamais la tuniqueafricaine n’avait eu autant d’impact et de résonance que maintenant.  La tunique africaine, dans sa version modernisée, a su conquérir un nouveau public au-delà de sa cible originelle. Elle est devenue le vêtement de tout citoyen du monde qui aime l’Afrique et s’identifie à ses valeurs culturelles.

     

     

     

    Nous avons fait ressortir quelques modèles de tunique en vogue sur le continent et même au delà, depuis 2022.

     

     

     » La Tunique Ankara”.

     

    D’origine nigériane, le tissu Ankara existait avant la colonisation et a, de ce fait, un grand symbolisme au sein des communautés Yoruba et Haoussa du Nigéria. C’est un tissu en 100% coton aux motifs généralement chamarrés. En plus de rappeler la liberté précoloniale, ce tissu est utilisé lors des demandes en mariage des jeunes filles Haoussa habitants du nord du Nigéria. Aussi, il est couramment porté lors des grandes célébrations ethniques au Nigéria.

     

     

     » La Tunique africaine de type boubou”

     

     

    Le temps des boubous longs, bouffants et encombrants est passé. Depuis 2022, tous les spécialistes de la mode rendent hommage à la créativité des stylistes qui ont modernisé le boubou et l’ont remis au goût du jour sous la forme de tunique sur mesure. Nul besoin de s’encombrer d’un tissu trois pièces. Les tuniques africaines de type boubous cumulent confort, élégance ; modernité ; simplicité et glamour.

     

     

     

     » LaTunique africaine brodée »

     

     

    On pourrait croire que l’attrait pour la simplicité fait que la broderie n’a plus autant la côte que dans les années 2010, mais ce n’est pas totalement vrai. Il se trouve juste qu’en 2022, les mordus de broderie sont devenus plus sélectifs dans les occasions où apparaître dans des habits brodés. Puisque le but principal de la broderie est de mettre en valeur celui ou celle dont l’habit est brodé, les fashion addicts préfèrent désormais nourrir les regards admiratifs à des moments triés sur le volet afin de marquer ponctuellement les esprits avec des tuniques africaines brodées.

     

     

     » La Tunique africaine combinaison »

     

     

    Le mélange des couleurs, des motifs et des tons. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’après que le COVID 19 ait prouvé à tous que demain n’appartient à personne, l’on veut croquer la vie à pleines dents et suivre les tendances les plus décalées en matière de mode.

     

     

     » La Tunique africaine dashiki homme »

     

     

    Il n’y a pas meilleur moyen d’afficher son sentiment d’appartenance ou son affinité avec la culture africaine que de porter du dashiki. Les couleurs de cette tunique sont très vives et ses motifs ont un caractère très artistique, décoratif voire géométrique. Le dashiki est très ample, relaxe et est généralement court. Ses modèles les plus longs n’atteignent pas les genoux.

     

     

     » La Tunique africaine avec dentelle »

     

     

    Cette pièce de couture avait déjà été tellement vulgarisée qu’on la croyait dépassée.  Malgré cela, on note son grand retour à travers la tunique africaine avec dentelle. Royales et belles, les tuniques africaines avec dentelle sont encore dans l’ère du temps.

     

     » La Tunique raphia »

     

    Le raphia a connu d’énormes progrès et transformations au fil du temps. C’est avec fierté que beaucoup de personnalités publiques l’utilisent, aujourd’hui, pour confectionner des tuniques et des robes à base de raphia Celles-ci rivalisent d’ailleurs de beauté avec les tenues qui utilisent le fameux wax hollandais.

     

     » La Tunique version nord africaine »

     

    La Djellaba, l’emblématique vêtement nord-africain qu’on recouvre jusqu’au Soudan, est un marqueur culturel connu bien au-delà du Maghreb. Elle se caractérise par sa forme très ample ;sa longueur (elle balaie le sol) ; son capuchon ou sa cagoule (destinée à protéger contre le soleil et les vents froids).

    Elle est habituellement cousue avec de la laine, mais de récents modèles de djellaba sont faits en coton léger, sont moins bouffants et plus courts.

     

     

    Il est clair que quand on a fini de visiter tout ceci, cela  donne certainement envie d’aller refaire de la place dans sa garde-robe.

  • tenues vestimentaires des yacouba

    tenues vestimentaires des yacouba

    Des boubous Yacouba 

    Voici les trois grands types de boubous

     

    Trois grands types de boubous se distinguent dans les tenues traditionnelles des peuples Yacouba, issus de l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire. Ce sont le Fakhe-hi, le Sota behi et la Gandoura.

