Blog

  • maroc: des agriculteurs détruisent leurs récoltes de tomates en raison de la très forte baisse de la demande

    maroc: des agriculteurs détruisent leurs récoltes de tomates en raison de la très forte baisse de la demande

    Les agriculteurs marocains ont d’énormes difficultés à écouler leurs productions sur les marchés / Photo : bladi.net

    Des agriculteurs marocains dans la région de Doukkala au sud de Casablanca ont procédé, récemment à la destruction d’une partie de leurs récoltes de légumes, notamment de tomates, en raison de la baisse de la demande.

    Ce sont des quantités importantes de tomates en pourrissement qui ont donc été détruites par ces agriculteurs. Ils se plaignent du fait que  non seulement le prix de la tomate a chuté, mais également très peu d’acheteurs se présentent pour s’offrir leurs produits. Exarcebés ils n’ont trouvé d’autres solutions  que de les détruire en quantité.

    Les agriculteurs ont été également contraints de se débarrasser d’autres légumes comme les poivrons, les aubergines, les concombres qui, stockées dans des conditions non conformes, ont commencé à pourrir en raison de la faible demande.

    Cette situation s’enregistre uniquement dans les fermes. En outre, dans les marchés de gros, les prix des légumes sont toujours en hausse. Achetée entre 50 centimes et 80 centimes à la ferme, la tomate par exemple est cédée à 2,5 voire 4 dirhams sur le marché de gros. La coïncidence entre la période de récolte et l’Aïd Al Adha, période où la demande baisse généralement dans les marchés de gros, pourrait aussi expliquer cette situation selon plusieurs experts du marché marocain.

    Les agriculteurs de Doukkala ont confié à un média local n’avoir vendu aucun fruit ou légume depuis un mois. Les exportateurs de ces produits vivent la même situation. Ils éprouvent des difficultés à les écouler sur les marchés étrangers. Depuis quelques mois en effet, les fruits et légumes marocains sont indésirables dans certains pays européens. Des camions de tomates marocaines ont été ainsi attaqués en France et en Espagne. À tout cela, s’ajoute une inorganisation du secteur, notamment en ce qui concerne la distribution des produits. Les producteurs de légumes au Maroc traversent une sale période en ce moment.

    Thom Biakpa

  • tresses au fil: le retour en force d’un héritage culturel

    tresses au fil: le retour en force d’un héritage culturel

    Les tresses au fil redeviennent tendance / Photo: Alamy

    Les tresses au fil qui font partie de l’identité culturelle africaine ont fait leur grand retour dans les salons de coiffure dames. Anciennement boudées ou cachées, elles sont fièrement portées par des naturalistes et toutes les femmes noires désireuses de renouer avec leur héritage culturel.

    Les tresses au fil reposent sur une technique de coiffage originaire de plusieurs pays africains. Au Nigéria principalement, cette coiffure arborée par les femmes du pays depuis plusieurs siècles, s’appelle Irun Kiko en langue yoruba, qui signifie « cheveux noués avec du fil ». Une image capillaire qui renvoie à l’enfance de toutes les filles d’origine africaine.

    En effet, les tresses au fil se sont répandues sur tout le continent noir et bien au-delà. Et pour cause, elles offrent de nombreux avantages !

    En plus d’être une coiffure esthétique, les tresses au fil appartiennent au groupe des coiffures protectrices. Elles permettent d’étirer les cheveux crépus et bouclés sans utiliser une source de chaleur. De plus, elles luttent contre le phénomène du shrinkage qui réduit considérablement la longueur du cheveu et démêlent parfaitement la chevelure détendue. Il faut toutefois faire attention à ne pas trop serrer à la racine pour éviter tout risque d’alopécie.

    Avec les tresses au fil, les coiffeuses peuvent créer un afro plus volumineux ou des twists.Pour réaliser les tresses au fil, il faut se munir d’un peigne à queue, afin de tracer les sections sur la tête, d’un peigne à dents larges pour démêler les portions de cheveux, d’une crème hydratante et d’un fil de nylon ou une bobine de fil.