    Considéré comme l’habit royal, le Faké-hi est un ensemble. Il est constitué d’un boubou à manches bouffantes, porté sur une grosse culotte traditionnelle, qui laisse entrevoir une partie des mollets du porteur. Avec le Faké-hi, le port d’un bonnet fait exclusivement de cotonnade est obligatoire. Ce bonnet, en Yacouba est appelé le «  Gblo-fan ». Le Fakhe  est ample et très épais.  Dans la société traditionnelle Dan, il est porté par des personnes âgées, des notables, des chefs de villages, de terres, de cantons et des gardiens de cases sacrées. La confection du Fakhe  qui autrefois se faisait à la main pouvait prendre au moins un an.

    Le Sota-béhi est très petit. C’est une sorte de gilet. Il sert généralement de sous corps aux chefs traditionnels Yacouba lorsqu’ils s’habillent pour assister à une importante cérémonie traditionnelle. Le Sota behi qui se porte sous le Fakhe  peut être considéré comme un élément décoratif pour le profane. Mais, en réalité il aurait des vertus mystiques. En ce sens qu’il joue le rôle d’un vêtement protecteur contre les mauvais sorts ou même les balles. Cette tenue joue le rôle d’anti-balle ou d’anti-fétiche.

    La Gandoura, un terme qui serait d’origine Toura, est dérivée de la grande famille du Faké-hi et du Sota-béhi. Les Toura sont en effet l’une des trois composantes ethniques qui peuplent le département de Biankouma. En effet, sa conception présente de longues bandes de cotonnade juxtaposées qui laissent entrevoir les flancs du porteur de chaque côté. La Gandoura est par excellence la tenue de détente en pays Toura et Yacouba de Biankouma et par extension dans la région du Tonkpi. Elle est portée par des animateurs des courses de masques dans les villages, les danseurs pendant les clairs de lune et les conteurs d’un soir dans le coin d’une case. 

     

    Jeremy Junior

  • ces noms donnés aux pagnes qui font leur renommée

    ces noms donnés aux pagnes qui font leur renommée

    Mardi 30 janvier 2024. Il est un peu plus de 14 heures quand nous arrivons au grand marché du forum  d’Adjamé. Le lieu grouille de monde et les marchandes installées derrière leurs étales rivalisent de stratégies pour apâter les éventuels clients. Après renseignement, nous sommes conduits à l’étage où sont installés les vendeurs et vendeuses de pagnes. Marie Légbé, la quarantaine révolue nous accueille devant son étale garnie de pagnes.  Lorsque nous abordons le sujet concernant les petits noms donnés aux pagnes, elle éclate de rire, avant de passer en revue quelques applications de pagnes devenues des références.

     

     » S’agissant des noms donnés aux pagnes, je peux vous citer  « mari capable »,  « un mari ingrat », « L’oeil de ma rivale », « le lit de mon mari »  « Jardin d’Éden », 

    « Jalousie », « Pas de vie à trois », « Si tu sors, je sors », « Si tu divorces, je ne mangerai pas du sable ». Il y a tellement de noms que c’est difficile de tout citer », énumère notre interlocutrice. 

     

    Ces noms sont en fait des sobriquets donnés à des milliers de pagnes colorés aux motifs divers, ces bandes de tissus imprimés d’environ 6 mètres de long avec des motifs africains.

     

    Les plus vendus et les plus connus de ces pagnes, héritent de noms qui se généralisent selon un processus mystérieux propre aux rumeurs ou aux blagues.  » Nous même on ne sait pas d’où ça vient. Souvent ce sont les vendeuses qui donnent ces noms. Quelques fois aussi, ils proviennent des clientes.  Ce sont des noms qu’on donne souvent dans la plaisanterie et qui finissent pas rester parfois », nous explique notre vendeuse à Adjamé depuis 15 ans.

     

    Selon elle, ces appellations proviennent aussi très souvent des filmes telenovelas ou des évènements socio-politiques.  » Quand il y a une novela qui a du succès ou un événement politique, le pagne qui arrive en même temps peut recevoir son nom », explique-t-elle.

     

    Certains pagnes portent ainsi des prénoms d’héroïnes de séries télévisées. C’est le cas par exemple du pagne appelé « la Voiture de Renato », directement inspiré du nom du feuilleton brésilien à succès » la Tour de Babel » ou encore  » Le « Balai de Guei » en référence à feu le général Robert Guéi après le coup d’État de 1999 en Côte d’Ivoire. 

     

    En général, ces pagnes servent à confectionner des vêtements, traditionnels ou non. « Chemises, pantalons, robes…, des habits mais aussi des sacs, des chaussures, des rideaux, des draps, des nappes. « On peut tout faire avec le pagne, car il est beau et bon », s’écrie Marie Légbé.

     

    Jadis produit de luxe importé des Pays-Bas et utilisant le procédé de la « wax », le pagne s’est diversifié en plusieurs qualités de tissus et d’impression, devenant très accessible. Car, à mesure que des progrès ont été réalisés en matière d’impression et de fabrication, la production et le nombre de motifs ont augmenté et le prix moyen a baissé.

     

    Depuis le début des années 2000, le marché du pagne, sur lequel la Côte d’Ivoire est un pays phare, s’est étendu et a vu l’arrivée de concurrents venus d’Asie. Au marché d’Adjamé comme partout sur le continent africain, on trouve des pagnes importés de Chine ou de Thaïlande.

     

    Pour les clients les moins fortunés, ces produits vendus entre 2.000 et 6.000 F CFA (entre 3 et 10 euros) sont bien plus abordables que les pagnes des grandes marques, qui coûtent au bas mot 15.000 F CFA  et jusqu’à 70.000F CFA.

     

    « Ceux qui achètent les pagnes de Chine, ce sont ceux qui n’ont pas suffisamment de moyens. Tout le monde ne peut pas se payer un Hollandais (pagne haut de gamme) », explique Awa Koné, également vendeuse de pagnes.

     

    Selon des acteurs du domaine du pagne, la contrefaçon a mis énormément en danger l’activité ces dernières années. De fait, une stratégie de créativité, de marketing, de distribution et de production a été mise en place, afin de lutter efficacement contre ce phénomène.

     

    Un cabinet de création de motifs a été mis en place dans l’usine du groupe Uniwax à Abidjan et multiplie les productions de séries courtes. Du coup un pagne n’est disponible que quelques semaines, de sorte que les copieurs ne pluissentnpas les reproduire.

     

    Selon nos investigations, en 2015, Uniwax a été très rentable, dégageant un bénéfice net de 4 milliards de F CFA (6 millions d’euros) pour un chiffre d’affaires de 36 milliards de F CFA (55 millions d’euros), ce qui représente une confortable marge (11% net).

     

    L’entreprise, qui emploie 750 personnes, a ainsi pu lever début septembre 15 millions d’euros sur les marchés boursiers pour financer un plan d’investissement visant à augmenter la production de 70% sur 5 ans.

     

    Elle profite d’un marché en pleine expansion: le pagne intéresse désormais les artisans sur les marchés mais aussi des créateurs de mode, des accessoiristes ainsi que le monde du prêt-à-porter. Et les imprimés et couleurs africains commencent à attirer la clientèle européenne et américaine.

     

    Thom Biakpa

  • mode africaine

    mode africaine

    Un tissu bogolan

    Comment nettoyer son tissu bogolan

    Pour nettoyer son tissu bogolan, on peut le laver à l’eau froide sans grande perte de couleur. Toutefois, il est recommandé de le laver à sec du fait que ses teintures sont naturelles et peuvent s’effacer avec le temps. Filés et tissés à la main au Mali, les tissus Bogolan sont peints avec des colorants naturels fabriqués à partir de la boue et de plantes. Le lavage à sec peut se faire à la machine ou à la main. Il convient de savoir que certains produits nettoyants ne sont pas appropriés pour le lavage des tissus faits à la main. En cas de lavage à la machine, il faut placer le tissu dans un sac à lingerie et le laver à l’eau froide. Il faut dans ce cas utiliser le cycle délicat et un détergent doux. L’eau deviendra foncée. Raison pour laquelle le tissu doit être lavé tout seul au moins dans un premier temps. Il faudra penser à rincer la machine avant de laver d’autres vêtements. Lors du premier nettoyage, quelle que soit la méthode utilisée, il peut y avoir une certaine décoloration du tissu. Il faudra alors le sécher à plat ou le suspendre. Celui-ci peut également être repassé à l’aide d’un fer à vapeur avec de bons résultats.