    Faire le shampoing puis séchez légèrement vos cheveux à l’aide d’une serviette. Vos cheveux doivent être humides. Prendre ensuite un bon mètre de fil, le doubler, puis faire un nœud au bout et préparez plusieurs fils sur le côté.

    Comme si vous faisiez une tresse lambda, sectionnez votre cheveu puis appliquez une crème avant de le démêler à l’aide de votre peigne à dents larges. Enroulez du fil autour de la mèche de cheveux humides, de la racine jusqu’à la pointe. Faites un nœud à la fin. Il faut Penser à ne pas trop serrer à la racine au risque d’occasionner des dommages comme des chutes, de la sécheresse ou encore une irritation du cuir du chevelu.

    Quand faut-il les faire ?

    Les tresses au fil sont idéales à réaliser lorsque l’on a prévu de se faire des braids, des twistssénégalaises ou toutes coiffures qui demandent un cheveu bien détendu, afin que celui-ci ne sorte pas de la tresse et n’efface le joli rendu.

    Il est conseillé la veille, de faire ses tresses au fil et dormir avec un foulard sur la tête. Puis tirer sur les fils le lendemain, avant de vous coiffer. Le résultat est impeccable.

    Vous pouvez également garder vos tresses au fil pendant une semaine si vous le souhaitez. Là encore, on hydrate ! Si vous voulez simplement un peu de souplesse, redéfinir rapidement vos boucles ou juste sécher vos cheveux, gardez vos tresses au fil une dizaine de minutes. Fil violet, rouge ou vert, petites ou grosses portions de cheveux, attachées ou détachées, les tresses au fil n’ont plus l’allure d’antennes. Elles sont esthétiquement modernes et artistiques !

    Thom Biakpa

  • la cordonnerie, un métier qui attire de plus en plus de jeunes en afrique

    la cordonnerie, un métier qui attire de plus en plus de jeunes en afrique

    La cordonnerie, un métier qui nourrit son homme / Photo: APS

    Le métier de cordonnier consiste à réparer les chaussures abimées, c’est-à-dire,changer les talons, coudre, coller, changer la semelle…, en un mot, redonner vie à une chaussure hors d’usage. Si au départ ce métier était un peu sous-estimé, il attire aujourd’hui de nombreux jeunes à la recherche d’emploi en Afrique. Dans certains pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Tchad, le Niger, le Burkina Faso, le Cameroun etc., des hommes, et des femmes, se livrent de plus en plus à cette activité noble malgré tout. Même si cette activité relève encore majoritairement du secteur informel, elle permet à un bon nombre d’en faire leur gagne-pain. La cordonnerie est donc un métier indispensable mieux, c’est un métier d’avenir. Mais comment devenir un professionnel de la réparation deschaussures ?

    Exercer le métier de cordonnerie suppose une grande habileté manuelle. Les différentes opérations réalisées par un cordonnier relèvent de la minutie et de la patience. Grâce à ses connaissances techniques, le cordonnier est capable de repérer les modifications à apporter sur une chaussure ou sur toute autre pièce. Il doit connaître les propriétés des matériaux sur lesquels il intervient comme le cuir, et tout autre matière utilisée dans ce métier. Par ailleurs, il doit pouvoir réaliser des coutures sur cuir, le dépoussiérage, décoller ou coller les parties abimées d’une chaussure, dessiner et découper une pièce de remplacement (semelles par exemple), et polir.

    La cordonnerie est un travail simple, mais qui demande beaucoup de précision. A défaut d’apprendre sur le tas en moins de 3 mois, on peut se rapprocher d’une cordonnerie moderne pour suivre un stage d’apprentissage de 9 mois qui se répartit généralement comme suit : 3 mois pour la phase théorique, 3 mois pour la phase pratique et les derniers 3 mois pour le stage à l’atelier.

    Selon les experts de ce secteur d’activité, le budget pour s’installer en tant que cordonnier est très accessible pour les cordonniers ambulants et la cordonnerie rapide. Par contre, pour une cordonnerie professionnelle, il faut prévoir un budget de 1 million FCFA (environ 1500 euros) réparti dans l’atelier de réparation, la banque de finition, la machine à coudre, le conformateur et les matières premières.

    Dans le cadre de son métier, le cordonnier utilise divers outils tels que la coudre, le conformateur (machine pour donner la largeur souhaitée à une chaussure), les tenailles, le marteau, la colle, les aiguilles, le fil, le cuir, un couteau, quelques pièces de caoutchouc, une brosse, une éponge, des petits clous, et du cirage de différentes couleurs (rouge, marron, noir, neutre). Il peut trouver les matières auprès des artisans dans les ateliers de fabrication de cuir, dans les marchés locaux, les quincailleries.

    A en croire des professionnels du milieu, un cordonnier qui ne propose pas un service de fabrication de chaussures parvient à faire au moins un chiffre d’affaires de 3000 FCFA par jour. Le prix de réparation varie entre 100 FCFA et 1000 FCFA. Un petit atelier moderne qui fabrique également des chaussures peut gagner plus de 100 000 FCFA par mois et vendre près de 5 paires de chaussure par jour. Une paire de chaussure fabriquée à partir du cuir peut coûter jusqu’à 25 000 FCFA. Certains cordonniers professionnels peuvent gagner jusqu’au million de FCFA, lorsqu’ils utilisent un matériel industriel et moderne.

    Le métier de cordonnier comme on peut le voir, nourrit son homme. Il suffit d’une formation appropriée des acteurs doublée de la professionnalisation du secteur, pour faire de cette activité, un véritable pourvoyeur d’emplois, à l’instar de la mode.

    Thom Biakpa

  • côte d’ivoire : l’attiéké, semoule de manioc fermentée, désormais labellisé l’attiéké ivoirien vient d’obtenir sa labellisation. désormais, cette semoule de manioc fermentée ne peut être vendue sous le nom d’« attiéké » que si elle a été produite en côte d’ivoire.

    côte d’ivoire : l’attiéké, semoule de manioc fermentée, désormais labellisé l’attiéké ivoirien vient d’obtenir sa labellisation. désormais, cette semoule de manioc fermentée ne peut être vendue sous le nom d’« attiéké » que si elle a été produite en côte d’ivoire.

    Suite à la demande du gouvernement ivoirien, l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) a récemment publié le certificat d’enregistrement de l’attiéké comme « marque collective ».

    Cette semoule de manioc, consommée humide et au goût légèrement aigre, est souvent servie en accompagnement de poissons frits ou de plats en sauce et occupe une place centrale dans le patrimoine culturel national. La protection de son appellation était donc essentielle pour l’État de Côte d’Ivoire.

    L’attiéké est indissociable de l’identité de la Côte d’Ivoire. Il était donc crucial de trouver un moyen d’empêcher que d’autres pays puissent utiliser cette appellation pour commercialiser leur semoule de manioc. Aujourd’hui, grâce à son enregistrement en tant que marque collective, la Côte d’Ivoire dispose des moyens légaux pour empêcher l’utilisation de cette appellation par d’autres pays.

    « Cette mesure devrait à la fois renforcer l’image et la valeur commerciale du produit », espère Aramatou Coulibaly, directrice générale de l’entreprise Ramacereal.

    « Je pense que la labellisation de l’attiéké va offrir une reconnaissance officielle de la qualité et de l’origine du produit, protégeant ainsi les producteurs ivoiriens contre la contrefaçon et l’imitation, ce qui renforcera la réputation de l’attiéké sur les marchés internationaux et offrira aux consommateurs la garantie d’acheter le véritable attiéké », ajoute-t-elle.