    Le terme « bogolan » signifie « originaire de la terre » ou « issu de la terre ». Il est originaire du Bélédougou, une région du centre du Mali. Bien qu’issue de cette région de l’Afrique de l’ouest, le bogolan existe aussi, depuis des décennies, dans de nombreux autres pays africains tels le Burkina Faso, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Le bogolan est une toile à base de colorant naturel (teinture) et de coton. Il s’agit d’une étoffe décorée avec des plantes et de l’argile ou de la boue. Fabriqué de manière artisanale, le bogolan est caractérisé par sa couleur noire issue d’une réaction chimique entre le tanin présent dans les plantes et la boue. Les couleurs qui permettent de l’identifier sont le marron, le blanc, le noir et l’ocre.

     

     

    Jeremy Junior

  • promotion des tenues vestimentaires du burkina faso

    promotion des tenues vestimentaires du burkina faso

    Le « Faso Dan Fani » labellisé auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle

     

    Le gouvernement du Burkina Faso a labellisé l’une des tenues vestimentaires, qui fait sa fierté. A savoir le « Faso Dan Fani ». Et cela en vue de mieux le protéger. Cette labellisation permettra non seulement aux consommateurs de vérifier l’origine et la qualité des pagnes ; mais aussi d’éradiquer la contrefaçon du marché. Signifiant littéralement « pagne tissé de la patrie » en langue Dioula, le « Faso Dan Fani » est un pagne tissé traditionnel burkinabé fait à base de coton. Ce pagne est produit par des tisserands, soutenus dans leur métier par des femmes. Ainsi, les femmes ont la charge de la récolte, de la filature et de la teinture du coton. Les hommes quant à eux tissent en bandes sur leurs métiers à tisser artisanaux le coton filé et teinté pour obtenir le pagne. Composé de plusieurs bandes de fil de coton lourd plus ou moins larges, non génétiquement modifié, assemblées pour obtenir un pagne ; le Faso Dan Fani est traditionnellement tissé à la main.

    On attribue la paternité de l’étoffe aux Mossis, une ethnie du Burkina Faso qui cultive et transforme le coton suivant les saisons. Seulement ce savoir-faire ne se limite plus qu’à cette ethnie. « Dans tous les villages du Burkina Faso, l’on sait cultiver le coton. Dans tous les villages, des femmes savent filer le coton, des hommes savent tisser ce fil en pagnes et d’autres hommes savent coudre ces pagnes en vêtements…» disait l’ancien président Thomas Sankara dans les années 80, quand il imposait le port du Faso Dan Fani aux cadres du pays. Ce dernier est d’ailleurs le premier dirigeant du pays des hommes intègres à avoir valorisé au mieux ce pagne. Thomas Sankara disait à juste titre que « porter le Faso Dan Fani est un acte économique, culturel et politique de défi à l’impérialisme ». A sa suite, d’autres autorités ont également fait la promotion de ce pagne tissé. Au nombre de ceux-ci, l’on peut citer le président Christian Roch Kabore, le Mogho Naba, l’empereur des Mossis. Le président Christian Roch Kabore aimait arborer des tenues réalisées avec le « pagne tissé de la patrie » lors de rencontres officielles ou d’événements importants autant au Burkina qu’à l’extérieur. L’empereur des Mossis porte toujours du « Faso Dan Fani » lors de ses rares apparitions en public. C’est dire à quel point la volonté politique et sociale du Burkina est en faveur de la promotion du tissé burkinabé. Des stylistes de renom ont contribué à le rendre plus populaire. Il s’agit, entre autres de Élie Kuame, Imane Ayissi, Peulh Vagabond, Pathé’O.

     

     

    Jeremy Junior

  • 34e édition de la can en côte d’ivoire

    34e édition de la can en côte d’ivoire

    Le groupe Magic System remercie Gilles Touré pour sa tenue vestimentaire

     