    Pour l’instant, la mesure n’est valable qu’en Afrique de l’Ouest, mais l’Office Ivoirien de la Propriété Intellectuelle (OIPI) a déjà entamé les démarches pour étendre la marque collective en Europe et aux États-Unis, dans l’espoir de protéger l’attiéké à l’échelle mondiale.

    Thom Biakpa

  • labellisation officielle du leppi : une avancée majeure pour l’industrie textile en guinée

    labellisation officielle du leppi : une avancée majeure pour l’industrie textile en guinée

    Le tissu Leppi officiellement labellisé / Photo: African Textil

    L’annonce récente par les autorités guinéennes de la mise en place d’un label officiel pour le Leppi, tissu traditionnel guinéen, marque une initiative très importante pour la promotion de l’industrie textile du pays. Ce mouvement s’inscrit dans une démarche globale de valorisation des savoir-faire locaux et pourrait transformer profondément le paysage de la mode africaine.

    Le Leppi, un vecteur d’identité culturelle

    Traditionnellement tissé à la main en Guinée, le Leppi est connu pour ses motifs colorés et son importance culturelle. Chaque motif et couleur raconte une histoire ou symbolise un aspect spécifique de la société guinéenne. Le Leppi n’est pas seulement un élément vestimentaire, mais aussi un vecteur indéniable d’identité culturelle.

    Le processus de labellisation a été initié par divers acteurs de l’industrie, incluant des designers, des artisans et des institutions gouvernementales. L’objectif est de s’assurer que chaque pièce de Leppi vendue sous ce label respecte des exigences strictes de qualité et d’authenticité, préservant ainsi le patrimoine culturel tout en standardisant les produits pour un marché global plus large.

    Les exigences de qualité sont essentielles, car elles garantissent la durabilité et l’authenticité des textiles. La labellisation promeut l’emploi local, valorise le travail des artisans guinéens au niveau international, lutte contre la contrefaçon et sécurise les designs traditionnels contre les imitations.

    Impact attendu sur l’industrie textile guinéenne

    L’introduction de ce label devrait marquer un tournant historique pour l’économie locale guinéenne. Son officialisation devrait augmenter les exportations, valoriser la marque Guinée, renforcer l’image du pays en tant que centre de mode africaine traditionnelle et de qualité, et ouvrir des opportunités commerciales pour les artisans locaux.

    Les défis rencontrés dans l’implémentation du label

    Toute initiative de cette ampleur rencontre des obstacles. Pour le label Leppi, ces défis incluent notamment la résistance au changement des méthodes traditionnelles, l’adaptation aux normes internationales sans diluer l’essence culturelle, et la gestion logistique liée à la certification. Toutefois, grâce à une collaboration étroite entre les parties prenantes locales et des experts internationaux, ces challenges sont progressivement relevés.

    Avec le fondement solide posé par ce premier label, de nombreuses perspectives de développement se dessinent pour le Leppi. Des idées d’utilisation innovante des motifs dans des collections modernes jusqu’à l’intégration de technologies de traçabilité pour prouver l’authenticité, les possibilités sont vastes pour dynamiser davantage l’industrie textile nationale de la Guinée.

    Ce nouvel avancement du Leppi sous forme de label officiel encourage non seulement la préservation culturelle mais aussi le développement économique durable. Ainsi, le futur de l’industrie textile en Guinée semble prometteur grâce à cette fusion harmonieuse entre tradition et innovation.

    Thom Biakpa

  • à la découverte du ndop, le tissu sacré du peuple bamiléké du cameroun

    à la découverte du ndop, le tissu sacré du peuple bamiléké du cameroun

    Une promotrice du tissu Ndop élégamment vêtue / Photo: studioxldouala

    Au Cameroun, l’identité vestimentaire des Bamilékés, peuple de l’ouest du pays, se confond avec le tissu Ndop. Ce tissu est originellement un assemblage de bandes de coton. Cependant, ce sont les motifs géométriques blancs sur fond bleu indigo qui lui confèrent ses caractéristiques et sa symbolique distinctives. La richesse du Ndop ne réside pas dans une variété de couleurs, mais dans le style et la combinaison de motifs et figures géométriques abstraites qui ressortent sur le fond bleu intense.

    Selon Franck Ekeng, styliste camerounais originaire du peuple Bamiléké, le Ndop, porteur d’une valeur symbolique particulière, est utilisé pour la confection des vêtements rituels dans les sociétés secrètes. C’est précisément pourquoi le Ndop traditionnel n’est pas vendu ; il est réservé aux cérémonies traditionnelles. Le traitement graphique et l’iconographie suivent des codes stricts. Les formes géométriques, la lune, le soleil, les étoiles et les animaux sont des symboles codés représentant la paix, la fécondité, la prospérité, etc., que l’on retrouve sur ce tissu.

    Le processus de fabrication du Ndop

    Les étapes de fabrication du tissu traditionnel sont très méticuleuses et impliquent plusieurs spécialistes. Le coton local, filé à la main, est tissé en bandes étroites d’environ 5,1 cm de large, puis assemblées bord à bord pour former le tissu. Guidé par un contour rugueux, le tissu est cousu étroitement avec une fibre de raphia résistante à la teinture. Le tissu ainsi cousu est ensuite teint en indigo.

    Franck Ekeng détaille le processus de fabrication, qui commence par le filage et le tissage du coton. Ensuite, les figures symboliques sont réalisées sur le coton avec du fil en raphia. Après cette étape, vient la teinture à l’indigo pour obtenir la couleur de fond bleue caractéristique du Ndop. Une teinture complémentaire à l’indigo est appliquée pour les motifs bleus, réalisés au nord du Cameroun, région réputée pour son textile.

    Les villes de Bandjoun et Baham sont les principaux centres de fabrication de ce tissu traditionnel. Selon notre interlocuteur, la technique de fabrication du Ndop a évolué avec le temps. La version actuelle est moins élaborée, faite d’étroites bandes épaisses au fil grossier, cousues bord à bord et décorées de dessins brodés. L’étoffe Ndop moderne peut même être fabriquée de façon industrielle avec la technique de production des pagnes wax à base d’indigo, ou même en impression directe avec la rotative.

    Le Ndop dans la mode contemporaine

    Comme mentionné plus haut, le Ndop est initialement un tissu utilisé dans les sociétés secrètes Bamiléké pour habiller des sites et loges des rois lors des cérémonies. Il sert également lors des cérémonies de deuil dans l’ouest du pays. Cette origine particulière explique son utilisation assez timide dans la mode contemporaine, son image de textile sacré étant encore prédominante et réservée aux personnes initiées.

    Thom Biakpa

  • concours africa fashion up 2024 : les 5 lauréats annoncés à un défilé de mode, le 26 juin prochain, à Paris

    concours africa fashion up 2024 : les 5 lauréats annoncés à un défilé de mode, le 26 juin prochain, à Paris

    L’Africa Fashion Up 2024 se déroulera à Paris, le 26 juin prochain / Photo: Share Africa

    Les lauréats de l’édition 2024 du concours Africa Fashion Up sont connus. Ils sont au nombre de cinq et sont originaires de la Côte d’Ivoire, d’Afrique du Sud, du Sénégal et du Mali. Ils ont été sélectionnés parmi plus de 200 candidatures, à l’issue de la délibération, le 29 avril dernier, par un jury, composé de professionnels de la mode.

    Il s’agit de Kader Diaby, créateur ivoirien; Mohamed Youss, créateur marocain; Gugu Peteni, créatrice sud-africaine; Kadiata Diallo, créatrice sénégalo-mauritanienne et de Rich Mnisi, créateur sud-africain.