    Le célébrissime groupe musical ivoirien de Zouglou, Magic System, a presté à Abidjan en Côte d’Ivoire à l’ouverture de la 34e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au stade d’Ebimpé à Anyama, le samedi 13 janvier 2024. La tenue que les quatre « gaous » (chanteurs) de ce mythique groupe ont portée à cette occasion, portait la griffe du talentueux styliste-modéliste ivoirien, Gilles Touré. « Merci infiniment à Gilles Touré qui, comme à chaque grand évènement, a su apporter sa touche au stylisme du groupe, notamment à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la CAN », ont mentionné les membres du groupe sur leur page Facebook. En réaction, Gilles Touré a écrit : « Merci à Magic System de promouvoir le made in Côte d’Ivoire… Yes, vous êtes des Eléphants ». Comment a commencé l’histoire de Gilles Touré, l’un des styliste-modélistes ivoiriens, qui a réussi à se hisser au rang de la crème de cette corporation en Côte d’Ivoire ? Depuis sa tendre enfance, il a manifesté une passion pour la couture. Devant le refus catégorique de ses parents de le voir se lancer dans la couture, il fait ses études et obtient la licence en Sciences économiques. Il part faire des études en stylisme et modélisme à Paris en France, suite à l’obtention de ce diplôme. Sorti major de sa promotion, Gilles Touré est accepté comme stagiaire chez Paco Rabanne. C’est ce dernier, qui va lui impulser la passion qui était latente en lui. De retour en Côte d’Ivoire, il est révélé au public ivoirien lors de sa première initiative mode réalisée pour Uniwax à la chambre des métiers de Yamoussoukro,  intitulée “Turbulence”. Étant ainsi lancé, Gilles Touré crée ses collections. Au nombre de celles-ci, il faut mentionner ‘’ féerie’’, 5‘’Diva’’, ‘’Mariée’’, ‘’Royal’’,… couronnées d’élégance, de chic et de glamour. Bien que spécialisé en couture dame, le styliste-modéliste ne peut s’empêcher de faire quelques incursions chez les hommes. Bien qu’ayant une renommée internationale, l’homme choisit de s’installer en Côte d’Ivoire pour exercer son activité.

     

    Jeremy Junior

  • faso dan fani – le pagne tissé qui fait la fierté de l’identité culturelle burkinabé

    faso dan fani – le pagne tissé qui fait la fierté de l’identité culturelle burkinabé

    S’il y a un domaine dans lequel le Burkina Faso est un modèle, c’est bien celui de la valorisation de son identité culturelle. Cette idéologie s’est transportée dans le milieu vestimentaire où les populations du « Pays des Hommes Intègres » ont réussi à mettre en priorité la consommation de la création locale. 

     

    Au niveau de la mode, la promotion du Faso Dan Fani en est la parfaite illustration. Ce pagne tissé  qui a traversé les époques, est lourd de sens et de symboles. Littéralement, Faso Dan Fani signifie « pagne tissé de la patrie », un nom qui laisse deviner les enjeux liés à sa production et sa consommation. Il porte un intérêt important autant sur le plan économique que traditionnel. 

     

    A la découverte du “Pagne de la patrie”

     

    Le Faso Dan Fani est un pagne traditionnal burkinabé. Il est confectionné à base d’une matière première qui est le coton. Selon nos informations, ancestralement, ce sont les Mossis, une ethnie présente au Burkina Faso, qui cultivent et transforment le coton, au gré des saisons (humide pour la culture, sèche pour le tissage). Les rôles ensuite  sont divisés sexuellement : le coton, une fois récolté, est filé et teint par les femmes tandis que les hommes le tissent ensuite sur leurs métiers à tisser horizontaux. Ils confectionnent ainsi des bandes plus ou moins larges, ensuite assemblées pour faire un pagne.

     

     Aujourd’hui, le Faso Dan Fani est fièrement arboré par les burkinabé. Attaché autour de la taille pour les femmes ou cousu en habits traditionnels pour les hommes, il est porté au quotidien mais aussi pour de grandes occasions, même au plus haut sommet de l’Etat. Ce pagne traditionnel est devenu le nouveau centre d’intérêt des créateurs africains qui ont relégué au second plan, le pagne wax.

     

    Grâce à cette ouverture dans le monde de la mode, le Faso Dan Fani a encore un bel avenir devant lui. Avec le développement de la mode responsable et éthique, l’étoffe traditionnelle se chargera d’un nouveau symbole et incarnera des valeurs de solidarité et d’équité.

     

    L’implication des autorités dans la promotion du Faso Dan Fani

     

    Si les Burkinabé ont fait du Faso Dan Fani leur symbole identitaire, c’est bien grâce à leurs dirigeants. Le premier à avoir communiqué au peuple l’amour de ce pagne tissé, est feu Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabé.  C’est lui qui, dès son accession au pouvoir 1983, a fait du Faso Dan Fani, l’ un  des symboles de sa révolution et de l’identité nationale. Porté par les idées communistes et anticolonialistes, il aimait à répéter que « porter le Faso Dan Fani est un acte économique, culturel et politique de défi à l’impérialisme ». Soucieux de mettre en avant ces tissus locaux et de développer les productions nationales, il rend obligatoire le port du Faso Dan Fani par les fonctionnaires.