    Ces jeunes talents bénéficieront d’un accompagnement dispensé par des professionnels, ils participeront à un défilé en juin prochain et pourront présenter leurs pièces dans un pop up store en plein cœur de Paris.

    Ils bénéficieront par ailleurs d’une semaine de formation à Paris fin juin. Durant cette période, ils assisteront à des masterclass, des visites immersives dans des maisons de haute couture ainsi qu’une session de formation en management et commerce international dispensée par HEC Paris. Ils seront également accompagnés par Balenciaga dans le cadre d’un programme de mentorat de quatre mois.

    À l’issue de cette formation, les heureux élus présenteront leurs créations lors d’un défilé de mode, le 26 juin prochain, dans les jardins du musée du quai Branly-Jacques Chirac.

    La soirée du 26 juin refermera ses portes par l’annonce du lauréat du prix Designer AfricaFashion Up 2024, suivi d’un dîner de gala.

    Partenaire de l’événement, les Galeries Lafayette accueilleront pour la troisième année consécutive, un pop-up store proposant les créations de jeunes talents sélectionnés par Share Africa, plateforme dédiée à la promotion de l’entrepreneuriat et de la créativité en Afrique et initiatrice du concours Africa Fashion Up.

    Cette boutique éphémère est à découvrir du 27 juin au 3 juillet 2024, au Salon Opéra, du grand magasin parisien.

    Thom Biakpa

  • vêtements de seconde main importés : une ong ghanéenne déconstruit les stéréotypes sur les fringues bon marché venus de l’europe

    vêtements de seconde main importés : une ong ghanéenne déconstruit les stéréotypes sur les fringues bon marché venus de l’europe

    Un marché de vêtements seconde main en Zambie. Photo: AfricaMediaOnline

    Le Ghana est l’un des plus gros importateurs de vêtements de seconde main au monde. Récemment, une vive polémique a éclaté dans ce pays sur la qualité de ces vêtements bon marché importés de l’Europe. De nombreuses langues ont fait croire que ces vêtements comportaient beaucoup de déchets. Une manière de décourager les pays du nord qui exportent ces vêtements vers les pays africains, notamment le Ghana.

    Pour faire taire les critiques, une association de commerçants du Ghana a fait diligenter une enquête dont le rapport a été rendu public. L’étuderéalisée par la structure « Ghana used clothes dealer association »,révèle que seulement 5% des vêtements importés par millions de tonnesdans ce pays de l’Afrique de l’ouest seraient, en effet, des déchets.

    De quoi soulager les acteurs de ce business qui se sont sentis menacés à un moment donné, craignant l’interdiction de cette activité au Ghana. « Le commerce de vêtements seconde-main est bénéfique pour le Ghana », lit-on dans le nouveau rapport publié par la structure « Ghana used clothes dealer association« .

    « Tellement de foyers dépendent de ce marché, c’est une économie générationnelle. C’est un des commerces qui ne discrimine pas : les personnes à faibles revenus y participent, comme les personnes à moyen, et haut revenu », fait savoir Marvin Awosu, membre de l’association et importateur de vêtements usagés.

    5% de déchets, c’est très peu. Pour arriver à ce chiffre, les auteurs ont travaillé sur la définition même de ce qu’est, un déchet, lorsqu’il s’agit de vêtement.

    « Notre définition du déchet, c’est un vêtement qui ne peut être vendu. Donc si les vendeurs ne sont pas capables de le vendre, ils disent que ce vêtement est un déchet. Mais même ces vêtements qui ne peuvent être vendus, les vendeurs nous disent que parfois, ils les recyclent en d’autres choses, comme des serpillères, dépoussiérants, etc », explique Stephen Odonkor, auteur principal du rapport.

    Ce rapport est motivé par un but principal : décourager les pays du Nord dans leur volonté d’interdire les exportations de vêtements de seconde main vers le continent africain. Une interdiction notamment proposée à l’Union européenne en mars par le gouvernement français.

    Également opposé à l’interdiction des exportations, la fondation Or, autrice d’un autre rapport sur les vêtements de seconde main, se veut moins optimiste. L’ONG, basée depuis 2011 à Accra, a vu la qualité des vêtements importés se dégrader d’année en année, les rendant de plus en plus difficile à vendre et augmentant, de fait, la quantité de textile qui finissent par être jeté, à savoir 40% au marché de Katamanto, le plus important du pays, selon la fondation.

    « Il est très important de pouvoir prendre en compte ces deux réalités en même temps : on peut reconnaître le marché de Katamanto comme étant un exemple d’économie circulaire, tout en reconnaissant que ce n’est pas une utopie du commerce de seconde main. Le problème, c’est la fast fashion. Leur modèle économique, c’est le volume qui prime sur la valeur, et c’est comme ça que l’on peut définir la fast fashion. La conséquence, c’est que les vêtements qui arrivent ici ne sont plus d’assez bonne qualité pour permettre aux vendeurs de les réutiliser, de les réparer et de les recycler, et donc de gagner leur vie avec. C’est pour cela que tant de vêtements finissent en tant que déchets », dit Liz Ricketts, directrice exécutive de la fondation Or.

    « Donc, ce que nous voulons, c’est que les grandes marques, à travers la politique de Responsabilité élargie du producteur, paie des taxes, dont l’argent sera ensuite utilisé et redistribué dans des marchés comme Katamanto, pour soutenir les gens dans leur travail. Ces taxes serviront également à créer de nouvelles infrastructures, et donc de nouvelles possibilités de recyclage, ici au Ghana, mais aussi à améliorer les infrastructures du marché en lui-même, pour que les personnes puissent travailler dans un cadre sûr et digne », explique-t-elle.

    Thom Biakpa

  • les colliers traditionnels, quand l’industrie de la joaillerie prend une connotation africaine  

    les colliers traditionnels, quand l’industrie de la joaillerie prend une connotation africaine  

    N’gone Sagna une promotrice de la joaillerie africaine en Europe / Photo: Ngone

    L’art traditionnel africain se manifeste sous une multitude de déclinaisons. La réalisation de nombreux types d’objets, sculptés, éventuellement enduits, peints ou produits par assemblage de nombreux éléments, ainsi que les arts du corps (coiffures, parures et peintures corporelles, scarifications, tatouages) sont le reflet de l’immensité du talent des créateurs africains.

    Ce talent manifesté dans toute sa dimension est aussi présente dans l’industrie de la joaillerie qui, de plus en plus, épouse des caractéristiques africaines. Partout dans le monde, les colliers fabriqués par les créateurs africains sont mis en avant et leur beauté et leur originalité sont indéniables.    

     

    Ces colliers sont généralement constitués de perles, d’os, de cornes, de coquillages et d’autres matériaux naturels. Les motifs et les couleurs de ces colliers peuvent varier en fonction de la tribu ou de la région d’Afrique. Dans la culture africaine, ils sont souvent portés comme symboles de statut, de richesse et de pouvoir. Ces colliers sont également utilisés comme talismans et amulettes pour protéger les gens de la malchance et des mauvais esprits.

    Ces joailleries sont réalisées dans tous les pays africains. Au Togo par exemple, vous retrouverez avec les perleuses et les commerçantes, des colliers africains traditionnels, comme les colliers touareg. Certains colliers sont en perles de verre importées du Ghana, d’autres sont conçus à partir de mélangesde lamelles de coco ou de plastique. On y trouve également des perles de bronze ou de cauris. A cela s’ajoute des créations de colliers africains en wax multicolores très tendance. Vous trouverez ainsi de superbes colliers aux couleurs, matières, épaisseurs, tailles, poids et formes extrêmement variés.