     

    Cet engouement national pour le Faso Dan Fani s’est quelque peu éteint après la disparition de Thomas Sankara. Blaise Compaoré qui lui a succédé n’a pas su impulser la même dynamique au pagne. Cependant Roch Marc Christian Kaboré, dès son accession à la magistrature suprême, en fin 2015, a remis au goût du jour le port du Faso Dan Fani. Il  portait lui-même  à chacune de ses apparitions le fameux tissu. Le pagne a même trouvé son jour de célébration, le « 8 mars ». Chaque année, un nouveau modèle est créé en l’honneur de la Journée mondiale de la femme. Aujourd’hui, le Faso Dan Fani peut se targuer d’avoir les meilleurs ambassadeurs dans le monde. 

     

    Désormais labellisé, le Faso Dan Fani est à l’abri de la contrefaçon. Pour ne plus se tromper, les consommateurs pourront se référer à l’étiquette, qui affiche maintenant plusieurs informations, notamment sur la qualité du tissu. Ils pourront même effectuer ces vérifications depuis leurs smartphones, à l’aide d’un QR code ou un code-barres qu’il faut flasher.  Le potentiel de revenus annuels du Faso Dan Fani est évalué à plus de 50 milliards de F CFA.

  • mode ivoirienne – les secrets pour conserver l’éclat du pagne baoulé (kita)

    mode ivoirienne – les secrets pour conserver l’éclat du pagne baoulé (kita)

    Des pagnes kita 

    Ceux qui ont des pagnes Baoulé, singulièrement le kita, éprouvent quelques fois milles et difficultés pour conserver leurs couleurs. En raison du fait que ce pagne, d’origine Ashanti, est fait à partir du coton et qu’il est entièrement cousu à main. Il existe pourtant une astuce qui permet de faire face à cette préoccupation. Pour conserver l’éclat du kita, il faut commencer par remplir une bassine d’eau tiède. On y verse par la suite un verre de vinaigre blanc. Après quoi, on fait tremper le vêtement en question dans cette eau pendant une ou deux heures. Il faut prendre soin de remuer de temps en temps. Par la suite, on rince à l’eau froide. On trempe à nouveau le vêtement dans de l’eau froide. Si l’eau se colore à nouveau, il faut rajouter un verre de vinaigre blanc, puis laisser à nouveau tremper une heure. Et rincer à l’eau froide.

      

    Jeremy Junior

  • le pagne indigo du mali

    le pagne indigo du mali

    I-L’HISTORIQUE

    L’indigo a su séduire différents groupes culturels d’Afrique de l’Ouest, notamment les Soninkés, l’un des premiers peuples à l’avoir diffusé sur le continent. 

    C’est surtout le bleu qui revêt une symbolique particulière. Dans les cosmogonies africaines, cette teinte est un symbole de protection. Les nouveau-nés sont souvent enroulés dans un textile indigo, couleur céleste qui fait le lien entre l’humain et le divin. 

    Mais ce tissu a aussi une dimension politique, l’indigo étant l’une des denrées qui a rapporté le plus de richesses aux négriers, avec le coton et le tabac. L’histoire de l’indigo a une part sombre, puisqu’il a contribué à la déportation d’Africains pendant la traite négrière.

    II- LA PARTICULARITE DES PAGNES INDIGO

    Le Mali est riche de sa culture et de son savoir-faire. Les tissus teints en véritable indigo (feuilles de l’indigotier) sont rares. La plupart des tissus de couleurs indigo sur le marché sont faits avec des pigments chimiques. 

    La spécificité des tissus indigo repose sur les dessins qui l’habillent, majoritairement obtenus à l’aide de la technique du nouage. Ces motifs auraient aujourd’hui une fonction strictement décorative. On pourra deviner des cauris sur certains tissus . La technique de réserve par ligature permet d’obtenir des formes rappelant des cosses de racines ou des tresses  

    Parmi les tissus africains traditionnels très connus figure l’Indigo. Ce tissu fait la renommée de l’artisanat malien qui est de plus en plus concurrencé dans la sous-région et par la production industrielle venue de l’étranger. Les autorités maliennes travaillent actuellement sur une procédure afin de labelliser la fabrication du bogolan et faire reconnaître ce savoir-faire issu du Mali en diversifiant les confections du tissu Indigo en y ajoutant des décorations intérieures, des accessoires etc…