    Tout ceci pour exprimer l’immensité du talent des créateurs africains qui prennent de plus en plus leur place dans l’industrie de la joaillerie.

    Thom Biakpa

  • créations africaines : Sorobis, premier styliste américain d’origine burkinabé à faire briller la mode africaine au festival de Cannes avec sa somptueuse collection « delwendé » 

    créations africaines : Sorobis, premier styliste américain d’origine burkinabé à faire briller la mode africaine au festival de Cannes avec sa somptueuse collection « delwendé » 

    Collection « Delwendé » du Fashion Designer Sorobis au Festival de Cannes 76è édition / Photo: Soramany

    Le Festival de Cannes est l’événement le plus médiatisé au Monde après les Jeux Olympiques. Sur la planète cinéma, ce festival occupe la première place du podium et attire pas moins de 30 000 professionnels passionnés et 5 000 journalistes. L’édition 2024 (la 77e édition) qui a démarré le 14 mai, refermera ses portes, le samedi 25 mai prochain.

    Si le Festival de Cannes est un événement dédié au cinéma, il n’en demeure pas moins, une plateforme qui met en lumière la mode sous toutes ses formes. Cannes est en effet, devenu le rendez-vous annuel des grandes maisons de couture et des jeunes créateurs pour parer tout ce que le monde du cinéma compte de beautiful people. Véritable enchère médiatique, habiller une star à Cannes vaut bien plus que n’importe quelle publicité dans un magazine.

    Cette enchère à parer les vedettes de cinéma de vêtements, de bijoux, de joaillerie, de sacs et même de chaussures, est devenue un réel marché. Cependant, il faut bien le reconnaître que les créateurs de mode africains sont quasi-inexistants : manque de visibilité, d’intérêt et de médiatisation. Et cela, au grand dam de l’Afrique, tant le continent regorge de pépites et talents exceptionnels. La bonne nouvelle c’est qu’un styliste américain d’origine Burkinabé du nom de Sorobis, un visionnaire et pionnier a décidé de casser les codes et changer la donne.

    Il a rendu l’impossible possible en y participant. Un pari osé qu’il a réussi à relever avec succès en présentant Saramany International 2e édition dont la première a eu lieu à New York. Il a défilé avec sa somptueuse collection « Delwendé » au sein du Pavillon Afriques lors de la 76ème édition du festival. Ce qui fait de lui le premier Africain d’origine, à présenter la mode africaine au Festival de Cannes. Une consécration saluée par toute l’Afrique et sa diaspora, faisant ainsi la fierté de ses ancêtres. Il l’a fait malgré les doutes, et réussi ou personne ne l’attendait. Rien n’a été facile d’autant plus que le festival a quelques jours du défilé, n’avait toujours pas donné son autorisation. Que cela ne tienne, l’objectif a été atteint!. Il a cru en son rêve et est allé jusqu’au bout en gardant la foi. D’ailleurs le nom de sa collection, n’est pas anodin vu qu’il a été choisi pour dire MERCI à Dieu.

    Ainsi, pour réaliser ce show spectaculaire, il a fallu mobiliser une quinzaine de personnes entre les mannequins, styliste de mode et une créatrice d’accessoires très en vogue venue spécialement de la Côte d’ivoire, Kitat Créations. Une collaboration fructueuse qui a émerveillé les festivaliers.

    Évidemment, le chemin est encore long et il y’a encore beaucoup de travail à faire. Certes c’est extraordinaire et une fierté d’être le premier créateur Africain à présenter la mode africaine au Festival de Cannes. Il est important d’avoir plus de représentation et être plus nombreux. Fort heureusement les avancées sont progressives. D’ailleurs la célèbre comédienne-Franco-ivoirienne Claudia Tagboqui présentait son cours métrage lors de cette 76è édition, a fait sensation sur le tapis rouge en pagne au Festival de Cannes. Simplement magnifique !

    Thom Biakpa